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Gesaffelstein

Portrait de Mike Lévy, connu sous le nom de Gesaffelstein, producteur français de musique électronique dont l’esthétique industrielle et minimaliste s’est imposée sur la scène internationale à travers des titres marquants comme Nameless, Hate or Glory et Destinations.

Les débuts de Gesaffelstein

Gesaffelstein, de son vrai nom Mike Lévy, naît le 24 juin 1985 à Lyon, en France. Il découvre très tôt la musique électronique, attiré par ses textures sonores et son caractère expérimental. Dès l’adolescence, il s’intéresse aux synthétiseurs analogiques, aux séquenceurs et aux boîtes à rythmes, outils centraux de son travail. Cependant, il ne suit pas de formation académique en conservatoire. Au contraire, il apprend de manière autodidacte, par l’expérimentation, la pratique régulière et l’écoute attentive de différents courants musicaux, notamment la techno, l’EBM et l’electro industrielle, qui influenceront durablement son identité sonore.

Ainsi, ses influences sont multiples. Il s’inspire notamment de la techno, de l’electro industrielle, de l’EBM, mais aussi du punk et de la new wave des années 1980. Progressivement, il développe une esthétique sonore froide, minimaliste et rigoureuse. Cette approche devient rapidement un élément central de son identité artistique.

Création du projet Gesaffelstein

Vers 2008, Mike Lévy adopte le nom de scène Gesaffelstein. Ce pseudonyme associe la notion allemande de Gesamtkunstwerk (œuvre d’art totale) au nom d’Albert Einstein. Ce choix traduit une volonté claire : concevoir une œuvre globale, mêlant musique, image et performance scénique.

Dès lors, il commence à diffuser ses premières productions dans les circuits électroniques indépendants. Grâce à un son brut et mécanique, il se démarque rapidement. Contrairement à de nombreux producteurs de l’époque, il privilégie des structures simples, des rythmes lourds et une atmosphère sombre. Ainsi, il attire l’attention de la scène techno européenne.

Premiers EP et reconnaissance underground

En 2011, Gesaffelstein publie deux EP majeurs : Conspiracy Part I et Conspiracy Part II. Ces projets jouent un rôle déterminant dans sa carrière. En effet, ils imposent son style sur la scène électronique internationale. Le titre Viol devient rapidement l’un de ses morceaux les plus reconnus.

Par la suite, en 2012, il sort Conspiracy Remixes, un projet réunissant plusieurs producteurs influents. Grâce à cette exposition, il est invité à se produire dans de nombreux clubs et festivals en Europe, puis à l’international. Ainsi, il passe progressivement du statut d’artiste underground à celui de figure montante de la musique électronique.

Premier album : Aleph (2013)

Le 28 octobre 2013, Gesaffelstein publie son premier album studio, intitulé Aleph. Cet album constitue une étape majeure. Il synthétise plusieurs années de travail et affirme une direction artistique claire. Les morceaux sont courts, répétitifs et dominés par des sonorités industrielles.

Cependant, Aleph ne se limite pas à la techno pure. Il intègre également des éléments de funk électronique et de rythmiques dansantes. Grâce à cet album, Gesaffelstein acquiert une reconnaissance internationale. Il se produit alors dans les plus grands festivals et renforce son image d’artiste exigeant et mystérieux.

Collaborations internationales structurantes

Parallèlement à sa carrière solo, Gesaffelstein développe une activité importante de producteur. Dès 2013, il collabore avec Kanye West sur l’album Yeezus, en participant à la production de plusieurs titres. Cette collaboration marque son entrée dans l’industrie musicale américaine à grande échelle.

Ensuite, il travaille avec The Weeknd, notamment sur le titre Lost in the Fire, sorti en 2019, ainsi qu’avec Pharrell Williams sur Blast Off. Il collabore également avec d’autres figures majeures de la musique contemporaine. Ainsi, il parvient à adapter son univers sonore à des formats pop tout en conservant une identité forte.

Deuxième album : Hyperion (2019)

Le 8 mars 2019, Gesaffelstein sort son deuxième album, Hyperion. Cet album marque une évolution notable de son style. En effet, il s’oriente vers une musique plus mélodique et plus accessible. Les collaborations y occupent une place centrale, notamment avec The Weeknd et Pharrell Williams.

Retour à une esthétique sombre avec Gamma (2024)

Après plusieurs années de discrétion, Gesaffelstein annonce un nouveau projet en février 2024. Le 29 mars 2024, il publie son troisième album, Gamma. Ce disque est précédé par le single Hard Dreams, sorti le 1ᵉʳ mars 2024, en collaboration avec Yan Wagner.

Ainsi, Gamma marque un retour à une esthétique plus sombre et plus abrasive. Les rythmes sont lourds, les textures sonores industrielles et l’atmosphère volontairement oppressante. L’album est perçu comme une synthèse entre ses débuts techno et son expérience acquise dans la pop internationale.

Récompense aux Grammy Awards

Enfin, lors des Grammy Awards 2026Gesaffelstein reçoit le Grammy Award du meilleur remix (enregistrement non classique) pour son remix du titre Abracadabra de Lady Gaga. Cette distinction récompense son travail de producteur et de remixeur sur l’album Mayhem, projet sur lequel il a également collaboré avec Lady Gaga, aux côtés de Andrew Watt et Cirkut. Cette récompense marque une reconnaissance institutionnelle majeure de son influence musicale.

En définitive, Gesaffelstein s’impose comme un producteur singulier et durable. Grâce à une identité sonore forte, une évolution maîtrisée et des collaborations stratégiques, il a su traverser les scènes underground et grand public. Son œuvre occupe aujourd’hui une place essentielle dans l’histoire de la musique électronique contemporaine.