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La TOVA Foundation dévoile la scène kazakhstanaise à la Biennale de Venise
Le 7 mai, à Venise, la TOVA Foundation présente Trading Treasures, un événement qui met en lumière la scène kazakhstanaise encore trop méconnue à travers deux artistes, Sayan Baigaliyev et Saule Suleimenova.
Par Thibaut Wychowanok.
![My Maternal Identity (Novosibirsk Tatars at Picnic, 1928) [2023] de Saule Suleimenova.](https://numero.com/wp-content/uploads/2026/05/Saule-Suleimenova-My-Maternal-Identity-1024x871.jpg)
La TOVA Foundation, un levier pour la scène kazakhstanaise
Fondée par Togzhan Wertheimer, la TOVA Foundation s’impose comme l’un des nouveaux vecteurs de visibilité de la scène kazakhstanaise. À la croisée de la production, de la recherche et du networking, la structure agit comme un véritable catalyseur, accompagnant artistes et curateurs à différents moments de leur trajectoire.
Dans un paysage encore marginalisé sur la carte globale de l’art contemporain, elle orchestre des circulations, crée des ponts, et inscrit progressivement le Kazakhstan dans une géographie culturelle élargie.
C’est dans cet esprit qu’elle prend ses quartiers à Venise pendant la Biennale avec l’exposition “Trading Treasures”, le 7 mai, à la Casa dei Tre Oci. Plus qu’un simple vernissage, l’événement se pense comme un espace de connexions. Ici, les œuvres ne sont qu’un point de départ : ce sont les échanges, les affinités et les récits qui circulent, en écho aux anciennes routes commerciales entre l’Asie et l’Europe.

Deux artistes kazakhstanais au cœur du dispositif
Le dispositif s’articule autour de deux artistes. Saule Suleimenova y dévoile cinq pièces réalisées à partir de sacs plastiques recyclés. À première vue, des tableaux presque classiques ; à y regarder de plus près, une matière chargée d’histoires.
Le plastique, dérivé direct du pétrole – ressource centrale du pays – devient le support d’une lecture politique et sociale, tout en conservant les traces d’une économie globale, logos et fragments de consommation comme autant de vestiges contemporains.
En contrepoint, Sayan Baigaliyev déploie un langage plus formel. Entre peinture et volume, ses œuvres construisent des espaces instables, jouant d’illusions tridimensionnelles et de perspectives fragmentées.
Dans une filiation post-cubiste, son travail questionne la matérialité même du réel, jusqu’à en suggérer sa dissolution. À Venise, la TOVA Foundation ne se contente pas d’exposer : elle met en scène une dynamique. Celle d’une scène émergente qui s’écrit au présent, entre ancrage local et projection internationale.
“Trading Treasures”, exposition le 7 mai 2026 à la Casa dei Tre Oci, Venise.