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Anderson .Paak, des plantations de marijuana à la scène de Coachella

Musique

Rappeur groovy et crooner de caractère, Anderson .Paak sera sur la scène du festival californien Coachella aux côtés de Childish Gambino, Janelle Monae et Kid Cudi. Il défendra son dernier album en date : Oxnard.

Avec ses petites lunettes rondes, son chapeau ou son bonnet de hipster, le rappeur Anderson .Paak s’inscrit dans la mouvance d’un hip-hop chic et élégant. Repéré par Dr Dre suite à la sortie de son premier EP Link Up & Suede en 2015, il sera crédité sur six morceau de Compton, l’album de la légende du rap. Une prestation convaincante qui lui permet de signer chez Aftermath, le label de Dr Dre, et de rejoindre de grosses pointures du rap à l’image d’Eminem ou de Kendrick Lamar. Mais c’est avec Malibu, une compilation oscillant entre ballades néo-soul et hip-hop ardent, que l’artiste californien de 32 ans quitte l’anonymat. Anderson .Paak enchaîne alors les collaborations avec de grosses pointures de la scène rap américaine : Macklemore et  Ryan Lewis sur le morceau Dance Off, The Game sur le titre Room in Here ou encore plus récemment avec le regretté Mac Miller sur Dang!. Il a d’ailleurs rendu hommage au chanteur disparu à 26 ans en octobre dernier lors des Hip-hop Awards, le décrivant comme “une légende toujours vivante qui a influencé toute une génération hip-hop.” 

 

 

C’est à la batterie qu’il jouera ses premières notes, dans une église plus précisément, avant d’intégrer une plantation de marijuana de Santa Barbara (Californie) puis de connaître des années de galère dans la rue, entre Venice et Malibu.

Le titre Am I Wrong interprété par Anderson .Paak.

En dépit de sa voix brûlante et éraillée, Anderson .Paak n’est pas qu’un chanteur de charme fredonnant des mélodies envoutantes mais un véritable instrumentiste. Enfant, sur les conseils de sa mère, il s’abandonne à la soul et au disco des années 70. Marvin Gaye, Stevie Wonder ou encore Curtis Mayfield font alors rapidement partie de ses principales références. C’est à la batterie qu’il jouera ses premières notes, dans une église plus précisément, avant d’intégrer une plantation de marijuana de Santa Barbara (Californie) puis de connaître des années de galère dans la rue, entre Venice et Malibu. Une expérience qui n’a pas pourtant pas eu d’incidence sur son ambition et sa passion pour la musique. Car c’est au sein de son groupe Free Nationals qu’il évolue en tant que batteur et s’affirme progressivement. Après ces années difficiles, le groupe assure la première partie de la tournée 24K Magic World du chanteur Bruno Mars en 2017. Composé du guitariste Jose Rios, du batteur Callum Connor et du bassiste Kelsey Gonzalez, la formation vient d’ailleurs de sortir le clip ultra sensuel du titre Beauty & Essex – issu de son tout premier album – et porté par les voix de Daniel Caesar et Unknown Mortal Orchestra (UMO). Anderson .Paak y fait de brèves apparitions. 

 

 

 

Sur son dernier album, son mentor et producteur Dr Dre partage un titre avec lui tout comme les rappeurs Snoop Dogg, J.Cole, Pusha T ou encore Kendrick Lamar.

Le titre Tints issu de la collaboration d'Anderson .Paak et Kendrick Lamar.

À la croisée des genres, entre jazz, gospel, rap, funk, house et soul, Anderson .Paak allie le groove du compositeur nigérian Keziah Jones et le hip-hop moderne d’un Drake ou d’un Mike Posner. Une large palette qui lui permet de multiplier les collaborations et les projets artistiques. En 2018, il participe à la bande originale du film Black Panther chapeautée par Kendrick Lamar et interprète notamment Bloody-Water avec l’artiste électro britannique James Blake et le rappeur américain Ab-Soul. Fin octobre, Anderson .Paak s’illustrait aux côtés de Kendrick lamar dans le clip Tints, un hymne funk qui évoque les affres de la célébrité. L’artiste teasait ensuite son morceau, Who R U, premier extrait de son nouvel album intitulé Oxnard sorti le 16 novembre 2018. Son mentor et producteur Dr Dre partage un titre avec lui tout comme les rappeurs Snoop Dogg, J.Cole, Pusha T ou encore Kendrick Lamar. 

 

 

Le nouveau titre Who R U issu du nouvel album Oxnard d'Anderson .Paak.

Oxnard, nouvel album d’Anderson .Paak, disponible. L'artiste se produira sur la scène du Zenith de Paris à l'occasion de sa tournée “Andy'Beach Club World Tour” le 12 mars 2019 et en avril 2019 au festival Coachella.

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    “Tints”, le clip déjanté de Kendrick Lamar et Anderson .Paak

    Quelques semaines après la sortie de “Tints”, la délicieuse pépite funk de Kendrick Lamar et Anderson .Paak labellisée Dr Dre, les rappeurs dévoilent le clip fou et génial qui l'accompagne, le pape du rap y fait d’ailleurs une brève apparition. 

    Un homme kidnappé couvert de sang, un père de famille, un musicien possédé ou encore un docteur... Anderson. Paak a 1001 vies dans le clip de "Tints”, irrésistible hymne funk ultra nerveux où Kendrick Lamar, courroné du prestigieux Prix Pullitzer en avril dernier, livre un couplet entêtant. Pour évoquer les affres de la célébrité, qui oblige les deux Californiens à se cacher derrière des vitres teintées, Anderson .Paak a fait appel à Colin Tilley, proche collaborateur de Kendrick Lamar pour lequel il a réalisé l’incroyable Alright. Ainsi, on aperçoit King Kuta sous perfusions puis dans un peep show, Anderson .Paak invité à des soirées BDSM et participant aux réunions des alcooliques anonymes mais aussi Dre et son épouse Nicole Young au volant d’un bolide.

     

    Un clip délicieusement absurde et ultra-léché qui annonce la sortie d'Oxnard, prochain opus d'Anderson .Paak, prévu pour le 16 novembre. Révélé en 2016 avec Malibu, compilation hip-hop/néo-soul savoureuse, le rappeur de 32 ans décrit Kendrick Lamar comme “le plus humble, altruiste, concentré et génial des jeunes hommes” rencontrés.Tout deux protégés de Dr Dre, Kendrick Lamar et Anderson .Paak n’en sont pas à leur première collaboration. En 2015, ils figuraient sur “Deep Water”, titre du pape du gangsta rap, qui produit à nouveau les deux artistes. Bien entouré, Anderson .Paak a également participé à la bande originale du dernier Marvel, "Black Panther", entièrement supervisée par Kendrick Lamar. 

    Rosalía, la tornade aux accents flamencos et R’n’B adoubée par Pedro Almodóvar

    Ce n’est pas avec Rosalía que le réchauffement climatique va se calmer. Que ce soit dans ses clips, où elle danse avec passion, ou dans un album sidérant mariant R’n’B dans l’air du temps et tradition flamenca, elle incendie tout sur son passage. Pedro Almodóvar et Pharrell Williams ont déjà succombé. Le reste de la planète ne devrait pas tarder.

    1. Pas tout à fait une débutante

     

    Son nom ne vous dit peut-être rien, mais cette jeune Catalane de 25 ans qui vit à Barcelone est déjà une star en Espagne. Le clip de son tube Malamente a été visionné plus de 27 millions de fois, ce qui l’a érigé en phénomène. Elle a déjà participé à des festivals de danse contemporaine et sorti un premier album, Los Ángeles, en 2017. S’inscrivant dans la mouvance du “nouveau flamenco”, elle troublait le public traditionnel du genre dans sa version la plus pure en mâtinant cette musique primale de rock indé. Vocalement, la brunette ressemble à un croisement entre Rihanna, pour le falsetto, et une Janis Joplin pour le côté écorché. Avec son second album qui sort ces jours-ci, El mal querer, son charme hybride et son timbre qui vient des tripes explosent. L’album, produit par El Guincho (souvenez-vous du tube électro Bombay qu’on entendait partout en club l’été 2014) réussit même le pari de réconcilier les générations en mêlant l’âme du flamenco à des sonorités R’n’B, pop et trap. Pour frapper du pied sur la piste de danse, même sans castagnettes.

     

     

    Elle a la voix d’une ancienne chanteuse de flamenco et une sagesse qui ne correspond pas à son âge. Elle devrait être fière d’être indéfinissable. Pedro Almodóvar

    2. Des clips fougueux

     

    Les vidéos léchées de Rosalía réalisées, par le collectif barcelonais Canada (auquel on doit des publicités pour Adidas, Nike et Stella McCartney), ont joué un rôle important dans sa course vers le succès. Proches des clips de M.I.A., des chorégrahies de Beyoncé, des films de Tarantino et des courts-métrages arty de Nowness, on y voit la chanteuse danser le flamenco sur fond urbain (béton, parkings et grosses cylindrées). Le coup de foudre provient de ce choc des cultures. C’est l’œuvre d’une auteure-compositrice-interprète qui a digéré YouTube, les années 2000 et l’hégémonie de la culture hip-hop, mais qui voue depuis l’adolescence un culte à des sonorités ancestrales (elle a même écrit une thèse sur le flamenco). La brune cache derrière ses crop tops et ses joggings taille basse l’aura d’une vieille âme et une présence mystique de sorcière ibérique. Et sous les nappes synthétiques et festives se révèle un disque concept sur l’amour et la passion dans ce qu’elle a de plus fatale. El mal querer est en effet inspiré de Flamenca (“flamboyante”), un roman courtois du XIIIe siècle sur une jeune femme dont le fiancé est si jaloux qu’il l’enferme pour ne plus qu’on la regarde. Sur scène et dans ses vidéos, Rosalía dégage le côté tragique d’une Isabelle Adjani dans Possession. Difficile de ne pas la regarder droit dans les yeux, difficile de ne pas tomber amoureux.

     

     

    La jeune fille qui semble toujours au bord de la crise de nerf a fait chavirer Pharrell Williams, Charli XCX, Dua Lipa, Angèle, Kiddy Smile, Emily Ratajkowski et Arca.

    3. Une artiste totale

     

    En juillet dernier, Rosalía a tourné dans le film de Pedro Almodóvar, Dolor y gloria (Douleur et Gloire) aux côtés de Penélope Cruz et Antonio Banderas. Le cinéaste aimanté par les femmes de caractère” est tombé amoureux de son charisme, de sa verve et de son style haut en couleur. Il a déclaré à son sujet : Elle a la voix d’une ancienne chanteuse de flamenco et une sagesse qui ne correspond pas à son âge. [Elle] devrait être fière d’être indéfinissable.” La jeune fille, qui semble toujours au bord de la crise de nerf, comme toutes les héroïnes d’Almodóvar, a également fait chavirer Pharrell Williams, Charli XCX, Dua Lipa, Angèle, Kiddy Smile, Emily Ratajkowski et Arca, avec qui elle a commencé à composer des morceaux. Autant dire que Rosalía n’est pas près de faire retomber la hype sur tout ce qui vient d’Espagne (le girls band Hinds, les séries La Casa de Papel et Elite, ou encore le festival Primavera Sound). Mélange vibrant d’attachement aux racines et d’ouverture sur le monde, de tradition et de futurisme, de sex-appeal et d’attitude guerrière, Rosalía rédéfinit les contours d’une héroïne ancrée dans son temps. Elle a récemment confié à Dazed & Confused: “Je n’arrêterais pas de me battre jusqu’à ce qu’on voie autant de femmes que d’hommes dans les studios d’enregistrement et qu’on leur donne naturellement la même valeur.” On ne pouvait rêver meilleur soldat pour la cause des femmes.

     

     

    El mal querer (Sony) de Rosalía, disponible.

     

    "Grave" : le nouveau clip voyeuriste d’Eddy de Pretto

    Dans son nouveau clip Grave, Eddy de Pretto se met en scène dans son appartement, filmé à son insu par un voisin très curieux. Une scénarisation voyeuriste pour une nouvelle sensation française.

    Pourtant loin de la tension hitchcockienne de "Fenêtre sur cour" (1954), le nouveau clip "Grave" interprété par Eddy de Pretto remet au goût du jour l’esprit voyeur. Sous le regard curieux de Colin Solal Cardo, vidéaste de son précédent clip "Normal", le chanteur de Créteil Eddy de Pretto incite son public à se désinhiber des normes sociales qui encombrent notre quotidien avec ce refrain : "Serre les dents, putain, montre que t’es pas un pantin. Tu peux faire c’que tu veux, vas-y explose et fous le feu. Serre les poings, gamin, sans te cacher pour un rien, tu peux faire simple au lieu de te figer sur ce bleu." Dans cette atmosphère tamisée et intrusive, il se libère des "on dit" et déculpabilise "ceux qui ne rentrent pas dans les cases".

     

    Un état de confiance qui s’arrête net dès qu’il se sent observé derrière sa fenêtre, une illustration qui dépeint la difficulté d’exposer ses choix aussi différents soient-ils et même d’affirmer son moi intérieur. Sexualité, coming-out ou encore masturbation, l’artiste de 25 ans, Eddy de Pretto, aborde tous les thèmes avec sincérité et transparence. Tel un défouloir d’anecdotes vécues, le chanteur livre une nouvelle fois un message non-conformiste qu’il porte depuis le début de sa jeune carrière. Garçon réservé à la verve brute, l’auteur-compositeur démontre, avec ses paroles puissantes, sa force d’observation et d’interprète quelques mois après la sortie de ses premiers succès : "Kid" et "Normal".

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