21
21
Le défilé Louis Vuitton s’empare de la Frick Collection à New York
Nicolas Ghesquière quitte les décors cossus du musée du Louvre pour voyager outre Atlantique, à New York, où il s’empare de la Frick Collection. Entre les tableaux de Vermeer et de Fragonard, les silhouettes de son défilé Croisière 2027 font à nouveau de Louis Vuitton l’une des maisons de mode les plus audacieuses du moment.
Par Camille Bois-Martin.
La Frick Collection, l’écrin prestigieux du défilé Louis Vuitton
De Los Angeles à Biarritz, en passant par New York, les grandes maisons de mode profitent de leur collection Croisière pour s’exporter en dehors de la capitale française. Quelques jours après Gucci, c’est en effet au tour de Louis Vuitton de faire vibrer la Grosse pomme en s’emparant de la mythique Frick Collection, ce mercredi 20 mai 2026.
Sur ses cimaises, des tableaux datés de la Renaissance au XIXe siècle deviennent ainsi le décor de ce nouveau vestiaire imaginé par Nicolas Ghesquière – dont l’imaginaire se nourrit de l’histoire de l’art, à l’instar du Louvre, où il présente habituellement ses créations prêt-à-porter à Paris. Fermée depuis 2021 pour rénovation, l’institution new-yorkaise célèbre ainsi sa réouverture en grande pompe et accueille une série de silhouettes ludiques et curieuses, signatures du créateur français.
Car les looks Louis Vuitton sont loin de nous laisser indifférents. Là où de nombreuses maisons de mode misent en effet sur des pièces commerciales et des castings haut de gamme afin de pallier un ralentissement de croissance du secteur (vente en baisse et coûts de production en hausse, comme le rapporte France Inter ce 20 mai), la marque parisienne semble, elle, prioriser son originalité.


Une collection Croisière 2027 ludique et audacieuse
Grâce au succès de la branche de maroquinerie, les vêtements conçus par Nicolas Ghesquière déploient en effet des coupes et des motifs surprenants, ancrés dans l’imaginaire foisonnant et dissident du designer. La palette chromatique de ce défilé ose ainsi des couleurs fluo, du jaune vif au rose fuschia, tandis que les coupes composent avec des plis façons origamis, des empiècements de cuir au style biker et des graffitis de passementerie ou des broderies de sequins proposant des versions inattendues de la dentelle traditionnelle. Les chaussures aussi sont saisissantes : les baskets et les bottines ont une allure futuriste et leurs formes sont presque impossibles à catégoriser.
Mais la force de Nicolas Ghesquière se trouve également dans cette capacité à allier originalité et désirabilité. Au sein de cette collection à mi-chemin entre les époques et les styles, il dévoile des vêtements et des accessoires contemporains et accessibles. Ainsi, on croise des sortes de collet monté du XVIIe siècle sur des hauts, des cardigans surbrodés et des bombers en satin et cuir.


Keith Haring sur des vêtements et accessoires
À l’instar d’une série de pièces conçues en collaboration avec la fondation Keith Haring qui irriguent ce défilé Croisière. Sur un haut en soie et une veste zippée, on découvre ainsi les personnages bigarrés de l’artiste américain, également déclinés sur des boucles d’oreille. Clou du spectacle : les sacs à main floqués des œuvres du plasticien, dont l’idée remonte aux archives de la maison.
En 1984, Keith Haring décore une valise Louis Vuitton des années 1930, et l’offre à son colocataire de l’époque. Il y a trois ans, la maison de mode française s’offrait cette précieuse mallette, qui devient aujourd’hui le point de départ de cette collection, arborée même par le tout premier mannequin. Suivent une panoplie de sacs – dont l’incontournable modèle Alma –ornés des motifs signatures de l’artiste. Ils feront, à coup sûr, le bonheur des collectionneurs.
Nicolas Ghesquière propose également des accessoires ludiques et expérimentaux. On découvre, sourire aux lèvres, une minaudière en forme de bouche d’incendie new-yorkaise, ou encore en forme de gants de boxe (assorti aux shorts boxeurs de cette collection), mais aussi imitant une petite colonne de style dorique – en écho à celle qui structurent la cour intérieure de la Frick Collection, où se tenait le défilé. La boucle est bouclée.

















