Art

17 juil 2026

13 expositions à visiter cet été dans le sud de la France

Pour celles et ceux qui aiment profiter de leur matinée, ou pour nourrir son esprit entre deux sessions de bronzage, Numéro propose sa sélection d’expositions à découvrir tout l’été dans le sud de la France, de Montauban à Hyères en passant par Avignon.

  • Par Camille Bois-Martin.

  • Les expositions à ne pas rater dans le sud de la France cet été 2026

    Alors que la capitale se vide progressivement de ses habitants, partis rejoindre le calme et de vastes paysages le temps des vacances d’été, les musées en région en profitent pour accueillir une foule de curieux en quête d’inspiration.

    Sur la côte d’Azur, on enlève notamment ses chaussures pour visiter la Fondation Carmignac, tandis qu’à Avignon, on découvre l’impressionnante exposition de Lee Ufan au Palais des Papes, après un petit saut aux Rencontres d’Arles.

    Dans le Sud-Ouest, on profite d’un passage à Montauban pour admirer les toiles de Jean-Auguste-Dominique Ingres ou, de passage à Bordeaux, on se précipite au MusBA pour découvrir l’œuvre de Jean Dupas. Car les institutions du sud de la France regorgent en effet d’expositions passionnantes, à arpenter au fil de ses pérégrinations estivales. La preuve par 13.


    Les expositions à ne pas rater dans le Sud-Est de la France

    Lee Ufan envahit le Palais des Papes d’Avignon

    Cet été, le Palais des Papes offre carte blanche à Lee Ufan. Mythe vivant de l’art contemporain et chantre du minimalisme, il y déploie ainsi une exposition exceptionnelle au sein de plusieurs espaces du monument. Intitulé Relatum, le projet s’articule autour de la notion de relation – centrale dans la pratique de l’artiste – entre matériaux naturels et manufacturés, mais aussi entre ses œuvres et le lieu.

    Point d’orgue du parcours, une installation monumentale de plus de 60 tonnes d’ardoise investit la Grande Chapelle, tandis que trois créations in situ inédites prennent place dans le Cloître Benoît XII, la Cuisine haute et la chapelle Saint-Martial. Des peintures sont également présentées dans le Grand Tinel, offrant un panorama de l’œuvre méditative et poétique de cet artiste incontournable à l’inspiration inépuisable.

    “Lee Ufan. Relatum”, exposition jusqu’au 15 novembre 2026 au Palais des Papes, Pl. du Palais, Avignon.

    Les installations monumentales d’Arne Quinze et Joana Vasconcelos à Villefranche-sur-Mer

    À la Citadelle de Villefranche-sur-Mer, l’artiste belge Arne Quinze et la plasticienne portugaise Joana Vasconcelos se réunissent autour d’une exposition consacrée au rêve, à la poésie… et à l’absurde. Sous le commissariat de Selcan Atilgan (fondatrice d’ARTSA) et de la conservatrice Clare Lilley, ils imaginent ainsi un parcours immersif juché d’immenses installations.

    Entre sculptures monumentales, peintures et œuvres-vidéo, le visiteur navigue entre les murs du musée comme à ciel ouvert parmi les univers colorés et ludiques des deux artistes, qui se mêlent notamment au gré de créations collaboratives.

    “L’Absurde et le Rêve. Arne Quinze et Joana Vasconcelos”, exposition jusqu’au 31 octobre 2026 à La Citadelle – Centre d’Art et Musée, Villefranche-sur-Mer.


    Toulouse-Lautrec, créateur d’affiches et d’icônes de la Belle Époque

    À la fin du 19e siècle, les affiches d’Henri de Toulouse-Lautrec tapissent les rues de Paris. Porté par les avancées techniques – en particulier par l’essor de la lithographie et des procédés d’impression en couleur –, son travail témoigne des innovations stylistiques de l’époque mais aussi des personnalités qui fascinaient alors la capitale.

    À Caumont, une exposition témoigne de l’influence de Toulouse-Lautrec qui, par le biais d’une seule image, parvenait alors à ériger ses modèles au rang d’icônes incontournables. Plongées dans l’effervescence de la Belle Époque, entre cafés-concerts, cabarets et théâtres emblématiques, ses œuvres livrent un portrait du Paris fin-de-siècle et de cette fabrique des vedettes à laquelle le plasticien participait donc activement.

    « Toulouse-Lautrec. Créateur d’icônes », exposition jusqu’au 4 octobre 2026 à Caumont – Centre d’Art, 3 Rue Joseph Cabassol, Aix-en-Provence.


    Plongée dans l’atelier de Joan Miró à Majorque

    Au fil de sa carrière, Joan Miró n’aura de cesse de se rendre à Majorque. S’il y épouse notamment Pilar Juncosa en 1929, il y revient en effet au fil de séjours successifs, alternant entre les cercles de Surréalistes à Paris et des moments de calme sur l’île espagnole. Avant de finalement s’y installer définitivement en 1956, dans un bâtiment conçu par l’architecte catalan Josep Lluís Sert.

    Le peintre y érige alors son grand atelier où il construit son style définitif, remettant en question toutes ses créations précédentes. Profitant d’une nouvelle liberté créative, loin de tous les mouvements artistiques qui animent alors l’Europe, il délaisse ainsi la peinture au profit de la céramique, de la gravure et de la lithographie. Autant d’œuvres – près d’une centaine – qui peuplent donc aujourd’hui l’exposition perpignanaise consacrée à l’artiste et à son atelier.

    “Joan Miró. Majorque, l’atelier des rêves”, exposition jusqu’au 31 décembre 2026 au musée d’art Hyacinthe Rigaud, 21 Rue Mailly, Perpignan.


    Les photo-peintures de Gerhard Richter à Luma

    Alors que la petite ville provençale vibre au rythme des dizaines d’expositions photo organisées dans le cadre des Rencontres d’Arles, LUMA profite de cette effervescence pour consacrer une exposition à l’un des ensembles les plus radicaux et importants des six décennies de la pratique de Gerhard Richter.

    Intervenant directement à coup de peinture à l’huile sur des instantanés photographiques, le plasticien transforme en effet le médium photographique et questionne sa fiabilité en tant qu’enregistrement de notre réalité. Sa surface, ni tout à fait occultée ni tout à fait visible, joue ainsi avec les frontières de l’abstraction, dans une explosion de couleurs vives fascinante.

    “Overpainted photographs. Gerhard Richter”, exposition jusqu’au 10 janvier 2027 à LUMA Arles – Parc des Ateliers, 35 Av. Victor Hugo, Arles.


    La première monographie de Kim Gordon en France

    À l’été 2026, la Collection Lambert inaugure la toute première monographie française de l’artiste new-yorkaise Kim Gordon. Membre fondatrice du groupe de musique Sonic Youth, la plasticienne dévoile ainsi en Hexagone son œuvre protéiforme à l’esthétique brute et instinctive dans un parcours immersif.

    Cette dernière investit pour l’occasion la totalité des salles du sous-sol de l’Hôtel de Montfaucon, au fil de créations réalisées au cours de la dernière décennie – et présente, par la même occasion, plusieurs toiles inédites.

    “Kim Gordon. Stories for a Body”, jusqu’au 20 septembre 2026 à la Collection Lambert, 5 Rue Violette, Avignon.


    Fantasme d’une virée en bord de mer à Carmignac

    À l’origine de la nouvelle exposition de la Fondation Carmignac, un fantasme : celui d’une virée en bord de mer, à une époque où la révolution sexuelle bouleverse les codes et les mœurs… Le sud de la France et ses plages évoquent ainsi tout un imaginaire, libre et transgressif, qui se traduit sur les murs de la villa – que l’on ne peut d’ailleurs visiter qu’à condition de laisser ses chaussures à l’entrée –, au fil de photographies de János Kender et de Martin Parr, mais aussi de peintures d’Evelyne Axell.

    À partir de cette image fantasmée, le musée dessine donc un accrochage rythmé d’œuvres chaudes et colorées, puisées dans l’univers du pop art. On y croise aussi bien des œuvres de Keith Haring que d’Andy Warhol, Niki de Saint Phalle ou encore Tracey Emin.

    “Sea, Pop & Sun”, exposition jusqu’au 1er novembre à la Fondation Carmignac, Piste de la Courtade Île de Porquerolles, Hyères.


    La maternité à travers les siècles et les civilisations

    Installations monumentales, petites terres cuites, grandes peintures, photographies… Au Mucem, 400 œuvres tissent le fil d’un parcours sur la maternité. De la déesse-mère antique à la Vierge Marie en passant par la bonne mère marseillaise, l’accrochage du musée marseillais interroge les représentations de la maternité depuis quatre millénaires.

    Souvent porteuse d’injonctions, cette iconographie croise ainsi des images anciennes comme contemporaines, dans un parcours où se mêlent les photographies bariolées de Pierre et Gilles comme les tableaux rococo de Fragonard, les toiles de Botticelli ou encore une sculpture de Louise Bourgeois, mais aussi des objets antiques issus de prêts du MAD à Paris et du musée Bénaki à Athènes.

    “Bonnes mères”, exposition jusqu’au 31 août au Mucem – Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, 1 Esp. J4, Marseille.


    Statues de cire et grandes installations : le parcours immersif de Lucy McKenzie

    Sous le commissariat de la critique d’art Marie Canet, le CRAC Occitanie dévoile la première exposition monographique de l’artiste Lucy McKenzie en Hexagone – et inaugure également le troisième volet d’un projet itinérant présenté à Hasselt et Vienne entre 2024 et 2025.

    Pour ce nouveau chapitre français, l’artiste écossaise revient sur les grands thèmes qui ont marqué son travail protéiforme ces cinq dernières années : la statuaire, la mode, la critique féministe du pouvoir et des élites, l’artisanat, les loisirs et médias de masse. On arpente ainsi les salles du musée, happé par les installations réalistes et immersives de la plasticienne, se retrouvant parfois nez à nez avec un mannequin de cire, parfois perdus parmi de grandes peintures colorées.

    “Lucy Mckenzie. Plastic Newspaper”, jusqu’au 6 septembre 2026 au CRAC Occitanie, 26 Quai Aspirant Herber, Sète.


    Les expositions à ne pas rater dans le Sud-Ouest de la France

    Jean Dupas art déco

    Parmi les figures majeures de l’Art déco, Jean Dupas détonne. Ses toiles, ancrées dans ce mouvement florissant du début du 20e siècle, semblent en effet puiser à la fois dans la modernité des formes cubistes comme dans l’étrange anthropomorphisme des balbutiements surréalistes. Cet été, le musée des beaux-arts de Bordeaux consacre ainsi toute une exposition à cet artiste d’origine bordelaise, dont les fascinants tableaux peuplent les cimaises de ses galeries.

    À travers un riche panorama du mouvement (croisant sculpture, art graphique ou encore céramique), les visiteurs découvrent les compagnons de route et émules de Jean Dupas (Alfred Janniot, Raphaël Delorme) comme l’univers de ce plasticien peu connu, peuplé de figures élégantes et d’animaux exotiques, présentés d’ailleurs pour la première fois au sein d’une rétrospective.

    Jean Dupas & Co. Le grand Art déco, exposition jusqu’au 29 novembre 2026 au MusBA – musée des beaux-arts de Bordeaux, 20 Cr d’Albret, Bordeaux.


    Le vêtement sous toutes ses facettes au Frac-Artothèque

    Pour la nouvelle exposition du Frac-Artothèque, la commissaire Marianne Derrien imagine une thématique à partir de l’histoire même du bâtiment qui abrite le musée. Auparavant grand magasin de tissus et de vêtement (jusqu’en 2013), celui-ci accueille donc aujourd’hui un parcours en dialogue avec ses collections permanentes. Il explore alors le vêtement sous toutes ses facettes au fil de focus monographiques consacrés à Nil Yalter, Marina Faust ou encore à Pauline Curnier Jardin.

    Envisagé comme vecteur d’identité ou comme une seconde peau, cet objet arboré par chacun au quotidien se transforme ainsi sous le regard d’artistes, dans une réflexion passionnante sur les façons de regarder et de réfléchir les corps.

    “Sans contrefaçon. Anatomie d’un vêtement“, exposition jusqu’au 31 octobre 2026 au Frac-Artothèque – Nouvelle-Aquitaine, 17 bis Rue Charles Michels, Limoges.


    Plongée à l’origine de nos mythes au musée Bonnat-Helleu

    Pour sa première exposition temporaire depuis sa réouverture fin 2025, le musée Bonnat-Helleu inaugure un parcours nourri de prêts exceptionnels du musée du Louvre mais aussi du quai Branly. Organisées autour du thème “mythologies”, les pièces exposées traversent les civilisations et les médiums, mêlant artefacts archéologiques, peintures et sculptures, de la Préhistoire au 20e siècle. Dans le sillage du nouveau film évènement L’Odyssée de Christopher Nolan, cet accrochage navigue ainsi de l’origine du monde aux héroïnes et héros qui façonnent les mythes et les croyances populaires.

    L’institution bayonnaise traverse ces récits séculaires – voire millénaires – et la façon dont ils se transforment et se répondent, à la croisée des époques et des continents. Les grandes traditions de la Méditerranée rencontrent donc ici celles du Mexique, de l’Océanie ou de l’Afrique, dans un immense dialogue rythmé, notamment, de tableaux de Rubens, de Van Eyck, de Poussin ou de Géricault.

    “Mythologies. Raconter le monde”, exposition jusqu’au 9 novembre au musée Bonnat-Helleu – Musée des beaux-arts de Bayonne, 5 Rue Jacques Laffitte, Bayonne.


    La passion d’Ingres pour les étoffes de mode

    Maître de la peinture du début du 19e siècle, Jean-Auguste-Dominique Ingres figure parmi les artistes les plus connus de l’histoire de l’art. Difficile, donc, d’appréhender son œuvre sous un nouvel angle. C’est pourtant tout le pari de la nouvelle exposition du musée Ingres Bourdelle à Montauban, qui propose en effet un regard inédit sur le lien entre le célèbre peintre montalbanais et l’univers du vêtement.

    Réunissant plus de 200 œuvres et objets – peintures, dessins, textiles et accessoires –, dont certains prêtés par le Louvre et le MAD, l’institution met en lumière l’attention portée par Ingres aux étoffes et à la parure, et explore également l’influence durable de son œuvre sur des créateurs tels qu’Yves Saint Laurent ou Issey Miyake.

    “Ingres et la mode”, exposition jusqu’au 8 novembre 2026 au musée Ingres Bourdelle, 19 Rue de l’Hôtel de ville, Montauban.