All COLORS, no genres”. La devise de la plateforme COLORS fait désormais autorité dans le milieu de la musique. Depuis février 2016, elle fait défiler les artistes émergents comme les stars les plus prisées dans son studio berlinois. Le concept est simple : un artiste, une couleur, une chanson. De Jorja Smith à Mac DeMarco en passant par Angèle : en moins de cinq ans, A COLORS SHOW est devenu un rite de passage presque inéluctable pour tout artiste cherchant à gravir les marches du succès. Néanmoins, si COLORS peut se vanter de ne mettre aucune limite dans les genres, force est de constater que la plateforme ne s’était jamais aventurée au-delà du terrain musical. Jusqu’à aujourd’hui.

 

Ce jeudi 25 juin, l’humoriste français Fary inaugure la toute première session COLORS non-musicale. Seul devant un fond bleu, il interprète pour la première fois son texte Faciès, écrit peu avant les récents évènements aux États-Unis et la résurgence du mouvement Black Lives Matter, sur son expérience du racisme en tant que noir en France. Avant même que la vidéo ne soit diffusée, les commentaires pleuvaient déjà : “Mais c’est un comédien ! Il chante aussi ?”, “Wesh c’est une blague ! J’ai bégayé en le voyant”, “Mdr Fary va nous lâcher un freestyle ?” peut-on lire dans la section commentaire. Les internautes ont de quoi être interpellés : cet écart de COLORS, véritable institution dans la musique, est-il exceptionnel ? Ou bien Fary n’est-il que le premier à tracer la route d’une ouverture du média, vers des formats plus diversifiés ?