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Anamaria Vartolomei
Révélée très jeune puis confirmée par des rôles exigeants, Anamaria Vartolomei s’impose progressivement dans le cinéma européen. De My Little Princess (2011) à L’Événement (2021), jusqu’aux productions récentes, elle construit une filmographie marquée par des personnages complexes et une présence remarquée dans les grands festivals.

Les débuts d’Anamaria Vartolomei
Née le 9 avril 1999 à Bacău, en Roumanie, Anamaria Vartolomei grandit d’abord auprès de ses grands-parents avant de rejoindre ses parents en France dans son enfance. Ce déplacement géographique marque un premier cadre, entre deux cultures. Elle découvre le jeu très tôt, puis se forme au Cours Florent et à l’école Les Enfants Terribles. Rapidement, elle s’oriente vers le cinéma, sans passer par un parcours exclusivement théâtral.
Elle débute en 2011 avec My Little Princess d’Eva Ionesco. Elle y incarne Violetta, une enfant utilisée comme modèle par sa mère photographe. Le film montre une relation marquée par la domination et l’exposition du corps dans un cadre artistique. Le récit suit le quotidien de cette enfant, entre séances photo et tensions familiales. Ce rôle, tenu face à Isabelle Huppert, impose une présence directe à l’écran. Il installe aussi une première orientation vers des personnages inscrits dans des rapports de pouvoir.
Premiers rôles et continuité
Après ce premier film, elle enchaîne des rôles secondaires dans des univers variés. Dans Jacky au royaume des filles(2014) de Riad Sattouf, elle apparaît dans une société fictive où les rôles de genre sont inversés. Le film suit un jeune homme cherchant à épouser une dirigeante dans un système autoritaire. Elle y occupe un rôle secondaire, inscrit dans ce dispositif satirique.
Dans L’Idéal (2016) de Frédéric Beigbeder, elle évolue dans le milieu de la publicité et du mannequinat. Le récit suit un recruteur chargé de trouver un nouveau visage pour une marque de luxe. Elle participe à cet environnement marqué par l’image et la sélection des corps. En 2017, elle joue dans L’Échange des princesses de Marc Dugain. Elle y incarne Louise-Élisabeth d’Orléans, envoyée dans une cour étrangère dans le cadre d’un échange diplomatique entre la France et l’Espagne. Le film suit les conséquences de cet arrangement politique sur de très jeunes personnages.
Elle apparaît ensuite dans La Bonne Épouse (2020), situé dans une école ménagère en France, puis dans Just Kids (2020), où elle incarne une adolescente confrontée à une situation familiale instable. Dans ce dernier film, le récit suit deux jeunes livrés à eux-mêmes, entre absences parentales et responsabilités précoces. Ces rôles participent à une progression régulière, sans rupture, avec une présence croissante dans le cinéma français.
2021, reconnaissance avec L’Événement
En 2021, elle obtient le rôle principal dans L’Événement d’Audrey Diwan. Elle incarne Anne Duchesne, une étudiante dans les années 1960 confrontée à une grossesse non désirée. Le film suit précisément son parcours pour avorter clandestinement. Le récit montre les démarches administratives, les refus médicaux, les tentatives de solutions et les conséquences physiques de cette situation.
Le film se déroule dans un cadre universitaire, avec des scènes centrées sur les interactions avec des médecins, des camarades et des proches. Le personnage évolue progressivement vers un isolement. Le film ne propose pas de résolution simplifiée, mais suit un processus. L’Événement remporte le Lion d’or à la Mostra de Venise. En 2022, Anamaria Vartolomei reçoit le César du meilleur espoir féminin et le Lumière de la meilleure actrice. Cette reconnaissance modifie sa place dans l’industrie.
Diversification et projets récents
Après ce film, elle enchaîne plusieurs projets. Dans L’Empire (2024) de Bruno Dumont, elle participe à un récit mêlant science-fiction et satire. Le film met en scène un affrontement entre différentes forces dans un cadre inspiré du nord de la France, avec des éléments fantastiques. Elle s’inscrit dans un ensemble de personnages évoluant dans cet univers hybride.
En 2024, elle apparaît dans Maria de Jessica Palud. Elle y incarne Maria Schneider, actrice associée au film Le Dernier Tango à Paris. Le récit revient sur le tournage de ce film et sur les conditions dans lesquelles certaines scènes ont été réalisées. Le film se concentre sur les rapports de pouvoir entre réalisateurs et acteurs.
La même année, elle joue dans Le Comte de Monte-Cristo (2024), adaptation du roman d’Alexandre Dumas. Elle y interprète Haydée, personnage lié au parcours d’Edmond Dantès. Le film suit la trajectoire d’un homme injustement emprisonné qui met en place une stratégie de vengeance après son évasion. Le personnage de Haydée intervient dans ce dispositif, en lien avec le passé du protagoniste.
En 2025, elle participe à Mickey 17 de Bong Joon-ho. Le film suit un employé envoyé en mission sur une planète hostile, remplacé à chaque décès par une nouvelle version de lui-même. Ce projet marque une ouverture vers une production internationale en langue anglaise.
Cannes et actualité récente
Elle apparaît également dans L’Intérêt d’Adam (2025) de Laura Wandel, présenté à la Semaine de la critique à Cannes. Elle y incarne une mère confrontée à l’hospitalisation de son enfant pour malnutrition. Le film se construit autour des échanges entre cette mère et une infirmière, avec des décisions médicales et des tensions liées à la prise en charge de l’enfant. Elle poursuit avec plusieurs projets annoncés, dont La Bataille de Gaulle. Cette continuité témoigne d’un rythme de travail soutenu et d’une présence régulière dans des productions européennes.
Une trajectoire en construction
Anamaria Vartolomei construit une filmographie fondée sur des personnages confrontés à des situations précises. Elle passe d’un premier rôle marquant à une série de films où elle occupe des positions variées. Ses rôles s’inscrivent dans des contextes sociaux ou historiques identifiables, avec une attention portée aux interactions entre les personnages.
Son parcours se caractérise par une progression continue, entre cinéma d’auteur et productions plus larges. Elle travaille avec des réalisateurs issus de différents horizons et participe à des films présentés dans les festivals. Cette trajectoire s’inscrit dans une continuité, sans rupture marquée, avec une présence croissante dans le cinéma européen et international.