22 mai 2026

Qui sont les favorites pour le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes ?

Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux, Virginie Efira… Dans un cru 2026 dominé par les actrices francophones, le choix du prix d’interprétation au Festival de Cannes 2026 s’annonce serré.

  • Par Olivier Joyard.

  • Qui remportera le prix d’interprétation féminine à Cannes ?

    Si le jury dirigé par Park Chan-wook pourrait bien sûr déjouer les pronostics, ce Festival de Cannes 2026 a vu les actrices francophones s’affirmer comme les grandes favorites d’une édition où les personnages féminins en recherche d’émancipation ont envahi les films. Qui créera la surprise ? Qui mettra toute la Croisette d’accord ? Nos pronostics avant la cérémonie de clôture prévue samedi 23 mai.

    Adèle Exarchopoulos intense dans Garance

    Palme d’or en 2013 pour La Vie d’Adèle – en compagnie de Léa Seydoux et Abdellatif Kechiche -, la star française n’a jamais remporté le Prix d’interprétation. Calibré pour la faire briller, le film de Jeanne Herry pourrait bien le lui offrir. Dans Garance, Adèle Exarchopoulos se glisse en effet dans la peau d’une jeune actrice de théâtre en difficulté qui admet peu à peu son problème avec l’alcool et va chercher à s’en sortir. Une performance habitée et intense, dans un film à grand sujet. Le cocktail idéal ?

    Garance de Jeanne Herry, au cinéma le 23 septembre 2026.

    Virginie Efira et Tao Okamoto bouleversantes dans Soudain

    Dans le beau film du subtil réalisateur japonais Ryūsuke Hamaguchi (Drive My Car, 2021), Virginie Efira trouve peut-être son plus beau rôle, en directrice d’EHPAD tentant de mettre en place une politique de soins humaniste pour les résidents dépendants. Face à elle, l’actrice japonaise Tao Okamoto joue une metteuse en scène de théâtre atteinte d’un cancer incurable. Avec une retenue fascinante, les deux femmes subliment la sororité et refont le monde en attendant la fin. Les voir monter ensemble sur la scène du Grand Théâtre Lumière serait donc une juste récompense.

    Soudain de Ryūsuke Hamaguchi, au cinéma le 12 août 2026.

    Victoria Luengo brillante dans Autofiction et L’Être aimé

    Présence passionnante dans deux films en compétition alors qu’elle montait pour la première fois les marches du Festival de Cannes, la trentenaire espagnole Victoria Luengo (découverte dans la série Antidisturbios, 2020) incarne une réalisatrice endeuillée en proie à des crises de panique dans Autofiction de Pedro Almodóvar, mais aussi une fille qui retrouve son père, réalisateur autoritaire, dans L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen. À chaque fois, la native de Palma déploie une partition très intériorisée qui ouvre ainsi grand les portes de l’imagination chez les spectateurs. Une outsider idéale.

    Autofiction (2026), de Pedro Almodóvar, en salle. L’Être aimé (2026), de Rodrigo Sorogoyen, en salle.

    Léa Seydoux au-dessus du lot dans L’Inconnue

    On ne voit pas comment le Prix d’interprétation féminine pourrait échapper à Léa Seydoux. Extraordinaire dans le film d’Arthur Harari, elle prête son corps à l’âme et aux sentiments d’une autre personne, un photographe joué par Niels Schneider. Film-vertige sur nos identités mouvantes, L’Inconnue est le plus beau trip de ce Cannes 2026, en partie grâce à la comédienne française. Si le film remporte la Palme d’or – les cumuls de prix sont interdits –, Léa Seydoux pourrait encore sortir une autre carte de sa manche. Grâce, notamment, à son interprétation très juste d’une femme dont le mari est accusé de pédocriminalité dans Gentle Monster de Marie Kreuzer.

    L’Inconnue d’Arthur Harari, au cinéma le 26 août 2026.

    Léa Drucker, phénoménale dans La Vie d’une femme

    Césarisée en février grâce à son rôle de policière incorruptible dans Dossier 137 (2025), Léa Drucker prouve une nouvelle fois durant ce Festival de Cannes qu’elle peut tout jouer, en endossant une blouse de chirurgienne dans La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet. Dans ce portrait en mouvement d’une quinqua surbookée, l’actrice brille tour à tour au bloc opératoire et dans l’intimité d’une chambre, quand son personnage rencontre une écrivaine qui la met face à son désir de changement. Du grand art, précis et incarné.

    La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet, au cinéma le 9 septembre 2026.

    Hafsia Herzi, hantée dans Histoires de la nuit

    Ce thriller familial adapté de l’écrivain Laurent Mauvignier se déploie comme unhome invasion movie, où une famille apparemment ordinaire est séquestrée le soir d’une fête d’anniversaire. Hafsia Herzi joue la mère dont le passé pourrait bien resurgir. Elle rappelle qu’elle est l’une des actrices françaises les plus fascinantes, en plus d’être une réalisatrice accomplie. Son film La Petite dernière a en effet offert à Nadia Melliti le Prix d’interprétation Féminine en 2025. Il n’y a qu’elle pour se hisser au niveau de Benoît Magimel comme elle le fait dans Histoires de la nuit.

    Histoires de la nuit de Léa Mysius, au cinéma le 16 septembre 2026.

    Takako Matsu sans effusions dans Quelques jours à Nagi

    Dans le rôle d’une sculptrice qui reçoit la visite de son ex-belle-sœur et finit par se lier avec elle, la japonaise Takako Matsu a illuminé le début du Festival. Et le film de Koji Fukada a d’ailleurs été présenté en premier dans la Compétition. Pourrait-elle finalement coiffer les autres au poteau ? Sans effusions, son rôle d’artiste qui prend le temps de connaître son modèle, jusqu’à remettre en cause sa conception de l’art, touche extrêmement juste. Une vision non démonstrative du jeu d’actrice dont le cinéma a toujours besoin.

    Quelques jours à Nagi de Koji Fukada, au cinéma le 7 octobre 2026.

    Les films sont présentés en Compétition au Festival de Cannes 2026.