18 mai 2026

Gucci électrise Times Square pour son défilé Croisière

De l’autre côté de l’Atlantique, loin du strass et des paillettes du Festival de Cannes 2026, Gucci investit Times Square à New York. Privatisée pour l’occasion, l’emblématique place aux dizaines de grands écrans devient l’écrin du défilé Croisière par Demna. Entre références aux archives et pièces très commerciales, la collection parachève la vision du créateur pour la maison de luxe.

  • Par Camille Bois-Martin.

  • Publié le 18 mai 2026. Modifié le 21 mai 2026.

    Le défilé Gucci Croisière 2027 à New York.

    Un défilé Gucci organisé au cœur de Times Square

    À mesure que les équipes de Gucci installent les bancs du défilé, les grands écrans de Times Square, à New York, diffusent des images d’archives et des publicités de la maison de mode italienne. Gucci Aqua, Gucci Underwear, Gucci Viaggio, Gucci Automobili, Gucci Businesswear, Gucci Pets, Gucci High Jewelry… Bref, autant de lignes, réelles comme fictives, qui dessinent un art de vivre total, aussi flamboyant qu’exclusif.

    Alors que des stars comme Kim Kardashian, Mariah Carey et Kaia Gerber, prennent place, un casting tout aussi prestigieux s’active en coulisses… À l’instar de son premier défilé organisé à Milan en février dernier, Demna – qui dévoile ici sa quatrième collection en tant que directeur artistique – réunit en effet des visages iconiques du monde de la mode.

    Parmi elles, Amelia Gray, Gabbriette, Emily Ratajkowski, Anok Yai, Alex Consani, mais aussi Cindy Crawford, Tom Brady et Paris Hilton ont ainsi foulé ce podium new-yorkais. Une A-list qui attire finalement toute l’attention du public.

    À l’ère des réseaux sociaux et des mises en scène toujours plus spectaculaires — jusqu’à la privatisation de lieux emblématiques comme Times Square —, ce que le public retient d’une collection semble désormais relever davantage de l’événement que du vêtement lui-même. Sur Instagram et TikTok, les images de Paris Hilton, drapée dans une longue robe plissée jaune, ceinturée d’une large ceinture ornée d’un boucle au monogramme XXL aux couleurs de la maison, ont alimenté un flux incessant de contenus en ligne.

    Des stars dans les rangs et sur le podium

    Dans le sillage du passage de Kate Moss en robe-string il y a quelques semaines, ces célébrités éclipsent en effet le propos. Si elles permettent de faire le buzz, elles transforment la silhouette en évènement iconique. Et peuvent créer l’impression d’un déjà-vu lorsqu’elles sont alors reportées par la suite par les VIP et les clients de la marque. Le final, marqué par une apparition de Cindy Crawford en longue robe noire brodée de plumes, alimente d’ailleurs cette impression…

    Mais cette réunion de stars dans les rangs et sur le podium participe également à la construction du récit de Demna pour Gucci. Comme chez Balenciaga, le créateur géorgien façonne en effet une vision totale. Chez lui, la mode nourrit un art de vivre. De l’attitude aux voyages, en passant par les animaux (on pense aux célèbres chihuahuas de Paris Hilton) : rien n’est laissé au hasard. La femme Gucci appartient à un univers ancré et défini.

    GucciCore : l’attitude avant le vêtement

    Ici, il se traduit par des pièces aux coupes impeccables. Tels des manteaux droits et boutonnés tirés des fifties ou des pantalons de tailleurs taille basse inspirés des nineties. Mais il se compose aussi de pièces plus commerciales, imprimées notamment du célèbre double G. Ou encore de grosses fourrures, de ceintures et d’accessoires ornés de logos…

    La démarche et l’allure des mannequins construisent également cet “art de vivre” Gucci. Certaines défilent un Iphone à la main. D’autres le sac perché dans le creux du coude et la main posée sur la hanche. Cette attitude nonchalante, définie par une bouche en cœur et un regard hautain, alimente ce fameux GucciCore (titre accrocheur de ce défilé Croisière) que Demna martèle au fil de ses quatre premières collections pour la marque.

    À l’image de son court-métrage The Tiger, dévoilé pour son premier vestiaire en septembre dernier. La réalisatrice Halina Reijn y brosse le portrait d’une famille italienne incarnée par 38 personnages, chacun représentant un archétype contemporain. Elle proposait alors un aperçu incarné, soulignant que, chez Gucci, l’allure prime sur le vêtement.

    Vendeuse, la vision du créateur est empreinte d’une nostalgie. Celle de l’âge d’or glamour et sulfureux de la maison sous l’égide de Tom Ford à la fin des années 90. Mais saura-t-elle séduire les consommateurs actuels, friands, certes, de montrer leur appartenance à une marque de luxe, mais peut-être plus adeptes d’un style personnalisé et moins mainstream ? Le retentissement de cette collection présentée à New York ce dimanche semble déjà confirmer son futur succès