9 mars 2026

La simplicité apparente du défilé Yohji Yamamoto

Pour l’automne-hiver 2026-2027, Yohji Yamamoto a présenté une collection qui marque un nouveau tournant dans sa grammaire stylistique. Sur son podium, 45 silhouettes défilent, fidèles à sa tradition de réinvention du vêtement japonais contemporain.

  • par Mélody Thomas.

  • Yohji Yamamoto, entre héritage et expérimentation

    Lors de son défilé inaugural à Paris, pour l’automne-hiver 1981, Yohji Yamamoto a posé les jalons — aux côtés de Rei Kawakubo — de l’avant-garde japonaise. Leur arrivée n’avait pourtant pas suscité l’écho que leur travail connaît aujourd’hui. Les silhouettes noires amples, asymétriques et déconstruites présentées par le créateur tranchent frontalement avec le japonisme auquel les Français et les Européens étaient jusqu’alors habitués. Chez lui, pas de motifs “exotiques”, pas de couleurs vives… Un refus du Japon façon carte postale, en somme. 

    Mais la patte de Yamamoto se retrouve dans son application de la philosophie japonaise, entre autre, le zen et le wabi-sabi : irrégularité, imperfections, effilochés, mais aussi dans les techniques comme les manteaux coupés à plat, les volumes enveloppants… Des caractéristiques qui ne sont pas de simples effets esthétiques, mais bien des manières de voir et d’ouvrir les possibilités vestimentaires.

    Un vestiaire intuitif

    Pour son défilé automne-hiver 2026-2027, le designer a présenté des silhouettes fluides, dont de nombreuses étaient inspirées du kimono, mais libérées de ses formes structurées. Si la saison dernière, le jeu de nouage était au cœur de sa réflexion, cette fois, les vêtements épousent le corps sans le contraindre, privilégiant un flottement naturel, permis par la richesse de son travail de matière. Coton, flanelle, jacquard, velours, dentelle, maille… Une mode intuitive et poétique renforcée par la présence de références à Hokusai,le chantre de l’estampe japonaise. 

    Faut-il y voir une forme de nostalgie ? Pas de réponses évidentes avec le travail de Yohji Yamamoto. Pour sa finale, cinq silhouettes font résonner de leurs pas leurs sandales Geta, ces chaussures traditionnelles à la voûte surélevée. Un moment suspendu où tradition et modernité se font face, célébrant la persistance d’un Japon poétique au cœur de Paris.

    Tous les looks Yohji Yamamoto automne-hiver 2026-2027