17 juin 2026

Pourquoi les WAGs nous fascinent (autant qu’elles divisent)

Le style des WAGs, les femmes de footballeurs et de sportifs, nous fait plus que jamais de l’œil depuis le début de la Coupe du monde 2026. Tour d’horizon des personnalités qui ont marqué la pop culture et lancé de multiples tendances, tout en faisant l’objet de moult critiques.

  • par Violaine Schütz.

  • L’acronyme WAG — pour Wives and Girlfriends — qui désigne les compagnes des sportifs professionnels, et plus particulièrement des footballeurs, est souvent employé avec un air de mépris. Pourtant, derrière ce surnom né dans les tabloïds britanniques au début des années 2000 se cache un véritable phénomène culturel. De Victoria Beckham à Georgina Rodríguez, en passant par Antonela Roccuzzo et Taylor Swift, les WAGs sont devenues des prescriptrices de tendances dont l’influence dépasse largement les stades.

    Les WAGs, des célébrités qui ne se réduisent pas à des femmes de sportifs

    Le terme explose lors de la Coupe du monde 2006 en Allemagne. Les médias britanniques suivent alors avec fascination les compagnes des joueurs de l’équipe d’Angleterre, photographiées dans les boutiques de luxe, les clubs privés et les tribunes VIP. Au centre de cette attention médiatique : l’iconique Victoria Beckham.

    Déjà célèbre grâce aux Spice Girls, l’épouse de David Beckham transforme l’image de la femme de footballeur. Elle ne se contente pas d’accompagner une star du ballon rond : elle est une célébrité à part entière qui va plus tard monter un empire mode. Son goût, dans les années 90 et 2000, pour les vêtements sexy, les sacs de luxe, les talons vertigineux, les coupes de cheveux audacieuses et les lunettes de soleil de créateur ont imposé un véritable style WAG.

    Victoria Beckham, la reine du style WAG

    À son apogée dans les années 2000, le style WAG repose sur une esthétique immédiatement reconnaissable : cheveux parfaitement coiffés, bronzage impeccable, robes moulantes, mini-jupes, logos apparents, bijoux imposants et sacs à logo. Une mode ostentatoire qui célèbre la réussite économique du football moderne. ll faut rappeler que les stars de ce sport ont commencé à gagner énormément d’argent à la fin des années 90 et surtout, dans les années 2000.

    Les maisons comme Chanel, Roberto Cavalli, Versace, Hermès, Prada, Dior ou Dolce & Gabbana deviennent alors les favorites de cette élite sportive. Les WAGs affichent une féminité assumée, souvent spectaculaire, à contre-courant du minimalisme et du normcore. Cette esthétique Y2K ostentatoire reflète notamment l’ascension de leur compagnon souvent parti de rien.

    Quand le WAG Core gagne du terrain

    Avec la Coupe du Monde de la FIFA 2026, sur TikTok et Instagram, le WAG Core fait fureur. Les jeunes générations redécouvrent les silhouettes des années 2000 de Victoria Beckham, Cheryl Cole, Elen Rivas, Alex Curran, Abbey Clancy et Coleen Rooney (les femmes de footballeurs phares de l’époque) : sacs XXL, lunettes de soleil oversize et griffées, mèches blondes, denim taille basse, bijoux dorés… 

    Dans un paysage encore dominé le quiet luxury, le retour de cette esthétique plus démonstrative apparaît comme une forme de réaction. Les codes WAG incarnent une mode spectaculaire et décomplexée qui refuse de s’excuser d’aimer les signes extérieurs de richesse.

    Ester Expósito, Georgina Rodríguez… Des femmes puissantes

    Si Victoria Beckham reste la référence absolue, une nouvelle génération de WAGs a émergé ces dernières années. Georgina Rodríguez, compagne de Cristiano Ronaldo, est devenue l’incarnation contemporaine du phénomène. Suivie par plus de 72 millions d’abonnés sur Instagram et star de sa propre téléréalité (la docu-série Netflix Je suis Georgina), elle impose un style très bling bling. Bruna Biancardi, la femme de Neymar, cumule plus de 15 millions de followers sur Instagram.

    De son côté, Antonela Roccuzzo, épouse de Lionel Messi, cultive une image plus discrète, mais tout aussi influente. Son style, plus épuré et accessible, séduit de nombreuses marques de mode et de beauté. Parmi les WAGs les plus scrutées, on trouve aussi Ester Expósito, l’actrice de la série Élite (2018-2024) qui aurait fait chavirer le footballeur Kylian Mbappé. Et Alexandra Malena Leclerc, l’épouse de Charles Leclerc, attire de plus en plus l’attention. Aujourd’hui, les WAGs ne dépendent plus de la presse people pour exister. Elles possèdent leurs propres audiences, leurs propres contrats publicitaires et parfois même leurs propres entreprises.

    Kim Kardashian, une WAG aussi influente que Lewis Hamilton

    Le phénomène a fini par dépasser le football. Certaines WAGs sont désormais plus célèbres que les sportifs auxquels elles sont associées. Victoria Beckham est devenue une créatrice reconnue. Shakira a longtemps éclipsé médiatiquement Gerard Piqué. Eva Longoria est sans doute plus connue aujourd’hui que Tony ParkerPamela Anderson était mondialement plus réputée qu’Adil Rami du temps de leur idylle. Aussi, Hafsia Herzi entretient une relation avec l’ancien coureur cycliste Nacer Bouhanni.

    Gisele Bündchen, Cheryl Cole, Ciara, Cardi B, Hilary Duff, Kendall Jenner, Khloé Kardashian, Irina Shayk, Linda Evangelista, Carrie Underwood et Gabrielle Union ont toutes été un jour des WAG’s sans se résumer à cette étiquette. Avant même que le terme existe, Marilyn Monroe était tombée amoureuse de Joe DiMaggio, célèbre joueur de baseball, affolant les paparazzi tant l’union du sport et du cinéma fait rêver.

    Taylor Swift, une superstar dans les gradins

    Plus récemment, la superstar Taylor Swift a fait couler beaucoup d’encre en apparaissant, dans des tenues de supportrice, lors des matchs de son futur époux, Travis Kelce, footballeur américain jouant au poste de tight end dans la NFL. Une alliance win-win qui passionne l’Amérique.

    On se demande aussi, dans le power couple formé par Kim Kardashian et Lewis Hamilton, lequel est le plus connu des deux. Leur relation attire en tout cas l’attention, car les deux personnalités sont des stars dans leur domaine. Il en va de même pour l’actrice Lyna Khoudri qui s’est mariée à Karim Benzema. Les deux célébrités sont tous les deux reconnus sur leurs terrains respectifs.

    Des personnalités très critiquées

    Mais si puissantes soient-elles, les WAGs sont pourtant souvent critiquées. Elles ont été la cible de nombreuses attaques (Victoria Beckham était victime de chants sexistes dans les stades), notamment lorsqu’une équipe perd un match. Très scrutées, on leur reproche beaucoup de choses (contradictoires). Ester Expósito a été accusée d’avoir dansé de manière trop sexy avec Bad Bunny lors de son concert.

    La présentatrice de télévision Wanda Nara, elle a été critiquée pour être sortie avec plusieurs footballeurs et avoir créé des tensions au sein de la sélection argentine. Dans un autre registre, Rima Edbouche, la femme d’Ousmane Dembélé, a aussi fait l’objet d’insultes racistes pour être apparue voilée sur la pelouse d’un match.

    Un sobriquet sexiste ?

    Aussi, le terme en lui-même reste controversé, des décennies après son apparition, car il est teinté toujours de misogynie, réduisant la personne à sa relation amoureuse dans son appellation même. La chanteuse Cheryl Cole, qui a fréquenté le footballeur anglais Ashley Cole, a expliqué que l’acronyme reléguait les carrières des femmes concernées au second plan. Et minimisait impact et leur personnalité. D’autres célébrités ont tenu le même discours en trouvant le vocable insultant.

    Pourtant, une chose reste certaine : les WAGs ont laissé une empreinte durable sur la culture populaire. Elles ont contribué à redéfinir les liens entre sport, célébrité et mode et elles ont transformé les tribunes des stades en véritables front rows et permis au football de gagner du terrain dans l’industrie du luxe.