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Bordeaux en 3 virées culturelles captivantes
Pour décentrer son regard parfois trop parisien, Numéro s’aventure dans les métropoles françaises qui regorgent de propositions culturelles audacieuses et passionnantes. Ce printemps, direction les rues pavées de la ville de Bordeaux, de l’imposante architecture du Frac-Méca à l’incontournable CAPC en passant par le musée des Arts décoratif et du design, qui rouvre enfin ses portes.
Par Camille Bois-Martin.


Le MADD de Bordeaux rouvre (enfin) ses portes
C’est l’un des évènements culturels les plus attendus de cette année 2026 à Bordeaux : le musée des Arts décoratifs et du design rouvre enfin ses portes, après près de quatre ans de travaux. Si le chantier se poursuit jusqu’en 2027, les ailes principales de l’institution accueillent ainsi à nouveau du public, qui (re)découvre ses grands murs en pierre de taille et ses espaces totalement repensés. Au programme de cette inauguration, trois expositions qui mettent en valeur les collections du MADD.
Ainsi de sublimes céramiques se déploient-elles au nombre de 80, issues de divers continents et de toutes les époques, du troisième millénaire avant notre ère à aujourd’hui. Un autre parcours présente une nouvelle salle dédiée aux œuvres sur papier (dessins, estampes, photographies ou affiches), et met en avant la collection personnelle de Jacque Sargos (fondateur de la galerie bordelaise l’Horizon chimérique), composée de dessins anciens et modernes en lien avec les arts décoratifs et l’architecture. Enfin, le musée consacre également un émouvant accrochage à la carrière de la designer Pauline Deltour, disparue en 2021.
MADD – Musée des Arts décoratifs et du design, 39 Rue Bouffard, 33000 Bordeaux.


Trevor Yeung envahit le CAPC avec ses installations hypnotiques
Chaque année, le CAPC invite un ou plusieurs artistes contemporains à investir sa sublime nef. Ce printemps, c’est au tour de Trevor Yeung de s’emparer du bâtiment, à l’occasion de sa première exposition monographique en Europe. Entre les pierres du musée, l’artiste hongkongais déploie une série d’installations au sein desquelles des néons irradient de leur lumière vive toute la surface du lieu. Suspendues dans les airs ou posées à même le sol, elles semblent débarquer d’une autre époque, comme autant de petits systèmes solaires tombés du ciel et conservés dans l’institution bordelaise.
Au fil de son parcours, le visiteur se laisse envoûter par les lueurs colorées – vertes lors de notre visite, mais changeantes au fil de l’exposition. Ce dernier est d’ailleurs invité à interagir avec les œuvres, au gré d’un carnet d’instructions l’incitant à allumer le flash de son téléphone pour le projeter sur une photographie. On découvre alors les détails au fur et à mesure que notre bras parcourt l’image, au même titre qu’une sculpture, baignée de lumière, se dévoile dans toute autre couleur irisée. À l’entrée, les médiateurs offrent également au public un petit bracelet à nouer sur l’un des échafaudages installés au sein de la nef, afin de recouvrir, d’ici la fin de l’exposition, toute la structure et façonner ce que l’artiste décrit comme un petit “arc-en-ciel collaboratif”.
“Trevor Yeung. Jardin des neufs soleils”, jusqu’au 20 septembre 2026 au CAPC – Musée d’art contemporain, 7 Rue Ferrere, Bordeaux.

Au Frac-Méca, l’intimité et la photo 2.0
La chambre fut, dans les écrits de Virginia Woolf, nécessaire d’être “à soi’ pour que s’exerce la création, tandis que Guillaume Dustan nous invitait, dans les années 90, à pénétrer la sienne, au fil d’un récit sur sa sexualité dans In My Room (1998). Aujourd’hui, le Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA déploie une exposition sur l’arrivée du virtuel dans cette sphère intime.
Au sein de cet accrochage, on parcourt du regard les œuvres d’Assya Agbere, de Lou Fauroux ou encore de Dominique Gonzalez-Foerster. Car la chambre évolue : elle n’est plus dédiée au sommeil et au rêve, mais elle devient ici un espace de communication, dont les frontières entre la sphère privé et la sphère publique se font de plus en plus poreuses…
“Chambres, Ghosts & Digitales” jusqu’au 30 août 2026 au Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, 5 Parv. Corto Maltese, Bordeaux.