23 jan 2026

Au défilé Dries Van Noten flotte une délicieuse vague de nostalgie

Si, en 2025, Julian Klausner a brillé au fil de ses collections homme et femme, son second défilé masculin, imaginé pour l’automne-hiver 2026-2027, confirme à nouveau le talent du créateur.

  • Par Camille Bois-Martin.

  • Publié le 23 janvier 2026. Modifié le 11 février 2026.

    Une collection automne-hiver 2026-2027 empreinte de nostalgie

    Comme pour chacun de ses défilés Dries Van Noten depuis près d’un an, Julian Klausner accompagne sa collection d’une note détaillée et intime. Si, pour le printemps-été 2026 de la femme, il explorait son rapport à la mer, il évoque, cette saison, le délicat passage à l’âge adulte. Non pas de façon dramatique ou romantique, “mais afin de célébrer les joies des nouveaux départs“, le début de nouvelles aventures et des premières nostalgies. À l’image, notamment, des souvenirs et des sentiments que l’on attache à un vêtement : “le manteau d’un père, les imprimés floraux d’une mère, l’écharpe d’un frère ou d’une sœur, un pull que l’on adore ou une veste d’école qui ne nous va plus” écrit ainsi le créateur belge dans son communiqué.

    Autant d’idées poétiques auxquelles chacun peut s’identifier, et qui se retrouvent ainsi au sein de ce défilé automne-hiver 2026-2027. Les mannequins se succèdent et arborent des mix and match de motifs qui façonnent des looks quelque peu naïfs, ou qui semblent avoir été composés en fouillant dans l’armoire de plusieurs personnes. Ici une parka matelassée à motifs floraux, portée par dessus un cardigan et avec un jean. Là une écharpe tricotée et colorée accessoire un look plus formel composé d’un pantalon droit et d’une veste de costume. Bref, un travail de stylisme singulier, qui offre à cette collection une dimension intime et tout à fait désirable.

    Les looks délicieusement rétro du défilé Dries Van Noten homme

    Cette nostalgie flottante du défilé Dries Van Noten lui offre également une esthétique rétro, quasi vintage. Sur une musique de Maki Asakawa (Yo Ga Aketara 1969), qui nous évoque l’univers du jazz, les silhouettes imaginées par Julian Klausner ont une allure entre l’originalité et l’audace des sixties, et la décontraction des seventies. On adore les délicats peignoirs en soie, arborés avec des pantalons fluides imprimés du motif Paisley, autant que les trenchs en vinyle aux rebords recouverts d’un tissu floral.

    Les matières s’entremêlent au sein des looks comme sur les pièces : incontournable de ce vestiaire, les pantalons bi-matières envahissent le podium, dont la coupe droite et la taille haute en smock nous séduit immédiatement. Les manteaux ressemblent parfois à de vieux morceaux de plaids rafistolés pour former un vêtement, tandis que les capes et les vestes se dédoublent comme deux pièces cousues entre elles. Les tricots à manches courtes se portent par-dessus une chemise en satin, et des besaces remplies ponctuent les silhouettes, semblables à de jeunes diplômés prêts à affronter l’adversité, leur pull fétiche ou l’écharpe d’un être cher arboré comme un porte-bonheur ou comme un bouclier face à l’adversité.