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10 Juin

Les 5 vies de Chiara Mastroianni

 

Hier soir, Canal + diffusait “Chambre 212” de Christophe Honoré, dans lequel Chiara Mastroianni partage l’affiche avec Benjamin Biolay et Vincent Lacoste. L’occasion de faire le point sur la carrière de l’actrice, depuis ses débuts enfant chez Claude Lelouch jusqu’à son dernier rôle dans “La Fille au bracelet” de Stéphane Demoustier, en passant par Claire Denis, André Téchiné ou encore Alice Winocour.

Par Margaux Coratte

Chiara Mastroianni dans “Un conte de Noël” d'Arnaud Desplechin (2008).

Fille de l’actrice française Catherine Deneuve et de l’acteur italien Marcello Mastroianni, la petite Chiara avait tout pour faire des débuts fracassants au cinéma. En 1979, alors qu’elle n’a que 7 ans, elle fait une apparition coupée au montage auprès de son père dans La Cité des femmes (1979) de Federico Fellini. La même année, on la voit pour la première fois à l’écran dans À nous deux de Claude Lelouch. Mais si l’actrice est aujourd’hui l’un des visages les plus familiers du cinéma français, ce n’est certainement pas pour ses caméos enfantins. Devenue depuis la muse de Chistophe Honoré, cette dernière a multiplié les collaborations avec Arnaud Desplechin et Raoul Ruiz, tourné avec Gregg Araki, Bruno Podalydès, Valeria Bruni Tedeschi ou encore Matthieu Demy. Retour sur 5 rôles qui ont façonné sa carrière.

Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) - Bande annonce

1. Un “cul magnifique” dans Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle) d’Arnaud Desplechin (1996)

 

La première fois que Chiara crève l’écran sans qu’un de ses parents ne partage l’affiche avec elle, elle est au bras de Thibault de Montalembert. Ce dernier, dans le rôle de Bob, dit à son cousin qu’il souhaite la quitter. Et pourtant, “elle a un cul magnifique, tu ne peux pas la quitter” lui réplique-t-il. Si le film flanque ainsi l’actrice dans un rôle plutôt mineur – on ne la voit jamais seule ni échanger un mot avec un autre personnage que les deux cousins –, elle incarne une beauté vestale dont on ne peut détourner les yeux. Sa présence vient illuminer un casting déjà impressionnant (Mathieu Amalric y fait face à Emmanuelle Devos, Jeanne Balibar, Marion Cotillard et Bruno Podalydès) et son rôle apporte toutefois un élément clé de l'intrigue, puisque les fameux cousins s’accordent pour quitter leurs copines respectives au même moment. Il faudra ensuite attendre 12 ans pour qu’Arnaud Desplechin fasse de nouveau appel à l’actrice pour le magnifique Un conte de Noël (2008).

“Nowhere” de Gregg Araki (1997).

2. Une sadomasochiste nympho dans Nowhere de Gregg Araki (1997)

 

Sixième film du réalisateur américain connu pour ses fictions queer déjantées et trash, Nowhere est certainement le film le plus transgressif dans lequel Chiara Mastroianni ait joué. Contrastant fortement avec tous ses précédents rôles, elle y fait de brèves apparitions en perruque brune et tenues de latex ultra moulantes. Dans la peau de Kriss, une lesbienne adepte du sadomasochisme, elle fait des avances à tout va au milieu d’un bestiaire adolescent punk où chacun se bat pour obtenir le meilleur rencard. “Quand Gregg Araki m’a appelé pour me proposer le rôle, j’ai cru qu’il se trompait de personne” a un jour déclaré l’actrice dans un entretien pour Allociné. Mais si le choix de casting de Gregg Araki peut en effet surprendre, il n’en reste pas moins jouissif et osé. Quoi de mieux qu’un accent français moulé dans une voix de velours pour représenter la décadence de la jeunesse américaine ?

“Le Temps retrouvé” de Raoul Ruiz (1999).

3. L’amour de Marcel Proust dans Le temps retrouvé de Raoul Ruiz (1999)

 

Deux ans après ses ébats licencieux aux États-Unis, Chiara Mastroianni renoue avec une culture française bourgeoise en incarnant Albertine, l’amour mystérieux du narrateur de la Recherche du temps perdu. Fort d’un casting de taille avec notamment Catherine Deneuve, Emmanuelle Béart, John Malkovich, Alain Robbe-Grillet, Melvil Poupaud ou encore Arielle Dombasle, le film plonge dans la vie mouvementée de Marcel Proust. Si très peu de cinéastes ont osé s’atteler au plus célèbre monument littéraire français, Raoul Ruiz signe, lui, un très bel hommage. Le réalisateur franco-chilien s’est d’ailleurs spécialisé dans les adaptations cinématographiques de romans célèbres – il a notamment porté à l’écran Les Âme fortes de Jean Giono, La Maison Nucingen d’Honoré de Balzac ou encore L’Île au trésor de Robert Louis Steveson.

“Les Salauds” de Claire Denis (2013).

4. Une femme désirante dans Les Salauds de Claire Denis (2013)

 

Avec ce film au titre particulièrement antipathique, Chiara Mastroianni se jette dans la fosse aux loups. Douxième long-métrage de la géniale réalisatrice d'Un beau soleil  intérieur et High Life, Les Salauds se pare d’une atmosphère électrisante par sa mise en scène austère et ses personnages crapuleux. Aux côtés de Vincent Lindon, Alex Descas et Lola Créton, l’actrice y incarne Raphaëlle Laporte, la femme d’un promoteur immobilier véreux impliqué dans une organisation pédophile. Très proche des ambiances sensuelles et brutales de David Cronenberg, le film enveloppe Chiara Mastroianni d’une aura mystérieuse. Son personnage, bien que froid et faussement vulnérable, parvient à habiter entièrement l’image et symboliser à lui seul le désir féminin.

“Chambre 212” de Christoph Honoré (2019).

5. Une libertine dans Chambre 212 de Christophe Honoré (2019)

 

Dernier film en date de Christophe Honoré, Chambre 212 a permis à Chiara Mastroianni de remporter un prix d’interprétation à Cannes dans la sélection Un certain regardTrès théâtral dans sa mise en scène et ses dialogues, ce huis-clôt brillant offre à cette dernière un rôle magistral autour duquel est centrée toute l’intrigue. Tiraillée entre son mari (interprété par Benjamin Biolay) et la version rajeunie de celui-ci (Vincent Lacoste), elle virevolte entre ses amants et l’ex professeure de piano de son époux (Camille Cottin) avec légèreté, hypnotisant chacun de ses interlocuteurs par son jeu virtuose.

 

Chambre 212 (2019) de Christophe Honoré, disponible sur myCANAL.

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