Art

26 jan 2026

Quelles sont les expositions les plus attendues de 2026 ?

En 2026, les musées redoublent d’imagination et d’ambition et dévoilent de nombreuses expositions passionnantes. Des tableaux énigmatiques de Leonora Carrington au musée du Luxembourg aux clichés intimes de Nan Goldin au Grand Palais, en passant par la 61e Biennale de Venise ou les rétrospectives de Martin Parr au Jeu de Paume et de Frida Kahlo et Diego Rivera au MoMA : tour d’horizon des expositions les plus attendues du premier semestre.

  • Par Camille Bois-Martin.

  • Publié le 26 janvier 2026. Modifié le 29 janvier 2026.

    Les photographies saturées et engagées de Martin Parr au Jeu de Paume

    Avant sa disparition, le 6 décembre dernier, Martin Parr travaillait, sans le savoir, sur ce qui serait sa première exposition posthume. Au Jeu de Paume, 180 photographies saturées du plasticien anglais prennent les murs d’assaut dès la fin janvier – dont une bonne partie sélectionnée par l’auteur – avec pour fil rouge une critique jouissive de notre société de consommation.

    Plage artificielle, Caddies débordant de courses, embouteillages de barques sur l’eau, omniprésence de smartphones, peaux écarlates sous l’effet de coups de soleil… L’exposition traverse cinq décennies d’une pratique singulière, qui aborde autant les ravages du tourisme de masse que notre dépendance aux énergies fossiles et aux nouvelles technologies. Une critique visuelle et acerbe signée Martin Parr, qui paraît également dans un ouvrage relié chez Phaidon le 29 janvier.

    “Martin Parr. Global Warning”, exposition du 30 janvier au 24 mai 2026 au Jeu de Paume, 1 Pl. de la Concorde, Paris 8e.

    “Martin Parr. Global Warning”, éditions Phaidon, disponible le 29 janvier 2026.


    Biennale d’art de Venise : une 61e édition chargée d’émotion

    Pour sa 61e édition, la Biennale d’art de Venise s’annonce chargée d’émotion : après la disparition soudaine de la commissaire Koyo Kouoh en mai 2025, l’équipe organisatrice a décidé, en accord avec sa famille, de poursuivre le programme imaginé par cette dernière. Le projet “Minor Keys” conçu par la curatrice poursuit ainsi son cours avec la sélection d’artistes et d’œuvres ainsi que l’identité graphique de l’exposition définies par Koyo Kouoh et ses collaborateurs.

    Si l’on ne connaît pas encore le programme exhaustif ni les pays participants à la Biennale (qui seront annoncés le 25 février), la thématique de cette nouvelle édition invite à une “respiration profonde”, voire méditative, pour rêver d’un monde à l’écoute des « tonalités mineures”, c’est-à-dire des “mélodies et des silences […], communiant dans une collectivité conviviale, rayonnant à travers le vide de l’aliénation et le crépitement du conflit”… Des mots lourds de sens dans un climat de tensions internationales qui inaugurent une manifestation artistique engagée, où la musique tiendra probablement une place centrale.

    61e Biennale d’art de Venise, du 9 mai au 22 novembre 2026.


    Le LaM rouvre ses portes avec une rétrospective Kandinsky

    Après un an et demi de travaux, le LaM rouvre enfin dans un cadre flambant neuf, où les 98 visages de Roland Simounet ont été remplacés à l’identique dans le nouvel espace de restauration agrandi, et où les visiteurs peuvent reprendre leur flânerie dans le jardin ouvert à tous. En partenariat avec le Centre Pompidou (fermé à son tour pour travaux), le musée profite de sa réouverture pour dévoiler une grande rétrospective dédiée au maître de l’abstrait Vassily Kandinsky.

    Célèbre pour ses larges toiles colorées explorant la synesthésie (association de couleurs à des sons), le peintre d’origine russe s’est également démarqué pour ses œuvres imprégnées d’images et de thèmes issus du folklore et des croyances populaires. Moins connu que son travail sur les formes géométriques, cet aspect de son travail, au cœur du parcours du LaM, reste pourtant fascinant : entre archives personnelles encore jamais exposées en France et tableaux incontournables, on découvre ainsi un nouveau (et hypnotisant) pan de la pratique d’un des fondateurs de l’art abstrait.

    Kandinsky face aux images“, exposition du 20 février au 14 juin 2026 au LaM – Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut, 1 All. du Musée, Villeneuve-d’Ascq.


    Entre art et mode : l’univers de Schiaparelli au V&A à Londres

    Dans l’histoire de Schiaparelli, les artistes du surréalisme sont aussi importants que la fondatrice de la maison de couture elle-même. Poreuses, les limites entre créations de mode et œuvres d’art nourrissent en effet l’identité de la marque depuis toujours, et jusqu’à aujourd’hui, sous l’égide de Daniel Roseberry. Après le MAD à Paris, c’est au tour du Victoria and Albert Museum de Londres de consacrer une exposition à l’histoire d’Elsa Schiaparelli – et plus précisément à ses collaborations avec Salvador Dalí ou encore Jean Cocteau.

    Première rétrospective anglaise dédiée à la créatrice, le parcours est ponctué de robes, de manteaux et d’accessoires imaginés au début du 20e siècle, mais aussi issus des dernières collections de la maison. Au fil de la visite, on peut aussi bien admirer la sublime robe anatomique arborée par la mannequin Bella Hadid à Cannes en 2021 que (re)découvrir les dessins et les œuvres de Picasso, de Cocteau ou encore de Man Ray à l’origine des vêtements fantaisistes qui ont fait la renommée de Schiaparelli et qui continuent d’influer sur notre imaginaire…

    “Schiaparelli: Fashion Becomes Art”, exposition du 26 mars au 1er novembre 2026 au Victoria and Albert Museum, Londres.


    Les dessins intimes de Lucian Freud à la National Portrait Gallery de Londres

    Dans le sillage de son grand-père (le psychanalyste Sigmund Freud), Lucian Freud livre un portrait psychologique de la société de la fin du 20e siècle. À coups de pinceau, ce dernier a capturé les visages et les émotions de son entourage comme des grandes figures de son époque, de la mannequin Kate Moss au peintre Francis Bacon. À la National Portrait Gallery de Londres, une large exposition réunit pas moins de 170 esquisses et peintures – pour certains exposés pour la première fois et extraits des archives personnelles de l’artiste anglais.

    S’il est aujourd’hui principalement reconnu pour ses tableaux figuratifs, Lucian Freud a en effet débuté sa pratique par le dessin jusque dans les années 1940. Brouillons des portraits qu’il projette de réaliser, ses œuvres sur papier serviront, plus tard, à comprendre les techniques de préparation et les longs processus d’observation de ses sujets que privilégie le peintre avant de se lancer sur la toile. Un parcours riche en découvertes, où l’on peut aussi contempler des gravures réalisées par Lucian Freud à la fin de sa carrière, dans les années 1980.

    “Lucian Freud: Drawing Into Painting”, exposition du 12 février au 4 mai 2026 à la National Portrait Gallery, St. Martin’s Pl, Londres.


    Frida Kahlo et Diego Rivera : une histoire d’a(rt)mour au MoMA à New York

    Ils incarnent une des histoires d’amour les plus célèbres de l’histoire de l’art : Diego Rivera et Frida Kahlo ont, depuis leur disparition dans les années 1950, traversé les décennies, portés par leurs œuvres semblables à des photographies d’archives de leur romance. Ainsi, alors que le Metropolitan Opera inaugure en mai prochain un spectacle inspiré de leur relation, le MoMA dévoile en parallèle une exposition dédiée au duo.

    Réunissant tableaux et dessins signés par les deux artistes et conservés au sein de sa collection, l’institution new-yorkaise présente un parcours imaginé par le designer Jon Bausor, à l’origine des costumes et du décor du spectacle, où les portraits surréalistes et intimes de Frida Kahlo dialoguent avec les toiles réalistes et engagées de Diego Rivera. Entre références subtiles à leur amour et influences respectives, le travail des deux artistes nous laisse, encore et toujours, rêveurs…

    “Frida and Diego: The Last Dream”, exposition du 29 mars 2026 au 12 septembre 2027 au Museum of Modern Art – MoMA, 11 W 53rd St, New York.


    La captivante Lee Miller au musée d’Art moderne de Paris

    En 2023, la vie et l’œuvre de Lee Miller fascinaient le grand public avec la sortie du film d’Ellen Kuras. On y découvre avec stupéfaction l’incroyable itinéraire de cette photographe américaine (incarnée par Kate Winslet), de mannequin à reporter de guerre, qui laisse derrière elle une série de célèbres clichés – de la ville de Londres sous les bombes à un autoportrait dans la baignoire d’Hitler…

    Bref, un parcours fascinant et atypique, qui nourrit, ce printemps, une grande rétrospective au musée d’Art moderne de Paris (d’abord présentée à la Tate Britain de Londres). Au gré de près de 250 tirages, dont plusieurs inédits, l’exposition, chronologique, revient sur les débuts de Lee Miller dans le mannequinat à New York, ses années en Égypte, jusqu’à sa vie à Londres et son périple dans une Europe en temps de guerre.

    “Lee Miller”, exposition du 10 avril au 2 août 2026 au musée d’Art moderne, 11 Av. du Président Wilson, Paris 16e.


    Les photographies de Nan Goldin envahissent le Grand Palais

    Invitée d’honneur du Festival de la photographie d’Arles en 2025, Nan Goldin (née en 1953) dévoile au Grand Palais la toute première rétrospective française de ses vidéos et diaporamas. Décrites par cette dernière comme des “films composés de photos”, ces œuvres constituent la majeure partie de sa pratique depuis la fin des années 1970 à nos jours, représentant des milliers de clichés.

    Moments intimes, évènements familiaux, sorties entre amis… ses photographies immortalisent ses proches dans un quotidien terni par la violence et par la drogue, et abordent autant de thématiques que l’enfance, le genre ou la dépendance. Au sein de cette vaste exposition, le Grand Palais rassemble six œuvres majeures réalisées par Nan Goldin au fil des cinq dernières décennies, de sa célèbre The Ballad of Sexual Dependency (1981-2022) à l’émouvante The Other Side (1992-2021) en passant par la saisissante Sisters, Saints, Sibyls (2004-2022), présentée hors les murs, à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière.

    “Nan Goldin. This Will Not End Well”, exposition du 18 mars au 21 juin 2026 au Grand Palais, Paris 8e.


    Redécouvrir Alexander Calder à la Fondation Louis Vuitton

    À l’occasion des cinquante ans de la disparition d’Alexander Calder (1898-1976), la Fondation Louis Vuitton inaugure une large rétrospective sur le travail singulier du sculpteur américain – qui posait d’ailleurs ses valises à Paris il y a tout juste cent ans, en 1926. Si, à l’époque, il ne crée encore que des “jouets articulés” qu’il présente au Salon des humoristes, il fait progressivement la rencontre de figures influentes de l’avant-garde artistique qui peuplent la capitale française. Joan Miró, Jean Cocteau, Man Ray, Fernand Léger ou encore Piet Mondrian gravitent en effet dans l’entourage de Calder, qui se passionne alors progressivement pour les formes abstraites.

    Il s’essaye ainsi à la peinture, mais poursuit ses sculptures, articulées de fils de fer ou de tiges, au bout desquelles sont suspendues des feuilles de métal colorées. Fasciné par ces nouvelles formes plastiques, Marcel Duchamp les rebaptise “Mobiles” : la légende est née. En collaboration avec la Calder Foundation, la Fondation Louis Vuitton réunit ainsi ce printemps, dans un parcours chronologique, quelque 300 œuvres du plasticien américain – dont ses plus célèbres mobiles, qui flottent et interagissent avec l’architecture lumineuse de l’institution conçue par Frank Gehry.

    “Alexander Calder”, exposition du 15 avril au 16 août 2026 à la Fondation Louis Vuitton, 8 Av. du Mahatma Gandhi, Paris 16e.


    La première rétrospective française de Leonora Carrington au musée du Luxembourg

    Si l’on connaît surtout les grandes figures masculines du Surréalisme, on redécouvre aujourd’hui les femmes qui n’ont pas seulement été les “femmes de” ou les “modèles de”, mais des artistes influentes et importantes du mouvement. À l’image, notamment, de Leonora Carrington (1917-2011), à laquelle le musée du Luxembourg consacre sa toute première rétrospective institutionnelle en France.

    Les couleurs vibrantes et les personnages anthropomorphes de ses toiles témoignent autant de ses inspirations à la croisée de la mythologie et de l’ésotérisme que de ses nombreux voyages en Italie, au Mexique, en Espagne ou encore en France. Dans le sillage de Frida Kahlo, elle nourrit ses tableaux des tragédies intimes qui ont marqué sa vie (son amant Max Ernst sera emprisonné, elle-même sera internée en centre psychiatrique…), comme des contes fantastiques qui l’ont fascinée, enfant, tels ceux de son auteur favori, Lewis Carroll.

    “Leonora Carrington”, exposition du 18 février 2026 au 19 juillet 2026 au musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard, Paris 6e.


    L’incontournable Henri Matisse exposé au Grand Palais

    Parmi les artistes les plus appréciés depuis près d’un siècle, Henri Matisse figure probablement en tête de liste…succès garanti pour tout musée lui consacrant une exposition. Ce printemps, c’est au tour du Grand Palais d’inaugurer un parcours dédié au célèbre plasticien français. En collaboration avec le Centre Pompidou (actuellement fermé pour rénovation), cette rétrospective se concentre sur une partie bien précise de la carrière de l’artiste : la période 1941-1954.

    Il s’agit des dernières années de création du peintre, où la gouache croise le dessin, le textile et le vitrail, dans une variété de techniques et de supports surprenante. L’exposition rassemble plus de 230 œuvres conçues, pour la plupart, dans l’atelier de son appartement situé dans l’ancien palace Le Régina à Nice, où Matisse travaillait parfois à même les murs. Acrobates, baigneuses, motifs floraux et végétaux… Toutes les signatures visuelles de l’artiste se déploient, des panneaux monumentaux réalisés pour la chapelle du Rosaire à Vence aux découpages libres qu’il imagine à la fin de sa vie.

    “Matisse 1941-1954”, exposition du 24 mars au 26 juillet 2026 au Grand Palais, Paris 8e.


    Frank Stella au MAMC+

    Alors qu’il n’a que 23 ans, Frank Stella (1936-2024) secoue la jeune scène artistique new-yorkaise avec ses “peintures noires”. Présentées dans une exposition collective au MoMA, ses toiles striées de rayures noires et blanches appliquées à la brosse puisent dans l’expressionnisme abstrait de figures comme Jackson Pollock mais aussi dans le travail de Kasimir Malevitch. Elles préfigurent surtout déjà quelque chose de nouveau : l’art minimal.

    Au fil de sa pratique, l’Américain développe des tableaux et des sculptures en aluminium découpé, dans une exploration formelle et géométrique nouvelle, sans aucune interprétation théorique. Alternant entre minimalisme et maximalisme, entre art optique et abstraction, puis s’essayant à de nouveaux médiums comme l’impression 3D, Frank Stella figure aujourd’hui parmi les artistes incontournables de l’abstraction américaine. Au MAMC+, une large rétrospective offre une plongée dans ses inlassables recherches artistiques depuis les années 1950 et déploie le large éventail de sa pratique singulière, entre architecture, peinture, dessin et sculpture.

    “Frank Stella. Minimal / Maximal”, exposition du 24 juin 2026 au 4 janvier 2027 au MAMC+, Saint-Étienne.