6 mar 2022

Pluie de laine au défilé Yohji Yamamoto automne-hiver 2022-2023

Pour présenter sa collection automne-hiver 2022-2023, Yohji Yamamoto a opté pour le somptueux décor de l’Hôtel de Ville de Paris. Dans la lenteur contemplative auquel le créateur japonais a habitué le public de ses défilés, les mannequins se succédaient sur le podium immaculé auréolé des dorures et immenses lustres, opposant à l’opulence un certain ascétisme d’une grande force mélancolique…

C’est avec le denim que le créateur choisit d’introduire son nouveau vestiaire. Cette fois-ci, le bleu marine du matériau se mêle au fameux noir des silhouettes Yohji Yamamoto alors que les blousons courts se superposent aux robes, les chemises dépassent sous les vestes ou accompagnent le volume des jupes. Découpes et asymétrie sont de mise dans les ensembles, appuyés par les foulards noués ou drapés le long des hauts, les cols détachés des vestes pour pendre dans le dos, ou encore les contrastes de densité dans l’assemblage de voiles très légers avec des flanelles et autres tissus plus épais.
 

Si la plupart des pantalons sont serrés et s’arrêtent au-dessus de la cheville, les silhouettes se montrent de plus en plus volumineuses, structurées par le drapé de popeline de coton au-dessus des larges chemises ou de la gabardine autour du col des longs manteaux noirs, les croisements d’un organza plissé sur les jupes, ou encore de larges doudounes décorées de broderies lilas. Après avoir dévoilé des manteaux ultra rembourrés aux airs de duvet, Yohji Yamamoto clot son défilé avec deux silhouettes impressionnantes d’une grande complexité technique : coiffées d’un parapluie d’où pendent des fils de laine, les mannequins s’y voient drapées dans des couches et des couches de maille cotelée ou torsadée qui semble avoir été découpée dans des pulls, pour un final nimbé d’un grand romantisme.