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Les chimères du défilé Schiaparelli haute couture
À l’origine du défilé Schiaparelli haute couture printemps-été 2026, une révélation esthétique : la découverte du Jugement Dernier de Michel-Ange par les yeux ébahis de Daniel Roseberry. En ressort une collection peuplée d’étranges créatures mode fascinantes…
Par Camille Bois-Martin.
Publié le 26 janvier 2026. Modifié le 10 février 2026.


Quand Michel-Ange pénètre l’univers de Schiaparelli
Comme chaque saison, Schiaparelli nous plonge dans un univers hanté de créatures anthropomorphes et de silhouettes fascinantes. Mais, à l’origine de son défilé haute couture printemps-été 2026, Daniel Roseberry évoque cette fois-ci une seule et unique inspiration : le plafond de la chapelle Sixtine peint par Michel-Ange au 16e siècle à Rome.
Alors que le créateur américain séjourne dans la Ville Éternelle à l’automne dernier, il découvre les plafonds bleus envahis de personnages et de monstres énigmatiques, dessinés il y a plus de 500 ans par le maître italien. “La réflexion s’arrête. Le sentiment prend le relai.” écrit-il ainsi, ému, à propos de cette rencontre esthétique dans sa note d’intention. “Cette révélation a influencé chaque partie de cette collection.” Son imagination s’est alors emballée, entraînant ses mains dans un tourbillon de croquis, “de traits nets et de gribouillis”. Jusqu’à progressivement dessiner les premières pièces de cette collection captivante.
Sur le podium, les mannequins s’avancent telles des chimères, tout droit sorties de l’esprit de Daniel Roseberry. Fouillant dans ses souvenirs émerveillés du Jugement Dernier de Michel-Ange, le créateur de mode conçoit ici un dard géant, là des dents de serpent. Des créatures haute couture fascinantes, dont on observe alors la démarche, ébahi – voire intimidé.


Les oiseaux de nuit de la collection haute couture printemps-été 2026
Loin des traditionnelles robes de tapis rouge, on découvre ainsi des looks façonnés en dentelle coupée à la main et travaillée en bas-relief pour lui offrir un aspect 3D, créant de la profondeur et de mystérieuses ombres. Les plumes qui ornent les vestes et les robes fuseau, véritables ou en soie trompe-l’œil, sont peintes à la main, imitant le geste du maître italien il y a près de cinq cents ans. Mieux : des couches de tulle fluo sont superposées sous la dentelle pour façonner un effet sfumato (technique picturale offrant au sujet des contours imprécis, dans le sillage des portraits de Léonard de Vinci).
Les silhouettes défilent comme autant d’oiseaux de nuit, libérés des rêves (ou des cauchemars) de Daniel Roseberry. Des sculptures réalisées à partir de plumes de soie (leur bec rendu à partir de résine et leurs yeux à partir de cabochons) émergent sur les accessoires de la collection.
Des ailes se déploient sur les dos des jupes et des robes, dans le sillage de la passion d’Elsa Schiaparelli pour les créatures de la mer et du ciel. À l’image de son obsession pour le homard ou de son tableau préféré, réalisé par Pablo Picasso en 1937, Oiseaux dans une cage. Ou encore de son amour pour le trou de serrure, symbole emblématique de la maison de mode : peut-être Daniel Roseberry est-il aujourd’hui parvenu à l’ouvrir, déverrouillant l’entrée d’un monde peuplé de chimères…

























