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Slayyyter, la nouvelle sensation très punk de la pop adoubée par Charli xcx
Après un concert sauvage et électrisant à Coachella, le 10 avril 2026, la charismatique Slayyyter confirme qu’elle est la plus punk des chanteuses pop montantes.
par Violaine Schütz.
Elle ne figurait pas parmi les têtes d’affiche. Et jouait sur une petite scène. Pourtant, la charismatique Catherine Grace Garner alias Slayyyter, 29 ans, a enflammé Coachella lors du premier week-end du festival, en avril 2029. Elle était accompagnée de son groupe (très rock voire metal) et d’une scénographie minimale (des tee-shirts grunge accrochés sur un fil, un cheval à bascule de manège, quelques buissons, un serre-tête oreilles de lapin). Et elle avait cousu elle-même, la nuit précédente, son haut déstructuré. Une habitude chez elle. Mais avec sa voix puissante, sa crinière blonde et son énergie punk, la chanteuse et compositrice pop américaine a électrisé l’assemblée, reprenant ses tubes alternatifs en chœur tout en pogotant et criant avec ferveur.
Slayyyter, la nouvelle star très punk de la pop
Originaire de Kirkwood, une banlieue de Saint-Louis, dans le Missouri et basée à Los Angeles,Slayyyter possède déjà des fans célèbres, à l’instar de Courtney Love, qui a recommandé à ses followers Instagram d’aller l’écouter de toute urgence. Et elle a collaboré avec le groupe Pussy Riot, Charli xcx, Kim Petras, Kesha, Rose Gray, Tommy Genesis, Lolo Zouaï et Sébastien Tellier. La chanteuse trèsbrat a aussi tourné avec Charli xcx, Kesha et Tove Lo. Autre fait d’armes ? L’une de ses chansons, la rutilante Daddy AF, figure sur les BO des films Bodies Bodies Bodies (2023) d’Halina Reijn avec Rachel Sennott et Anora (2024) de Sean Baker. Mais son nom est encore peu connu dans l’Hexagone.
Une artiste adoubée par Courtney Love et Charli xcx
Slayyyter a grandi sans argent, enviant ses compagnons de classe plus argentés, et loin des milieux artistiques. Mais celle qui sent dès le départ en décalage avec les autres a accès enfant à des courses de danse, puis, adolescente à des leçons de musique à l’école et commence à créer ses propres morceaux. Comme beaucoup de jeunes chanteuses US, elle a commencé toute seule, grâce à SoundCloud.
Une première mixtape portant simplement son pseudo (inspiré par un personnage du film indé culte Dazed and Confused) a ensuite vu le jour en 2019, puis un premier album studio,Troubled Paradise, en juin 2021. Elle dit alors que ses morceaux ressemblent, dans leurs effets, à des prises de kétamine et de poppers. Elle se fait alors remarquer par plusieurs titres, notamment via un remix de Gimme More de Britney Spears, en 2020. La communauté queer la soutient d’emblée.
Son style musical est éclectique. On la compare à la fois à Britney Spears (encore elle), Lindsay Lohan, Paris Hilton et Charli xcx (un nom qui revient souvent aux côtés de l’étoile montante). De son côté, Slayyyter cite en influences Britney Spears, Madonna, Fergie, A$AP Rocky, Lana Del Rey, M.I.A., Gwen Stefani et Lady Gaga. Oscillant entre hyperpop, synthpop, pop, dance-pop, électro et rock, elle conserve toujours une aura abrasive. Sa musique délivre en effet toujours un sentiment de chaos, d’agressivité et d’urgence tout en diffusant une certaine mélancolie, un désenchantement touchant.
Une esthétique inspirée par Hollywood et l’indie sleaze
Son esthétique visuelle (aussi importante que ses chansons selon l’artiste) évoque quant à elle la scène bloghouse (on pense notamment aux mélodies anarchiques de Crystal Castles), les années MySpace et Tumblr, le style indie sleaze, l’imagerie Y2K, la mode western du Midwest et Sky Ferreira. La chanteuse affiche toujours des looks osés mais débraillés, comme souillés. Entre pop mainstream, mouvance post-internet, beauté de la marginalité, vulgarité calculée, mauvais goût assumé et esprit white trash.
Mais c’est sur l’opus Starfucker (2023), une satire d’Hollywood, qu’elle trouve vraiment sa patte. La chanteuse y propose une musique inspirée par les années 80 et 90, et une esthétique très sexy et provocante. Ancienne travailleuse du sexe (en tant que cam girl et dominatrice), elle n’a pas peur de franchir les limites du politiquement correct (ses paroles parlent de sexe, de suicide et de drogues) et d’afficher des visuels prônant une hyper-féminité nourrie des clichés des pop stars des années 2000 et des célébrités californiennes outrancières. Dans le clip du single Erotic Electronic (2023), elle marche nue sur le fameux Hollywood Boulevard, façon Madonna période Erotica (1992).
Wor$t Girl In America, l’album de la consécration pour l’anti-pop star ?
Sur l’album Wor$t Girl In America (2026), Slayyyter gravit encore les échelons pour nous offrir une musique encore plus aboutie puisant dans le rap, la pop, le rock et le punk. Elle réalise alors souvent elle-même ses clips dans lesquels des éléments inquiétants (comme échappés d’un film de David Lynch) se mêlent à des aspects plus glamour et une esthétique DIY. On pense à une Lana Del Rey sous acide devenant la muse d’un Harmony Korine ou d’un Larry Clark. Ou une Christina Aguilera en after dans un bar rock.
La sulfureuse Slayyyter a choisi d’appeler le disque Wor$t Girl In America, qu’elle a composé comme s’il s’agissait du dernier de sa carrière avant de retourner vivre chez sa mère si ça ne marchait pas, car ses amis skateurs de Saint-Louis s’appelaient entre eux affectueusement “les pires”.

Une alternative aux pop stars polissées
Le titre ironique fait aussi allusion au fait qu’elle est constamment considérée comme une artiste émergente alors qu’elle est dans le circuit depuis longtemps. “J’en avais un peu marre, marre d’être considérée comme une étoile montante, marre de faire tout mon possible pour ne pas perdre d’argent sur les tournées et tout ça” confie-t-elle au sujet du concept de son dernier album à Hollywood Reporter.
Elle se qualifie elle-même d’anti-pop star, critiquant au passage le côté superficiel du milieu de la musique et la tendance des stars commerciales du moment à se ressembler. Désormais signée sur le label Columbia Records, la corrosive et insolente Slayyyter possède pourtant tous les atouts pour devenir une pop star de premier plan… Et il ne faudra pas la rater en concert à Paris, en octobre prochain.
Wor$t Girl In America (2026) de Slayyyter, disponible. En concert au Trianon, à Paris, le 18 octobre 2026.