14 mai 2026

3 pièces design iconiques réinventées par IKEA

Ce 14 mai 2026, IKEA dévoile sa collection PS, une série de pièces inspirées des archives du géant suédois – et notamment de celles qui, encore aujourd’hui, se revendent à prix d’or sur le marché de vente de seconde main. Lancées en 1995, les éditions PS ont pour ambition d’offrir à la clientèle de la marque des pièces design et modernes, misant sur l’innovation technique et esthétique, tout en restant, évidemment, abordables. Pour Numéro, les designers Friso Wiersma et Marta Krupińska, ainsi que Maria O’Brian, porte-parole d’IKEA, reviennent sur trois pièces qui font (ou feront) partie de ses incontournables.

 

  • Par Camille Bois-Martin.

  • La revanche du fauteuil gonflable par Mikael Axelsson

    “La conception de ce fauteuil était une expérience très drôle. À l’origine, nous avions déjà imaginé un siège gonflable dans les années 90, mais l’expérience fut un échec. Alors, quand nous avons évoqué l’idée de rééditer cette pièce, de nombreuses personnes qui travaillent pour IKEA depuis près de trente ans nous ont conseillé de ne pas nous engager dans cette voie ! (Rires) Le problème, à l’époque, était les instructions qui accompagnaient le fauteuil. Il était indiqué qu’il fallait le gonfler avec un sèche-cheveux. Or, les clients l’ont réglé sur la fonctionnalité “air chaud”, ce qui faisait alors fondre le siège ! D’autres clients, qui avaient réussi à le gonfler, ne l’ont pas trouvé confortable. À cause de sa matière, il rebondissait beaucoup trop : en s’asseyant dessus trop rapidement, on pouvait se retrouver propulsé à l’autre bout de la pièce… 

    Aujourd’hui, les technologies et les savoir-faire ont évolué. On peut acheter des matelas pneumatiques partout. Mais la conception de ce fauteuil était tout de même un vrai parcours du combattant, entre les crevaisons et les réunions plutôt cocasses où on s’asseyait les uns après les autres pour tester le fauteuil, voir s’il ne rebondissait pas trop, etc. Le défi était de créer quelque chose qui ait l’apparence et le confort d’un meuble, mais qu’il soit entière constitué d’air – une ressource incroyable, d’un point de vue écologique mais aussi technique. Et nous l’avons relevé haut la main ! Et je pense que ça fait partie intégrante de l’esprit IKEA PS. Vous pensez que c’est impossible ? On va essayer quand même, même si on risque d’échouer. ” – Marta Krupińska.

    L’étagère de Niels Gammelgaard transformée par Friso Wiersma

    “Dans le domaine de l’artisanat, il est assez courant de rendre hommage à ses anciens mentors. Je suis designer en interne chez IKEA depuis maintenant huit ans, et je suis bien sûr très conscient de tout l’héritage qui me précède. Et cette étagère, conçue dans les années 80 par Niels Gammelgaard, a toujours été une pièce que j’admire énormément. Alors quand on m’a demandé de créer quelque chose pour la collection PS, j’ai directement pensé à ce meuble mais aussi à ma formation d’ébéniste. J’ai voulu m’éloigner de son apparence métallisée, tout en conservant la légèreté du cadre et l’épaisseur et la couleur des plateaux. 

    Comme un sampling en musique, j’ai pris la structure et l’idée de Gammelgaard, qui est un designer fantastique et auquel je souhaitais rendre hommage. Je voulais la refaçonner entièrement en bois, car cela me semble plus en phase avec notre époque. Et c’était un défi de taille de parvenir à créer une telle pièce en bois massif et en série, pour être accessible au plus grand nombre. Cet aspect me tient d’ailleurs particulièrement à cœur car cette étagère fait partie des meubles de la marque qui sont aujourd’hui hors de prix pour la plupart des clients qui se rendent à IKEA. Avec ma version du meuble de Gammelgaard, j’espère pouvoir le rendre à nouveau grand public. D’ailleurs, j’ai été en contact avec Niels au cours du développement de cette pièce. Et il m’a donné sa bénédiction ! ” – Friso Wiersma.

    Marta Krupińska réinvente l’emblématique horloge de Thomas Eriksson

    “La forme de cette lampe me hante depuis mon enfance. Elle s’inspire de personnages d’un dessin animé diffusé dans les années 80 en Pologone, où j’ai grandi. Ils se transformaient sans cesse, passant d’une forme à l’autre… Puis, quand j’étais étudiante, j’ai déménagé à Poznań, où j’ai découvert également les créatures du graffeur Noriaki qui peuplent les rues de la ville. Mon horloge est une sorte de mélange de ces deux inspirations, qui se sont comme imposées à moi lorsque l’on m’a proposé le projet. Surtout, mon idée est une réinvention évidente de l’emblématique horloge imaginée par Thomas Eriksson en 1995 pour la première édition d’IKEA PS. 

    C’était un défi pour moi, et j’ai décidé de m’amuser pour parvenir à la relever sans être trop stressée. Donc, cette forme tubulaire et cette couleur rouge me sont venues, et l’équipe de la marque a tout de suite adoré. Sa version n’a pas vraiment changé depuis mes premiers brouillons. Nous avons simplement travaillé sur les bons matériaux – nous ne voulions par qu’elle soit entièrement faite en plastique, car nous voulions proposer une pièce solide, de qualité, qui se transmettrait de génération en génération. Je suis très contente du résultat. D’autant plus que la pièce me fait un peu penser à un petit Peryskop [nom des personnages peints par Noriaki en Pologne, ndlr.] qui serait en train de m’observer, toute la journée, posé sur l’étagère ! C’est comme un compagnon de vie sympathique qui, en plus, peut donner l’heure. (Rires)

    La collection IKEA PS est disponible en magasin et sur Ikea.com/fr.