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L’artiste Tadashi Kawamata installe une tornade au cœur du Palais de Tokyo
Organisé par Ruinart, cet évènement célèbre avec deux installations monumentales la collaboration de la maison de champagne avec le célèbre artiste japonais. Tadashi Kawalama réalisera par la suite à Reims, au cœur du domaine Ruinart, trois nouvelles installations d’envergure (dévoilées fin mai). En attendant, l’impressionnante tornade de bois du Japonais ne sera visible que deux semaines au Palais de Tokyo.
par La rédaction.
Publié le 13 février 2026. Modifié le 4 avril 2026.

Dans l’escalier du Palais de Tokyo, la tornade de Tadashi Kawamata
La Tornade, suspendue théâtralement au-dessus d’un vaste escalier du Palais de Tokyo, a nécessité pas moins de trois tonnes de bois. Un bois réutilisé et réutilisable, qu’on se rassure. Cette structure d’environ vingt mètres de diamètre réalisée donc à partir de bois recyclés issus de projets antérieurs de l’artiste semble animée d’un souffle interne. Les planches, disposées de manière savamment irrégulière, suggèrent un mouvement spiralé, une force tourbillonnante prête à engloutir l’espace. “Oui je crois à la simplicité. Faire avec peu, mais avec justesse. Cela ne veut pas dire pauvreté, au contraire, cela veut dire attention.” confie Tadashi Kawamata.
On se tient littéralement au cœur du cyclone. Prolongement du motif du nid, La Tornade en serait la métamorphose : du cocon protecteur à l’explosion d’énergie. L’artiste nous confie le soir du vernissage que c’est la première fois réalise une installation de ce motif. Une allusion évidente aux catastrophes naturelles, amplifiées par la crise climatique, mais aussi à la fragilité de toute construction humaine.

Un nid suspendu sur la façade du musée
À l’extérieur, perché à une quinzaine de mètres au-dessus de l’avenue du Président Wilson, Le Nid s’agrippe à une colonne comme un abri clandestin. Le nid – motif récurrent chez Kawamata, au même titre que la cabane – s’inscrit dans la géométrie sévère du bâtiment pour mieux la troubler. Assemblage de planches brutes, irrégulières, il évoque à la fois refuge primitif et vigie urbaine. Solide dans sa structure, mais fondamentalement éphémère, il interroge notre manière d’habiter le monde : que signifie “faire maison” dans un environnement public, exposé, traversé par le flux incessant de la ville ? Pour Kawamata, “Chaque planche raconte une histoire. Le bois, c’est une peau : il respire, il change de couleur, il se transforme.”.
Ce projet monumental du Palais de Tokyo prend sa source dans le programme artistique Conversation avec la nature de la maison Ruinart, invitation faites à des artistes et des créateurs dont la démarche fait écho à son engagement environnemental. C’est dans ce cadre que Tadashi Kawamata prolongera son geste à Reims, au 4 rue des crayères, chez Ruinart. Les matériaux parisiens y connaîtront une seconde vie, transformés en trois installations permanentes – Cabane, Nid et Observatoire – dont le Palais de Tokyo présente des maquettes prometteuses.
Ces mots, inscrits directement sur les murs de l’exposition, accompagnent le visiteur comme un fil sensible : “Je pense que l’art peut nous apprendre à être tous un peu plus humbles.”

Au cœur du domaine Ruinart, l’art de l’élévation selon Kawamata
Au cœur de l’installation, Kawamata explique : “Le Nid est une métaphore de l’abri, du foyer et de la confiance – les oiseaux ne construisent pas leurs nids n’importe où. Observatoire invite le spectateur à prendre du recul et à changer de perspective. L’un protège, l’autre élève. Ensemble, ils forment un écosystème symbolique.”
À Reims, l’artiste a été saisi par l’harmonie du site : la brume matinale glissant sur les vignes, l’humidité des crayères, la lumière chaude filtrant à travers les feuillages, la présence presque invisible des oiseaux et des insectes. De cette “première impression” sont nés dessins et maquettes, préludes indispensables à toute intervention in situ. La Cabane se déploiera comme un espace de halte au cœur du domaine, offrant un point de vue décalé sur les rangs de vigne.
Le Nid, réinterprétation du motif originel, dialoguera avec la topographie et la faune locale, invitant à considérer la fragilité des écosystèmes. Quant à l’Observatoire, il proposera une expérience d’élévation : une structure en bois permettant d’embrasser du regard le paysage champenois, et de prendre la mesure du lien intime entre terroir et savoir-faire. Rendez-vous est pris fin mai pour découvrir ces nouvelles installations.
“Le Nid, la Tornade”, installation de Takashi Kawamata jusqu’au 23 février 2026 au Palais de Tokyo. Takashi Kawamata est représenté par la galerie Mennour à Paris.