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Artiste à suivre : Sarah Brahim, entre performance et sculpture-vidéo
Cyrus Goberville, l’incontournable programmateur culturel et musical parisien, partage avec Numéro art son coup de cœur artistique de la saison : l’artiste Sarah Brahim, exposée jusqu’au 20 juin 2026 à la galerie Poggi.
Par Cyrus Goberville.

Sarah Brahim : une pratique entre danse, performance et art visuel
En octobre 2025 à Londres, en marge de la foire d’art Frieze, une étrange performance se déroule à quelques pas de Buckingham Palace. De jeunes performeurs de la London Contemporary Dance School se rapprochent et se distancent par l’effet d’un étirement de vêtements. D’une fenêtre à l’autre d’une belle maison édouardienne se dessine alors une constellation de tissus, de chemises qui s’étirent et se contractent, et où une chorégraphie du lien se crée.
On pense aux œuvres cultes faites de collants distendus de l’artiste américaine Senga Nengudi (née en 1943), ou à la dimension performative de l’œuvre de l’artiste brésilienne Lygia Pape (1927-2004), mais un souffle singulier traverse l’élégante performance How Can I Reach You? de Sarah Brahim.

Dans le sillage de la danseuse Anna Halprin
Artiste visuelle et performeuse née en Arabie saoudite en 1993, Sarah Brahim est nourrie par des études en médecine et formée à la danse au Tamalpa Institute d’Anna Halprin (1920-2021) – pionnière de la danse postmoderne – dont elle a retenu les principes fondamentaux pour créer des expériences à la frontière de la performance et du land art.
Le corps s’y développe selon différentes synchronies : avec The Second Sound of Echo (2023), l’artiste danse au rythme des sons produits par deux pierres mises en musique par son père ; dans No Wrong Sounds (2023), ce sont les rythmes saccadés de jeunes danseurs calés sur ceux de leurs propres cœurs qui créent la partition.

Une vidéo-sculpture à la galerie Poggi à Paris
En résidence à Lafayette Anticipations et Art Explora, déjà présentée à la Biennale de Lyon ou au Louvre Abu Dhabi, Sarah Brahim expose actuellement à la Galerie Poggi à Paris la vidéo-sculpture She Said: It’s Always Two Bodies produite pour son exposition personnelle à la Fondation Bally en 2024.
Projetée sur une toile d’argile, la vidéo met en scène Sarah Brahim face à cette même matière, avec laquelle elle entre dans un intense dialogue physique, s’éprouvant devant la résistance du mur avant de le fissurer et d’y laisser une trace indélébile. Une artiste au travail subtil et puissant, à suivre.
“She Said: It’s Always Two Bodies”, exposition jusqu’au 20 juin 2026 à la Galerie Poggi, Paris IVe.