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Avec la claque Marty Supreme, Timothée Chalamet mérite amplement un Oscar
Promotion délirante, actrice oscarisée au casting, implication phénoménale de Timothée Chalamet… Le film Marty Supreme de Josh Safdie produit par le studio A24 sera sans aucun doute l’un des succès culturels les plus bondissants de 2026. Et cela est en grande partie dû à la partition énergique de son acteur principal.
par Violaine Schütz.
Publié le 13 août 2025. Modifié le 16 février 2026.
La campagne promotionnelle folle de Marty Supreme
Marty Supreme n’est pas encore sorti (il arrive enfin en France ce mercredi 18 février 2026) mais il y a fort à parier que ce sera l’un des événements culturels de l’année 2026. L’une des raisons premières, c’est que le nouveau film de Josh Safdie (Uncut Gems) produit par A24 bénéficie d’une promo XXL.
Il y a d’abord une veste portant le nom du champion de ping-pong incarné dans le film par Timothée Chalamet qui a été portée par des célébrités (Tom Brady, Michael Phelps, Kris Jenner, Frank Ocean, Kendall Jenner, Kid Cudi) et qui s’est arrachée lors de pop-up à New York, Los Angeles, Londres et Paris (le 4 février 2026). Vendue 250 euros lors des événements, la veste imaginée par la marque Nahmias et A24 est proposée jusqu’à 2500 euros sur Vinted et ailleurs.
Autre élément clé de la promo ? La couleur orange. La teinte est celle des balles de ping-pong qu’avait demandé de créer Marty Mauser (un personnage inspiré du vrai pongiste Marty Reisman) à l’un de ses amis. Si Barbie (2023) a misé sur le rose, Marty Supreme fait du orange son emblème. Timothée Chalamet et Kylie Jenner sont notamment apparus en ensembles coordonnés Chrome Hearts de cette couleur sur le tapis rouge de l’avant-première du long-métrage à Los Angeles, en décembre 2025.

La frénésie Marty Supreme a envahi Paris
Parmi les autres moments clés destinés à promouvoir le biopic, il y a aussi eu un dirigeable orange qui a survolé Los Angeles, une expérience Airbnb à New York, un duo avec le rappeur EsDeeKid ainsi qu’une fausse réunion virtuelle dans laquelle Timothée Chalamet exposait à l’équipe marketing des idées extravagantes pour faire parler du projet. Mais aussi la présence de l’acteur au sommet de la sphère de Las Vegas (il est la première personne à apparaître au sommet de ce lieu) transformée en balle de ping-pong géante. Tout au long de la promo, des hommes flanqués de balles de ping-pong sur la tête ont d’ailleurs accompagné la star.
La frénésie Marty Supreme a même atteint Paris début février avec une avant-première au Grand Rex enflammée, un pop-up assailli par les fans et une apparition de l’acteur dans un club disposant de tables de ping-pong. Dans la continuité, le cinéma parisien L’Arlequin diffusera en février 2026 le film en pellicule 70mm (ce sera la seule copie disponible en Europe). Le lieu proposera aussi des animations telles que des tables de ping-pong, une soirée beer pong, ou encore, un concours de sosies de Timothée Chalamet…
“La capacité d’attention des gens est si faible aujourd’hui… Comment faire pour les convaincre d’aller au cinéma plutôt que d’attendre de le streamer illégalement ?” Timothée Chalamet
Cette campagne marketing épique qui correspond parfaitement au mantra du héros de Marty Supreme : Dream Big. Dans une interview accordée à Première, le comédien ambitieux (qui adopté la démesure de son personnage IRL pour donner aux gens envie de regarder le film) justifie ainsi ce battage médiatique : “C’est plus que de l’implication, en réalité : c’est un mode de vie. Parce que c’est ce qu’exige l’époque. La capacité d’attention des gens est si faible aujourd’hui… Comment faire pour les convaincre d’aller au cinéma, de dépenser de l’argent pour voir un film, plutôt que d’attendre de le streamer illégalement, ou qu’il soit disponible sur Netflix ? (…) J’ai un public, alors je l’interpelle, et je me donne à 150 %.”
Un film fantasque et azimuté
Mais au-delà du battage médiatique, que vaut vraiment le film ? Le long-métrage suit, à un rythme effréné, le parcours mouvementé, délirant et loufoque de Marty Mauser, un personnage inspiré de Marty Reisman, pongiste juif new-yorkais d’origine modeste qui a réellement existé. Dans les années 50, ce jeune joueur de ping-pong mégalo et arrogant à l’ambition démesurée se lance dans une course folle pour contrer le déterminisme social. Le jeune homme est bien décidé à ne pas vendre des chaussures pour son oncle durant toute sa vie.
Et il est prêt à tout pour réaliser son rêve – devenir le plus champion du monde en battant son concurrent lors d’un tournoi au Japon -, jusqu’à maltraiter son entourage, se livrer à de petites arnaques et se montrer franchement impitoyable et déloyal. Josh Safdie (marqué par un scandale autour d’une scène explicite tournée pendant le film Good Time) dépeint avec virtuosité le milieu juif populaire du New York d’après-guerre marqué par l’holocauste.

Le meilleur rôle de Timothée Chalamet
Mais la plus grande force du fantasque et azimuté Marty Supreme (en dehors de sa BO démente portée par Daniel Lopatin, New Order, Tears for Tears et Alphaville et de sa superbe photographie), c’est son acteur principal, Timothée Chalamet, l’un des comédiens fétiches de la Gen Z, complétement déchaîné dans ce long-métrage. Il incarne avec intensité ce champion américain de tennis de table new-yorkais arriviste et baratineur qui délaisse sa petite amie enceinte et séduit une actrice plus âgée. Selon le comédien, ce personnage ressemble beaucoup à celui qu’il était adolescent quand il rêvait absolument de réussir et de faire de grandes choses.
L’acteur – métamorphosé et enlaidi dans ce film plein d’adrénaline – tient ici l’un des rôles phares de sa carrière en se montant aussi irritant qu’attachant. En effet, il s’est beaucoup impliqué (durant six ans) dans cette incarnation survoltée et euphorisante d’une icône contre-culturelle des années 50 en s’entraînant d’arrache-pied et embarquant une table lors de ses tournages et de ses voyages pour maîtriser à la perfection la raquette de ping-pong.
Un acteur bien parti dans la course à l’Oscar
Aussi, lors d’une scène dans laquelle il reçoit des fessées avec une raquette de ping-pong, celui qui coproduit le film a refusé qu’une doublure prenne place. Avec sa performance louée par les critiques de cinéma américains (qui parlent de ressemblances avec le Leonardo DiCaprio du Loup de Wall Street, Al Pacino, Robert De Niro et Dustin Hoffman), il pourrait repartir avec un Oscar et donnait envie au monde de pratiquer ce sport.
À ses côtés, on retrouve l’émouvante Fran Drescher (Une nounou d’enfer) dans le rôle de sa mère inquiète pour son fils, le rappeur et designer Tyler, The Creator (parfait) dans la peau de l’un des amis du héros qui joue lui aussi au ping-pong, le cinéaste Abel Ferrara en mafieux qui cherche son chien et l’étoile montante Odessa A’zion (I Love LA), qui incarne sa petite amie qui tombe enceinte de lui alors qu’elle est mariée à un autre. Aussi, Robert Pattinson a prêté sa voix à un commentateur de l’un des matchs de ping-pong.

Un smash suprême pour Gwyneth Paltrow
Autre belle surprise ? L’iconique Gwyneth Paltrow, 53 ans, qui a tourné pour Wes Anderson, Steven Soderbergh, James Gray, Paul Thomas Anderson et David Fincher, fait son grand retour au cinéma dans Marty Supreme. Ces dernières années, on a surtout entendu parler d’elle pour ses émissions controversées (notamment autour du sexe) sur Netflix et pour son empire lifestyle et beauté nommé Goop.
Son dernier rôle remontait ainsi à 2019, quand elle apparaissait dans Avengers : Endgame sous les traits de Pepper Potts. L’actrice a même avoué ne plus vouloir jouer de premiers rôles pour se consacrer pleinement à sa marque. Elle allait jusqu’à confier que seul son partenaire à l’écran dans ce blockbuster, Robert Downey Jr, aurait pu lui donner envie de retourner sur un plateau.
Mais la star sort enfin de sa retraite cinématographique… Et ce, de manière audacieuse. En effet, elle incarne ici – avec une dimension méta – une actrice-diva has been mariée à un magnat des finances à la tête d’une entreprise de stylos qui fait son retour au théâtre. Et elle ose des scènes très érotiques avec Timothée Chalamet. Au final, si l’haletant, fébrile, chaotique et excessif Marty Supreme manque un peu de moments émotionnels et de temps calmes, il nous emporte grâce à ses performances d’acteur démentes et énergiques et à sa folie.
Marty Supreme de Josh Safdie, au cinéma le 18 février 2026.