4
4
Le défilé méta mode de Zomer
Pour l’automne-hiver 2026, le duo Zomer a présenté un défilé automne-hiver 2026-2027 de trente-trois silhouettes qui s’inscrit pleinement dans l’imaginaire facétieux, exigeant et poétique qui construit leur vocabulaire depuis six saisons.
par Mélody Thomas.


Zomer ou le potentiel d’un geste
À l’origine de ce défilé Zomer automne-hiver 2026-2027, un geste simple, celui de porter un vêtement qui nous est cher. Comme une jupe façon kilt portée sur un pantalon, une chemise oversize, un cardigan… Tansparaît une célébration du style personnel, du rapport intime que l’on entretient avec ses vêtements. Mais aussi de l’instinct créatif dans la création d’un look.
Sur la scène du Théâtre du Châtelet, les vestes se portent comme des jupes, les chemises se superposent, les doublures des manteaux et des jupes apparaissent, les pulls col V se glissent sur des pantalons… Une grammaire du détournement qui rappelle la puissance mémorielle du vêtement, sa capacité à s’accrocher à nos émotions et à porter nos histoires. Les matières se mêlent, appelant au toucher, au ressenti et donc à la rencontre.
À travers une collaboration avec Casio, le temps constitue un autre arc narratif introduit dans cette collection hivernale. Les montres se font bretelles d’un top, broches qui ornent un nœud de la lavallière, où apparaissent ostensiblement dans une poche. Ces petits totems, portés à même le corps, nous invitent à savourer les gestes simples de l’instant présent. Ils nous encouragent aussi à avancer avec assurance, une fois entouré des choses qui nous font du bien.


Le défilé pour regarder ou être regardé ?
S’il est encore tôt pour tirer un fil clair de cette saison, le défilé Zomer esquissait déjà une trame sous-jacente, en collaborant avec la Watch Party, du créateur de contenu Lyas. Pensé comme un espace d’échanges et de “démocratisation” de la mode, l’événement s’installe au Théâtre du Châtelet le temps de la Fashion Week.
Avant même l’entrée des mannequins, la scénographie du show Zomer intrigue. D’abord tournées vers le public, des caméras se dirigent vers le podium pour dévoiler certains détails de silhouettes. Ainsi, la mode commence par regarder celles et ceux qui la regardent, avant de se tourner vers son propre reflet. Ce moment méta, au sens d’une mise en abyme du dispositif du défilé, dit beaucoup de l’endroit où se situe aujourd’hui l’industrie.
D’ailleurs, à Milan, le défilé AVAVAV invitait déjà l’industrie à se laisser observer par les mannequins, renversant la hiérarchie implicite entre le regardant et le regardé. Accepter d’être vu pour pouvoir voir. La mode semble se regarder elle-même, et poser la question qui traverse silencieusement le front row comme le backstage : qui sommes-nous, gens de mode, et comment imaginer le présent et l’avenir sans commencer par nous définir ?
Tous les looks du défilé Zomer automne-hiver 2026-2027 :





























