13 juil 2026

Rencontres d’Arles 2026 : nos 10 expos coups de cœur à ne pas rater

Rencontres d’Arles 2026 : Numéro dévoile ses expositions coups de cœur à découvrir au fil de ses pérégrinations sur les pavés de la petite ville provençale cet été.

  • Par Thibaut Wychowanok

    et Camille Bois-Martin.

  • Les Rencontres d’Arles, le rendez-vous photo incontournable de l’été 2026

    Chaque année, les Rencontres d’Arles attirent foule. Et ce malgré les épisodes de canicule et la foule de plus en plus massive qui abondent dans les rues de la petite ville provençale lors de la semaine d’ouverture du festival…Mais à raison : les dizaines et dizaines d’expositions photo qui investissent les institutions, musées et églises regorgent de talents à découvrir comme de personnalités artistiques incontournables.

    Parmi les nombreuses propositions de cette 57e édition, ouverte jusqu’au 4 octobre 2026, Numéro dévoile 10 expos qui valent indéniablement le détour, des clichés sensibles de Martine Barrat à l’installation vidéo de Clément Cogitore, en passant les romans-photo de Paul Kodjo ou encore les sublimes compositions d’Harry Gruyaert.


    La vidéo Memory Palace de Clément Cogitore

    Ce pourrait être un simple montage d’archives familiales. Des anniversaires, des pique-niques, des enfants qui courent, des parents qui sourient à la caméra. Des vidéos familiales des années 70 ou 80. Puis, imperceptiblement, quelque chose se dérègle. Un détail résiste. Une image semble impossible. Une voix off, un dialogue, fissure le récit.

    Memory Palace de Clément Cogitore, l’une des propositions les plus saisissantes de cette édition des Rencontres d’Arles, s’est construite à partir de pas moins de 400 heures de films amateurs tournés pendant les Trente Glorieuses, entre l’Europe et les États-Unis. Le film assemble ainsi une mémoire collective profondément familière. Mais cette matière documentaire est progressivement contaminée par l’intelligence artificielle. S’y glissent des archives fictives, presque indétectables, qui viennent combler les vides du récit autant qu’elles le parasitent. L’histoire cesse alors d’être un témoignage pour devenir une construction. Cogitore ne transmet ni ne filme le passé ici. Le Français dissèque la manière dont il s’écrit. Il y est question de mémoire, et de ce que nous choisissons de transmettre, de ce que nous préférons oublier. De ce que les images fabriquent à notre insu bien sûr.

    Viennent aussi les récits, les dialogues, imaginés par l’artiste Cogitore (Prix Marcel Duchamp 2018) comme une litanie ou un chant mystique au coeur de la vidéo. Le film avance par chapitres, comme autant de strates d’une mémoire fragmentée. Alzheimer, la tour de Babel, les massacres anciens, les guerres contemporaines, les récits et les dialogues (entre parents et enfants) composent cette litanie où la transmission devient le véritable sujet, personnelle et collective. Les drames de l’oubli aussi. Pendant trente-cinq minutes, l’artiste français construit un récit où les souvenirs deviennent des champs de bataille, où les archives mentent autant qu’elles documentent, et où la mémoire apparaît autant comme un héritage que comme une fiction collective.

    Ce Memory Palace forme au final un sublime et inquiétant palais aux fondations instables, où chaque souvenir semble déjà en train d’être réécrit. Ou l’absence de mémoire ne peut mener qu’au désastre. Par Thibaut Wychowanok

    “Clément Cogitore. Memory Palace”, jusqu’au 4 octobre 2026 à l’Espace Van Gogh, Pl. Félix Rey, Arles.


    L’image cannibale

    Une photographie ne montre plus le monde. Elle le dévore. Dévore les autres images. Contamine l’espace. Bienvenue à L’image cannibale, l’une des expositions collectives les plus stimulantes des Rencontres d’Arles réunissant six artistes d’horizons différents. Ici, la photographie cesse d’être surface pour muter en sculpture, relique, peau, architecture. Elle se plie, s’incarne, se fissure, quitte le mur pour contaminer.

    Dans l’ancienne chapelle, Lucile Boiron déploie une installation étonnante. Depuis plusieurs années, l’artiste dissèque la chair avec une précision clinique, faisant du corps un territoire où désir, violence et tendresse deviennent indissociables. Ici, ses images se déploient comme des membranes translucides. Les plis évoquent autant la peau que les drapés baroques de l’autel qui leur fait face. Le dialogue est saisissant. Le sacré rencontre l’organique. La photographie cesse définitivement d’être une fenêtre ouverte sur le réel pour devenir une matière vivante et viscérale.

    Chez Dune Varela, la photographie n’est jamais une image stable. Tirée sur du marbre, de la céramique ou du béton, elle devient une matière fragile, presque archéologique. Les fragments de sculptures antiques semblent émerger de la pierre avant d’y disparaître aussitôt, comme des souvenirs dont il ne resterait que quelques traces.

    Mélissa Boucher Morales retourne le regard contre lui-même. En empruntant les codes visuels de la pornographie amateur et des plateformes de webcam, elle compose des images où le désir semble constamment contrarié. Les corps disparaissent derrière des surfaces réfléchissantes, se fragmentent, se dissolvent dans des détails de bouches, de mains ou de pieds. À l’heure où chacun met son intimité en scène, les images fabriquent-elles notre identité ou ne font-elle que la transformer en marchandise ? Ou ne sont-elles plus que les fantômes de nos corps ?

    Depuis les années 1970, Orshi Drozdik fait du corps féminin un champ de bataille politique. Dans la série présentée à Arles, Drozdik reprend les codes de l’imagerie pornographique pour mieux les retourner contre eux-mêmes. En manipulant ses propres photographies, l’artiste reprend les codes du porno, transformant un geste d’exposition en acte de réappropriation fascinant.

    Avec L’image cannibale, les œuvres ne demandent pas seulement à être regardées. Elles réclament un corps. Le nôtre. Offre-le leur aussi. En résistance. Comme un organisme vivant, elle avale le monde avant de finir avaler. Ou de se transformer en fantôme. Par Thibaut Wychowanok

    “L’image cannibale. Lauréate de la bourse de recherche curatoriale 2024”, exposition jusqu’au 4 octobre 2026 à la chapelle de la Charité, 9 Bd des Lices, Arles.


    Les OVNI en folie : « Nous ne sommes pas seuls ».

    Les extraterrestres existent. La preuve en photos et à Arles. Nous ne sommes pas seuls, présentée aux Rencontres d’Arles par Philippe Baudouin, ne cherche évidemment pas à prouver l’existence des ovnis. Elle raconte une histoire bien plus fascinante : celle de notre besoin presque irrépressible d’y croire. Elle démontre aussi, avec beaucoup plus de certitude, que les images, elles, fabriquent des croyances.

    Bien avant les fake news et les images générées par intelligence artificielle, les photographies d’ovnis mettaient déjà à l’épreuve notre confiance dans le médium photographique. Floues, tremblantes, surexposées, elles transformaient leurs défauts techniques en preuves. Plus l’image était mauvaise, plus elle semblait crédible. Le parcours alterne ainsi archives, œuvres contemporaines et récits invraisemblables racontés avec le plus grand sérieux.

    En 1973, le chef de la police Jeff Greenhaw photographie un étrange « homme de métal » avant de perdre sa crédibilité. Au Brésil, João Valério da Silva affirme avoir été enlevé par des humanoïdes, examiné puis séduit par une « princesse de l’espace » nommée Rama. En France, un ufologue retrouve sur son pare-brise une mystérieuse diapositive censée confirmer le témoignage de son épouse. Plus loin, David De Beyter filme la vallée de l’Ucanca à Tenerife, devenue lieu de pèlerinage pour chasseurs d’ovnis, tandis qu’Érik Bullot démonte les mécanismes des fausses photographies… sans jamais faire disparaître leur pouvoir de fascination.

    L’exposition est alors passionnante. Moins centré sur les extraterrestres que sur nous-mêmes. Profondément humaine. Ou comment l’humanité a sa propre manière de transformer une anomalie en récit, un point lumineux en certitude, un grain d’argent en preuve irréfutable.

    Le plus troublant, comme la vérité, est ailleurs. Les photographies d’ovnis furent ainsi probablement les premières images virales de l’histoire : floues, mal cadrées, impossibles à vérifier, infiniment commentées par des experts autoproclamés. Cinquante ans avant les réseaux sociaux, tout était déjà là. Les extraterrestres n’ont peut-être jamais atterri sur Terre. En revanche, les théories du complot, elles, avaient déjà trouvé leur appareil photo. Par Thibaut Wychowanok

    “Nous ne sommes pas seuls. Lauréat de la bourse de recherche curatoriale 2025”, exposition jusqu’au 4 octobre 2026 à Croisière, 65 Bd Emile Combes, Arles.


    La contre-histoire Sammy Baloji

    L’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Sammy Baloji préfère écouter ceux qui ont continué à la raconter une fois les caméras éteintes.

    Né à Lubumbashi en 1978, l’artiste congolais s’est imposé comme l’une des figures majeures de la scène contemporaine internationale en explorant les cicatrices laissées par le colonialisme belge, l’exploitation minière et les récits officiels qui ont façonné l’histoire du Congo. Photographie, vidéo, archives ou installation : chez lui, chaque œuvre interroge moins le passé qu’elle ne révèle les angles morts de ceux qui l’ont raconté.

    Présentée aux Rencontres d’Arles, RN1 : traversée katangaise revient sur un épisode largement méconnu de l’histoire africaine. Au lendemain de l’indépendance du Congo en 1960, la riche province minière du Katanga fait sécession sous l’autorité de Moïse Tshombe, avec le soutien de puissances étrangères désireuses de conserver le contrôle de ses ressources. S’ensuivent plusieurs années de guerre, de conflits politiques et d’interventions militaires qui continuent de traverser la mémoire congolaise.

    Plutôt que de reconstituer les événements, Baloji emprunte la route qui relie Nzofu à Kolwezi. Les archives de la télévision belge se mêlent aux paysages miniers d’aujourd’hui, tandis que les chants des gardiens de la mémoire orale Lunda répondent aux images coloniales. La sécession katangaise, les guerres du Shaba et l’histoire du royaume précolonial Lunda s’entrelacent jusqu’à faire apparaître une autre généalogie du territoire.

    L’exposition se prolonge par des photographies vernaculaires de combattants Simba. Armés, ils posent devant l’objectif avec une théâtralité inattendue, comme si chacun avait déjà compris qu’une guerre ne se joue jamais uniquement sur le champ de bataille. Elle se gagne aussi par les images qui lui survivront.

    Chez Sammy Baloji, les archives ne sont jamais des preuves. Elles sont des champs de bataille. Chaque image transporte une version de l’histoire. En les faisant entrer en collision, peut-être que pourra alors apparaître enfin ce que les récits officiels avaient soigneusement laissé hors champ. Par Thibaut Wychowanok

    “Sammy Baloji. Paysage prisme : une traversée katangaise”, exposition jusqu’au 4 octobre 2026 à l’église des Trinitaires, 32 Rue de la République, Arles.


    Les images saisissantes de Park Chan-wook

    Il y a chez Park Chan-wook une contradiction presque réjouissante. Le cinéaste qui a bâti sa réputation sur un contrôle obsessionnel de l’image (de Oldboy à Decision to Leave, en passant par The Handmaiden ) produit, en photographie, des œuvres qui semblent précisément naître de ce qu’il ne contrôle pas. Présentée à Lee Ufan Arles à l’occasion des Rencontres de la photographie, Par un matin calme révèle pour la première fois en Europe cette pratique longtemps restée dans l’ombre de sa filmographie.

    On pourrait s’attendre à retrouver les compositions virtuoses, les mouvements de caméra millimétrés ou les récits labyrinthiques qui ont fait de Park l’un des plus grands cinéastes contemporains (président du jury du Festival de Cannes en 2025, Palme de la mise en scène en 2022). Il n’en est rien. Ses photographies préfèrent les marges. Un mur qui masque la mer. Un mannequin abandonné dans un paysage désert. Des parasols fermés devenus procession de fantômes. Un tronc d’arbre qui ressemble soudain à une bouche ouverte. Rien d’extraordinaire, jusqu’au moment où le réel se dérègle imperceptiblement.

    Toute l’exposition repose sur cette inquiétante étrangeté décrite par Freud : ce basculement où le familier cesse soudain de l’être sans jamais quitter le territoire du quotidien. Park Chan-wook ne photographie pas le spectaculaire ; il révèle l’étrangeté latente des choses ordinaires. Un arbre devient un corps, une plage convoque le souvenir d’un meurtre amoureux dans Decision to Leave, un simple objet de massage évoque autant un portrait de la Renaissance qu’une image grotesque.

    Accrochées comme une partition plutôt que selon une logique chronologique ou géographique avec l’aide de la commissaire d’exposition Valérie Duponchelle, les soixante-huit photographies composent un récit que chacun est libre d’inventer. Une manière, peut-être, pour le cinéaste le plus méticuleux de sa génération de laisser enfin le hasard écrire une partie de son œuvre.

    “Park Chan-wook. Par un matin calme”, exposition jusqu’au 4 octobre 2026 à Lee Ufan Arles, 5 Rue de Vernon, Arles.


    Ming Smith, l’appareil photo comme un instrument de musique

    La photographe Ming Smith manipule son appareil comme elle jouerait du jazz. Née en 1947, l’artiste américaine est une légende de la photographie : d’abord parce qu’elle est la première photographe noire dont les œuvres ont été acquises par le MoMA (en 1979), mais aussi parce que ses clichés, principalement en noir et blanc, utilisent la lumière comme un outil d’exploration esthétique, politique et métaphysique.

    Entre les murs séculaires de l’église Sainte-Anne, à Arles, ses images vibrent malgré leur absence de couleur. Ici, tout se joue dans les mouvements de ses protagonistes et dans les rayons lumineux, quasi iridescents, qui rythment ses compositions.

    Mariée à un musicien de jazz, Ming Smith était en effet particulièrement attirée par la dimension improvisée de ce genre musical, qu’elle traduit au sein de ses clichés. Les flous, qui ponctuent son œuvre, sont obtenus grâce à un ralentissement volontaire du temps de pose afin de capter plus longtemps la lumière, évoquent ainsi le son dans le mouvement.

    On observe par exemple des personnages immobiles, capturés dans une danse, tandis que les orchestres, à l’arrière-plan, se fondent dans un mélange de lumière et d’agitation, à l’image de la musique qui se propage dans l’atmosphère… Au fil de l’exposition, on croise des autoportraits intimes de l’artiste en Joséphine Baker, des tourbillons de personnes emportées par la musique et des moments de tendresse partagés au milieu de l’agitation urbaine.

    Ming Smith. Lueur nomade”, exposition jusqu’au 4 octobre 2026 à l’Église Saint-Anne, 8 Pl. de la République, Arles.


    Les roman(ces)-photo de Paul Kodjo

    Dans le cadre des Rencontres d’Arles 2026, le festival inaugure la première exposition personnelle d’ampleur en France de Paul Kodjo. Né en 1939 et disparu en 2021, le photographe ivoirien a composé une œuvre riche, ancrée dans l’histoire ivoirienne post-indépendance, et figure parmi les premiers photographes africains à avoir exploré le genre du photoroman.

    À l’espace Croisière, on se délecte ainsi de ses images festives, ponctuées de scènes de liesse collective ou de moments intimes et amoureux, qui racontent une histoire, à la fois fictive et réelle. Libre à chacun de plaquer son propre récit imaginaire, où d’y lire les mutations d’un pays en train de construire son identité nationale dans les années 1970.

    Ses photographies, publiées pour la plupart dans l’hebdomadaire Ivoire Dimanche, illustres des comédies de romances à rebondissements, qui font également écho aux transformations sociales et économiques de la Côte d’Ivoire. Immeubles en construction, modes vestimentaires de la décennie (textiles wax, étoffes traditionnelles et influences du prêt-à-porter international) ou encore bar et soirées dansantes d’Abidjan…

    Derrière son objectif, Paul Kodjo livre un regard cinématographique et vivant d’un pays en mutation, mais aussi des images qui nous invitent à la rêverie, et qui nourrissent aujourd’hui un renouveau de la tendance du roman-photo.

    “Paul Kodjo. Photoromance”, exposition jusqu’au 4 octobre 2026 à Croisière, 65 Bd Emile Combes, Arles.


    De villes en décennies : les photographies intemporelles d’Harry Gruyaert

    Face aux clichés d’Harry Gruyaert, toute notion de temporalité ou de localisation disparaît. À l’étage de la chapelle Saint-Martin du Méjan, à Arles, les couleurs vives de ses photographies attirent immédiatement notre regard. Les personnages sont anonymes, les lieux, indéfinis.

    On se perd dans ces moments du quotidien pourtant banals, mais dont la composition parfaite renverse cette impression de simplicité. Seuls les cartels, disposés à côté des œuvres, nous permettent d’associer une date et une ville aux images du photographe belge né en 1941.

    De New York à Paris en passant par Tokyo, Moscou, Anvers ou Mumbai, notre regard voyage à travers le monde et les époques, à la découverte d’une scène de café, d’une manifestation populaire, d’un anniversaire ou d’une rue bondée.

    Peu importe la destination ou l’évènement : la caméra d’Harry Gruyaert capture des moments de vie ordinaires, portés par une esthétique un poil rétro, mais aussi par l’intensité vibrante de ses couleurs, par les découpes nettes des ombres et par les géométries urbaines qui façonnent l’architecture de nos villes d’aujourd’hui, comme celle d’il y a près de quarante ans.

    “Harry Gruyaert. A sense of place”, exposition jusqu’au 4 octobre 2026 à la Chapelle Saint-Martin du Méjan, Place Nina Berberova, Arles.


    De Paris au Bronx : les clichés sensibles de Martine Barrat

    Le parcours de Martine Barrat a tout d’un roman : danseuse dans le Paris des années 1960, elle s’installe à New York en 1968 pour performer au MaMa Experimental Theatre Club. Après un accident qui l’oblige à mettre fin à sa carrière, la jeune française crée un atelier autour du jazz et de la vidéo pour les enfants du Lower East Side et de Harlem.

    Au fil de ces rencontres, elle se rend dans le South Bronx, équipée de sa caméra, où elle rencontre et filme les gangs locaux – les Roman Kings et les Ghetto Brothers. Elle signe alors son premier travail documentaire You Do the Crime, You Do the Time, projeté en 1978 au Whitney Museum.

    Martine Barrat tisse ainsi un premier lien entre Manhattan et le Bronx, qu’elle entretiendra tout au long de sa vie : après le vol de sa caméra, le président des Roman Kings lui offre son premier appareil photo. Elle débute alors une série de clichés dont l’humanité et la proximité de l’artiste avec ses sujets transpire sur les cimaises de son exposition aux Rencontres d’Arles 2026.

    Loin de toute visée moralisatrice, son travail dévoile les amitiés, les moments de vie et les passions des personnes qui croisent son chemin. Des jeunes enfants dans des clubs de boxe (Doe or Die) aux habitants de Harlem dont elle partage le quotidien dans les années 1980 (à l’image de sa meilleure amie Love), Martine Barrat livre un regard sensible et profondément émouvant, animée par la dimension participative et collective qui caractérise son œuvre.

    “Martine Barrat. Soul of the city”, exposition jusqu’au 4 octobre 2026 à l’Espace Van Gogh, Pl. Félix Rey, Arles.


    L’exposition (très) intime d’Hugo Lardenet avec Canon

    À l’origine de l’exposition d’Hugo Lardenet, une rupture amoureuse. Ce sentiment bouleversant et universel est en effet le fil rouge de son projet imaginé à l’occasion de sa résidence avec le géant de la photo Canon.

    Avec sa caméra, le jeune photographe français a capturé deux mannequins – devenus depuis ses amis – dans des situations et des vêtements qui évoquent sa relation amoureuse qui s’est malheureusement soldée par une rupture.

    Des larmes ornent des visages, des sujets sont éclairés d’une éblouissante lumière verte, semblable à celle d’une pharmacie (milieu dans lequel travaillait son ancien petit-ami)…

    On se laisse envoûter par les clichés vibrants d’Hugo Lardenet, dont la composition mêle avec justesse une maîtrise de la couleur et du décor, tantôt photographié en extérieur, à côté de sa maison d’enfance, et dont ressort une impression de chaleur ; tantôt dans un studio, dont les photos ont un aspect clinique et nous émeuvent par la moue triste de ses modèles…

    “Hugo Lardenet. Merci pour les fleurs. Je rêve encore”, exposition jusqu’au 10 juillet 2026 à la galerie Canon, 20 rue du 4 septembre, Arles.