4
4
Hando Champs‑Élysées, l’art du handroll japonais à son apogée
Avec Hando Champs-Elysées, le restaurant spécialisé dans les handrolls voit les choses en grand. Tour d’horizon de cette quatrième et nouvelle adresse où la gastronomie nippone rencontre l’artisanat.
par Léa Zetlaoui.
Publié le 4 mai 2026. Modifié le 6 mai 2026.

Il aura fallu moins de quatre ans aux équipes d’Hando pour s’imposer sur la scène gastronomique parisienne. Depuis l’ouverture d’un premier comptoir à handrolls rue de Sèvres en décembre 2022, jusqu’à l’inauguration, ce lundi 4 mai 2026, de leur adresse rue Pierre Charron, l’ascension a été aussi rapide que bien exécutée.
Entre-temps, Adrien Albou, directeur artistique d’Hando, et ses trois associés, Le Cheng, Marlon et Mendel Lévi, se sont établis rue Danielle Casanova, à deux pas de la place Vendôme, puis dans le Marais, rue de Bretagne. Chaque fois, avec succès.
Au cœur du prestigieux Triangle d’or, ce nouveau lieu consacre ainsi le succès d’une aventure culinaire qui n’a pas fini de s’écrire. Numéro vous dit tout de ce nouveau restaurant où la gastronomie japonaise rencontre l’art de vivre à la française.

Hando Champs-Élysées, un écrin artistique
Avant que le 63 rue Pierre Charron n’accueille Hando, une autre institution japonaise a fait, durant vingt ans, le prestige du quartier : Kaiten. La passation, qui s’est opérée il y a quelques mois sous les meilleurs auspices, rappelle qu’ainsi va la vie, faite de cycles et de renaissances. Et tandis que pour l’un, un chapitre se ferme, l’autre écrit les nouvelles lignes de son histoire.
Mais en s’installant à deux pas de la plus belle avenue du monde, il faut être à la hauteur de ses ambitions. Et là où les trois premières adresses misaient sur la sobriété et la légèreté, Hando Champs-Élysées s’inscrit dans un registre plus ambitieux. Bien entouré par le studio Friedman & Versace, Adrien Albou métamorphose un simple restaurant en écrin artistique où dialoguent design, artisanat et savoir-faire d’exception.

Design, artisanat et kimono vintage
Chez Hando Champs-Élysées, l’expérience sensorielle débute avec le regard, puis le toucher. Dans la vitrine accolée à la porte, un trône noir monumental signé Jean-Guillaume Mathiaut. Ce discret artiste spécialisé dans le travail du bois a également réalisé au sein du restaurant une sculpturale bibliothèque peuplée de samouraïs, niché aux côtés d’alcôves intimistes.
Puis, il faut lever les yeux pour admirer, autour d’un bar central, une fresque peinte à la main sur feuille d’argent par Shinsuke Kawahara. Installé à Paris depuis les années 80, cet artiste japonais, qui collabore notamment avec la maison Hermès, invite son iconique lapin Petit Usagi dans un univers abstrait et onirique.
Enfin, dans ce paysage harmonieux de marbre blanc, onyx miel et velours cognac, le mobilier se voit aussi égayer d’une jolie touche fantaisiste tandis que des kimonos vintage, chinés au Japon par Adrien Albou en personne, viennent recouvrir les tabourets du bar. Une fois installé, place à l’essentiel : la dégustation.


Une cuisine japonaise créative et incarnée
Il y a à peine quelques jours, un article publié par Le Monde expliquait comment Paris est devenue la capitale des grands maîtres sushi. Bien avant que la capitale française ne devienne un haut lieu de la gastronomie nippone, le restaurant Takara, ouvert en 1958 et situé rue Molière, s’imposait déjà comme une institution incontournable. Et c’est ici que Chiharu Takada a fait ses armes durant sept ans, avant de devenir la cheffe exécutive d’Hando en 2023.
Si, rue Pierre‑Charron, le handroll – ce met né en Californie, à la croisée du maki et du temaki – règne toujours en maître, la carte s’enrichit aujourd’hui de nouvelles créations et, surtout, de nouvelles saveurs. Première nouveauté, le bœuf de Kobe, cette viande persillée originaire de la ville homonyme, dont la réputation n’est plus à faire. Proposé en handroll ou en nigiri délicatement chauffé au binchotan (autre spécialité maison), il déploie sa texture fondante et gouteuse à chaque bouchée. Tout aussi délicats, les aubergines au miso, la salade de sole en tempura ou un exceptionnel toro katsu, du thon gras subtilement pané à déguster avec les doigts.

L’art de la table sur-mesure
Enfin, à l’instar des précédentes adresses, un soin tout particulier est accordé à la vaisselle. D’un côté des assiettes épurées créées en exclusivité par Suzie Lapierre d’Argy du studio Forma. De l’autre, des petits plats décorés de dessins ludiques signés par le céramiste traditionnel Shiro Shimizu. Et si vous osez un des cocktails, il sera servi dans un des verres fantasmagoriques réalisés par Justine Menard.
Maintenant que l’on vous a dévoilé tous les secrets d’Hando Champs‑Élysées, il ne vous reste plus qu’à réserver une table au sein de ce nouveau restaurant japonais incontournable. Ou à espérer trouver une place libre entre deux services, puisque le restaurant est ouvert en continu du midi jusqu’au soir.
Hando Champs-Élysées, 63, rue Pierre Charron, Paris 8e.