9 avr 2026

PAD Paris : 5 stands à ne pas manquer au salon du Design

Pour sa 28e édition, le PAD reprend ses quartiers dans le jardin des Tuileries à Paris. Jusqu’au 12 avril 2026, la foire déploie une multitude de créations design, contemporaines comme historiques. Numéro revient ses stands favoris, repérés parmi les 77 galeries participantes.

  • Par Camille Bois-Martin.

  • L’installation immersive de la galerie Pulp au PAD Paris

    Pour sa troisième participation au PAD Paris, Pulp dévoile un stand singulier. Parmi les lumières chaudes et les espaces éclairés des autres exposants, la jeune galerie, fondée en 2022, dévoile une scénographie immersive, imaginée par le duo à la tête de Gorylle Studio. Le visiteur doit ainsi se faufiler entre de longues bandelettes de PVC suspendues, comme s’il entrait dans une chambre froide.

    À l’intérieur du stand, des éclairages blanchâtres tranchent avec les couloirs obscurs qui le bordent. Au sol et sur les murs, un jeu de métal givré et de miroirs façonnent une atmosphère surprenante, quasi chirurgicale, où se mêlent ainsi les créations de Gaetano Pesce, Shiro Kuramata, Yves de la Tour d’Auvergne, Ross Lovegrove, ainsi celles du collectif Pentagon. Des pièces datées des années 1980 à 2000, sélectionnées par la galerie Pulp, dont des assises et des commodes en résine colorée croisent l’aluminium d’un banc et le plateau en grès et acier d’un bureau.

    Galerie Pulp, stand 15.

    Les créations de Marie & Alexandre à la galerie Signé

    La galerie Signé nous offre une véritable pépinière de talents qui se démarque en effet par l’accompagnement qu’elle propose à des designers : elle produit les pièces de chacun des artistes qu’elle représente. Pour cette 28e édition du PAD Paris, la galerie installée rue Bonaparte (6e arrondissement) dédie son stand à Marie & Alexandre. Aux côtés d’une édition limitée de l’étagère Shelf 5 en fibre de carbone de la star Martin Szekely – auquel Signé consacrera une exposition inédité en octobre –, la galerie met ainsi en lumière la toute première table de salle à manger, en fer gorgé et bois, imaginée par le duo de designers français.

    Sur la surface, on observe de petites auréoles, creusées ou en relief, qui dévoilent les étapes d’assemblage de la pièce. On découvre également au sein du stand une version inédite des CR Box System développées par Marie & Alexandre avec Glass Italie, recomposée sous la forme d’une console, dont les différents ronds découpés dans le verre permettent d’associer et de dissocier l’ensemble. La palette chromatique, rythmée de rectangles colorés, n’est d’ailleurs pas sans rappeler les tableaux de Mondrian.

    Galerie Signé, stand 09.

    La galerie Dutko dévoile des pièces inédites de Jean Michel Wilmotte

    Depuis le 19 mars dernier et jusqu’au 30 mai, la galerie Dutko consacre une exposition dans ses locaux quai Voltaire (7e arrondissement) à la nouvelle collection Rockstone du célèbre architecte Jean-Michel Wilmotte. Réunissant une quinzaine de pièces inédites en marbre, granit, calcaire et verre, la présentation mêle des consoles massives, des tabourets compacts et des tables basses, qui semblent extraits directement du paysage.

    Sur le stand de la galerie au PAD Paris, on en découvre ponctuées de structures en bois, présentées dans un fascinant dialogue avec les toiles de Jean-Pierre Pincemin (1944-2005) dont les rainures et le matériau boisé font écho au mobilier de Wilmotte. Et évoquent ainsi les thèmes de la construction, de la matérialité et du geste artistique mais aussi artisanal.

    Galerie Dutko, stand 11.

    Retour dans les sixties au stand du studio Willy Rizzo

    Au fil des allées tapissées de noir du PAD Paris 2026, un autre stand se détache par ses murs écarlates et son ambiance musicale rétro. Deux tourne-disques animent l’espace du studio Willy Rizzo, diffusant le rythme de morceaux des années 1960, tandis que l’on se promène entre un large canapé crème, une table de jeu de backgammon et un bar décoré de découpes chrome. Dédiée au travail du photographe et designer italien disparu en 2013, la galerie, dirigée par l’épouse et par les enfants de l’artiste, contribue à la promotion de ses créations et de ses archives.

    Au sein de la foire, on se retrouve ainsi plongés dans l’atmosphère vibrante des sixties – décennie au terme de laquelle Willy Rizzo se lance dans le design. Conçue en collaboration avec l’ancienne écurie de course automobile, la Scuderia Serenissima, la décoration teintée de rouge vif déploie une atmopshère ultra glamour, au sein de laquelle le mobilier et les photographies de l’artiste italien vibrent et attirent ainsi les curieux sur leur chemin…

    Galerie Willy Rizzo, stand 19.

    Les fascinantes tapisseries de Calder et Vasarely chez Boccara

    En passant devant le stand de la galerie Boccara, on s’imaginerait presque dans les couloirs d’un prestigieux musée. Sur les murs se déploient en effet de larges tapisseries, signées Alexander Calder (au cœur d’une rétrospective à la Fondation Vuitton à partir du 15 avril prochain), Victor Vasarely ou encore Le Corbusier. Des noms incontournables de l’histoire de l’art, du design et de l’architecture du siècle dernier, dont les créations sont en effet généralement conservées au sein de prestigieuses institutions.

    Pourtant, on retrouve ainsi des versions tissées de leurs œuvres, toutes réalisées entre les années 1950 et 1970 par l’Atelier Pinton. Les motifs hypnotiques issus de l’art optique de Vasarely se déploient alors sur plusieurs mètres, accrochés sur des cimaises noires aux côtés des dessins géométriques et épurés de Calder et de ceux du Corbusier, semblables à des Picasso. Issues de différentes collections privées, les pièces présentées par la galerie Boccara (implantée à New York) nous offrent une plongée inédite dans le travail d’artistes incontournables, auquel le médium de la tapisserie n’est que rarement associé.

    Galerie Boccara, stand 73.

    PAD Paris, jusqu’au 12 avril 2026 au jardin des Tuileries, Paris Ier.