26 fév 2026

Le minimalisme sans faute de Simone Bellotti au défilé Jil Sander

En ouverture du deuxième jour de la Fashion Week de Milan, Simone Bellotti dévoilait sa collection Jil Sander automne-hiver 2026-2027 au siège de la maison allemande. Inspiré par la notion de “vêtements d’intérieur”, le défilé explorait l’idée de révéler l’essentiel à travers des détails d’ordinaire considérés comme superflus… Numéro fait le point.

  • par Nathan Merchadier.

  • Un défilé Jil Sander questionnant la notion d’intime

    Quelques jours avant le défilé Jil Sander automne-hiver 2026-2027, qui s’est tenu à Milan ce mercredi 25 février, les invités (parmi lesquels l’actrice française Pom Klementieff) recevaient chez eux une invitation sous la forme d’un fichier audio. À l’intérieur se trouvait un poème intitulé The House Above The Sea, écrit par l’Italienne Chiara Barzini et lu par l’icône Kim Gordon. Une méditation ayant pour sujet la notion de foyer et d’intimité, donnant le ton d’une réflexion sur le “superflu et l’essentiel” qui caractérise l’ensemble de la collection.

    Catapulté en mars 2025 à la tête de Jil Sander, quittant la marque suisse Bally pour s’installer aussitôt dans les ateliers milanais de la maison, Simone Bellotti poursuit saison après saison, son exploration de l’héritage minimaliste de la marque allemande.

    Dès les premières silhouettes aperçues sur le podium de ce défilé, certains cols de vestes et chemises basculent dans le dos, tandis que des poches semblent prêtes à s’échapper de leur couture. Plus tard, Simone Bellotti imagine de longues fentes s’ouvrant à l’arrière de ces pièces fortes, laissant circuler l’air et le regard. “Je me demandais si quelque chose de superflu pouvait être considéré comme essentiel”, confie le créateur à ce sujet, à l’issue du défilé.

    Le vestiaire d’intérieur comme fil conducteur

    Le “vestiaire du foyer” qu’évoque le créateur dans les notes de la collection, ne se réduit pas simplement à l’idée d’un vêtement conçu pour être “confortable”. Car, déclinée dans une palette de noir profond, de gris et de bleu nocturne, la silhouette Jil Sander de la saison prochaine semble plus tard infusée d’une sensualité discrète.

    En guise de clin d’œil à son histoire personnelle (son père était tapissier), Simone Bellotti convoque sur le podium une série de tissus d’ameublement qu’il fluidifie ou sculpte en formes de sablier. Ces matières, a priori lourdes, prennent ainsi la forme de manteaux ou de robes légères, à la fois fluides et structurées.

    Un an après avoir repris les rênes de Jil Sander, Simone Bellotti semble parfaitement s’épanouir dans cet espace de tension entre rigueur allemande et sensibilité italienne, qui caractérise la maison. Il en maîtrise les fondamentaux (la pureté des lignes, la précision du tailoring), les détourne souvent au gré de détails subtils, mais finit toujours par en réaffirmer l’essence, avec une élégance maîtrisée…

    Tous les looks du défilé Jil Sander :