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Au défilé Miu Miu, la mode peut être philosophique et désirable
Dernier show majeur de la Fashion Week automne-hiver 2026-2027, le défilé Miu Miu automne-hiver 2026-2027 prouve que la mode devient peu être philosophique et introspective tout en restant hautement désirable.
© Estrop/Getty Images.
par Léa Zetlaoui.
Dernier show majeur de la Fashion Week, le défilé Miu Miu automne-hiver 2026-2027 clôture cette saison sur une note de douceur et d’introspection. Ainsi, quelques jours après avoir présenté sa collection Prada cocréée avec Raf Simons, Miuccia Prada partage ici une vision très personnelle du vêtement. Pour l’incarner les actrices Gillian Anderson, Chloë Sevigny et Suzanne Lindon ainsi que la jeune chanteuse à suivre Sofia Isella.

Un décor introspectif au palais d’Iéna
Souvent dans les contes fantastiques initiatiques, le personnage principal pénètre dans un monde imaginaire – sorte de projection de la réalité – d’où il ressort transformé. C’est d’ailleurs ce passage dans un univers autre qui agit comme un parcours symbolique et modifie profondément sa perception de lui-même et du monde.
Suivant cette idée, la scénographie du défilé Miu Miu, présenté ce mardi 10 mars 2026, dépasse son simple rôle de décor, Avec ces murs tapissés de riches tentures et son sol recouvert de mousses, le palais d’Iéna devient à la fois un palais de mémoire et une forêt intérieure. Un espace luxueux et luxuriant qui suggère un double panorama de grandeur et d’immensité, à la fois intérieure et extérieure.
Ici, la puissance évocatrice séduit par sa force symbolique, sans pour autant avoir besoin de recourir à des artistes invités, des vidéos ou d’autres formes de mise en scène immersives. Un nouveau tour de force de la créatrice italienne, jamais à court d’idées pour questionner la mode.

Miu Miu et l’humilité cosmique
“La petitesse de nos corps humains face à l’immensité du monde.” Présente aussi bien dans la philosophie stoïcienne que dans les traditions bouddhistes et taoïstes, cette idée sert de fil conducteur à cette collection.
Comment traduire ce concept d’humilité cosmique en vêtements ? La réponse se trouve d’abord dans la conscience du corps. Le sentir, l’habiter et éprouver sa propre présence sont autant de manières pour mieux appréhender notre place dans l’univers. Les matières et volumes, tout comme le toucher et le vécu deviennent alors essentiels, transformant le vêtement en un prolongement du corps et en un outil de réflexion sur soi et sur le monde.
Ainsi les silhouettes s’habillent de popelines lavées, de cachemires doux, de cuirs usés, de tulles brodés et de lin délicat, où l’effet seconde peau dépasse la simple proximité pour suggérer une fusion intime. Discrètes, quelques touches de fantaisie, comme des nœuds ou des broderies de cristaux, confèrent aux pièces une note poétique.
La pureté et la simplicité des coupes traduisent une volonté de ne jamais entraver le mouvement. La notion de liberté est à la fois physique et mentale, tandis que le vêtement devient un moyen de se préserver et surtout de célébrer ce qui est intérieur.

Des accessoires qui font envie
Mais si Miuccia Prada livre ici un des défilés les plus sensibles de la Fashion Week, la créatrice ne renie pas pour autant les principes de l’industrie. À savoir, proposer des pièces aussi tendance que désirables.
Tout commence avec des chapkas fourrées et richement brodées, ou des mules ornées de pampilles. Plus tard ce sont des serre-têtes zig-zag, qui faisaient fureur dans les années 2000, des ceintures ornées de perles et des boots grunge. Sans oublier les petits sacs en fourrures, qui nous accompagnent tels des doudous du quotidien. Qui a dit que la mode ne pouvait pas être philosophique et désirable ?