22
22
Au défilé 3. Paradis, Emeric Tchatchoua transforme le deuil en hommage
En ouverture du second jour de la Fashion Week parisienne, Emeric Tchatchoua convie la presse ainsi qu’une large audience de curieux au Parc George Brassens, dans le 15e arrondissement, pour présenter son défilé 3. Paradis automne-hiver 2026-2027. Une collection qui livre une réflexion sur la mémoire et rend un hommage vibrant aux proches disparus.
par Nathan Merchadier.
Publié le 22 janvier 2026. Modifié le 11 février 2026.


Un défilé 3. Paradis pensé comme un double hommage
Quelques jours seulemement après avoir été nommé Chevalier des Arts et des Lettres, Emeric Tchatchoua, fondateur du label 3. Paradis, présente probablement l’un de ses défilés les plus personnels. Pensée comme un double hommage, il célèbre notamment la mémoire de son grand frère, tristement disparu, il y a quelques années.
Tout au long de ce défilé chargé d’émotion, on se laisse bercer par la voix d’une icône disparue trop tôt, Amy Winehouse. Puissant, le titre You Know I’m No Good de la chanteuse résonne dans les allées du parc George Brassens. Son portrait apposé sur certains sweatshirts et vestes de biker, s’impose alors comme un fil conducteur entre les silhouettes. Et apparait comme une bande-son profondément symbolique, qui prolonge le message d’Emeric Tchatchoua. “Une voix ne meurt jamais, elle continue de résonner chez ceux qu’elle a touchés”, confie-t-il dans sa note d’intention.
Après s’être nourri de l’imaginaire du Petit Prince lors de sa précédente collection, Emeric Tchatchoua puise cette fois dans son histoire intime pour construire un récit universel. Une démarche sincère, qui confirme l’ascension d’un créateur parisien désormais incontournable, fraîchement récompensé (en juin 2025) par le prix spécial de l’ANDAM.
Une collection entre rigueur du tailoring et inspirations streetwear
Si cette collection s’avère, à plusieurs égards, chargée d’émotion, elle n’en oublie jamais l’exigence stylistique qui fait l’ADN de 3. Paradis depuis sa création en 2013. Sur le podium, le vestiaire de l’automne-hiver 2026-2027 se déploie dans un équilibre maîtrisé entre tailoring et streetwear. Notamment au gré de vestes de motard en cuir de vachette, mais également d’ensembles sportswear aux teintes franches.
Fidèle à son goût pour le costume (qui apparaît ici aussi bien comme une tenue de deuil que de célébration), Emeric Tchatchoua le décline ici dans des coloris irisés (rouge, turquoise), leur insufflant une dimension presque cérémonielle. Le béret, accessoire décliné sous toutes ses formes, s’impose cette saison comme une signature forte, conférant aux mannequins une certaine élégance, évoquant la figure du dandy.
Les collaborations, pilier du vestiaire 3. Paradis, trouvent également leur place dans cette collection. Cette saison, le créateur s’associe ainsi à la marque australienne UGG, pour imaginer une série de souliers revisités, ornés des colombes emblématiques de la maison. Un motif devenu symbole de paix, qui résonne pleinement avec le thème du défilé. Avec cette collection automne-hiver 2026-2027, baptisée Rest in Paradis, Emeric Tchatchoua signe en définitive l’un de ses défilés les plus personnels, et réussit une fois encore à nous toucher en plein cœur. Un moment de grâce de cette Fashion Week.
Tous les looks du défilé 3. Paradis automne-hiver 2026-2027

































