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Faut-il faire confiance aux recommandations culturelles des stars ?
Que soit sur des plateformes comme Substack, Letterboxd et Instagram ou à travers des podcasts et des newsletters, de plus en plus de stars passent de l’autre côté (de la lumière à l’ombre) pour s’improviser chroniqueuses ou journalistes. Mais peut-on leur faire confiance ? Tour d’horizon de trois stars de la musique et du cinéma dont les prescriptions culturelles sont tout à fait convaincantes.
par Violaine Schütz,
et La rédaction.
Publié le 15 janvier 2026. Modifié le 27 avril 2026.
Dua Lipa et Service95, sa newsletter très pro
Comme Kourtney Kardashian avec son blog Poosh,Drew Barrymore avec son magazine Drew, ou encore Gwyneth Paltrow avec son empire Goop (qui a débuté sous forme de newsletter), Dua Lipa est, depuis 2021, à la tête d’un projet autour du lifestyle. Intitulée Service95 (en référence à son année de naissance et à l’expression “être au service de”), la newsletter gratuite de la chanteuse lancée s’avère être une proposition éditoriale de plus en plus aboutie.
La star de la pop britannico-albanaise et kosovare âgée de 30 ans y partage ses propres conseils, bons plans, habitudes et bonnes adresses, sur des thèmes allant du voyage à la musique, en passant par le bien-être, les restaurants, la littérature et le quotidien. Cette newsletter met un point d’honneur à partager le travail et le point de vue de plusieurs militants sur différentes causes, grâce à des tribunes libres et des entretiens approfondis.
Dua Lipa met aussi en avant des artistes émergents et engagée via un podcast intitulé At Your Service, dans lequel la chanteuse interviewe des musiciens, des artistes ou encore des acteurs. Et elle est très convaincante et à l’aise dans le rôle de l’intervieweuse surtout lorsqu’elle s’entretient avec ses confrères : Billie Eilish, Troye Sivan, Jennie… On peut aussi suivre les yeux fermés les prescriptions littéraires de son book club lancé en 2023, qui ne se contente pas de mettre des best-sellers en lumière. Dua Lipa sera d’ailleurs la curatrice d’un prestigieux festival littéraire, le London Literature Festival 2026, qui se tiendra au Southbank Centre de Londres du 21 octobre au 1er novembre 2026.
Charli xcx, prescriptrice culturelle de luxe accro à Substack et Letterboxd
Le réseau de newsletters Substack ne séduit pas seulement les journalistes. On peut y découvrir des écrits de Troye Sivan, Dolly Parton, Rosalía, Pamela Anderson, Lena Dunham ou encore Patti Smith. Et depuis peu, la Brat Girl Charli xcx a débarqué sur la plateforme. Elle y a publié quelques essais intéressants, dont un évoquant les difficultés d’être une pop star. Dans un texte intitulé The realities of being a pop star, la chanteuse britannique parle des jugements difficiles portés sur les artistes. Elle explique notamment que lorsqu’on est un sex-symbol devient rapidement “une p*te”, quand on est anarchiste, on est alors “une p*tain de droguée”, et si on est intelligent, on sera sans doute qualifié de “prétentieux”.
La chanteuse précise que ces qualificatifs concernent surtout les femmes. On peut en effet lire sur son Substack : “On nous conditionne encore à haïr les femmes, à nous haïr nous-mêmes et à nous en prendre aux femmes si elles sortent du moule bien rigide dans lequel la perception publique les a enfermées. Je pense qu’inconsciemment, on croit encore que les femmes ne peuvent être que d’une certaine manière et que, une fois qu’elles s’identifient à une certaine façon d’être, elles n’ont pas intérêt à évoluer, à changer ou à se transformer.”
Sur un ton plus humoristique, la star prend également la parole sur le site préféré des cinéphiles, Letterboxd. Elle y note ses films fétiches et dévoile de mini chroniques des longs-métrages qu’elle a vus. Parmi les coups de cœur de celle qui va enchaîner en 2026 les projets en tant qu’actrice, on trouve Céline et Julie vont en bateau (1974), The Addiction (1995), Maps to the Stars (2014), Phantom Thread (2017), Frankenstein (2025), Marty Supreme (2026). Autant de choix éclairés qui lui confèrent une vraie crédibilité cinématographique.
Reese Witherspoon à la tête d’un book club inspirant
Emma Roberts, Dua Lipa, Kaia Gerber, Dakota Johnson, Florence Welch, Oprah Winfrey… Nombreuses sont les stars à avoir lancé un book club, rendant le concept du club de lecture beaucoup plus branché et séduisant. Mais c’est sans doute l’actrice Reese Witherspoon qui est à la tête du plus influent d’entre eux : le Reese’s Book Club qui compte plus de 3 millions d’abonnés sur Instagram (la star en compte de son côté 30 millions). L’héroïne des séries Big Little Lies The Morning Show (depuis 2019) choisit chaque mois – depuis 2017 – un roman centré sur un personnage féminin. Un personnage qui va souvent faire preuve de résilience face aux épreuves du destin.
Et non seulement, la star du film La Revanche d’une blonde (2001) aurait un vrai impact sur les ventes de livres dans son pays, mais en tant que productrice, sa puissance permet aussi à des ouvrages d’être adaptés sur les écrans. Avec sa société de production Hello Sunshine, elle a par exemple coproduit l’excellente adaptation en série du livre très rock Daisy Jones & the Six de Taylor Jenkins Reid mettant en scène Riley Reough. Le page turner l’avait tant passionnée qu’elle souhaitait le voir prendre vie.
Le fait que Reese Witherspoon, l’une des actrices les mieux payées d’Hollywood, qui est également productrice et femme d’affaires, ait choisi le monde prestigieux des livres pour cristalliser sa puissance, n’est pas un hasard. Perçue à ses débuts comme une jeune ingénue blonde et insouciante (destinée à éternellement jouer dans des rom coms) en raison de poupée de son allure et de sa chevelure blonde, la star a fait taire les préjugés autour du mythe sexiste de la “ravissante idiote américaine.”