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Quel fantasme se cache derrière le défilé Dries Van Noten ?
Chez Dries Van Noten, l’homme du printemps-été 2027 portera de la soie, des bretelles spaghetti et des vêtements vaporeux, dont la fluidité nourrira sa sensualité. Retour sur un défilé envoûtant.
Par Camille Bois-Martin.


Au défilé Dries Van Noten, un poème de Mallarmé et un brin de sensualité
Depuis son arrivée à la tête des collections de Dries Van Noten début 2025, Julian Klausner façonne un vestiaire fluide, envoyant valser les codes de la mode masculine au profit de pièces pointues et singulières. Exit les vestes de tailleurs étriquées, les chemises boutonnées et les couleurs sobres : le créateur belge dessine un vestiaire où les imprimés floraux côtoient des rayures, où la soie et le satin remplacent le coton ou le cuir. Déjà en janvier dernier dévoilait-il un défilé nourri de mix and match surprenants, et où les capes et les vêtements enfantins étaient légion.
Pour le printemps-été 2027, les manteaux et les tricots laissent ainsi place à des vêtements plus légers, marqués par des coupes aériennes et par une palette chromatique riche. “Nous avons commencé cette collection avec le désir de créer quelque chose qui évoque la légèreté et la délicatesse” écrit-il dans sa note d’intention.
En travaillant sur ce défilé Dries Van Noten printemps-été 2027, Julian Klausner découvre le poème L’après midi d’un faune, écrit par Stéphane Mallarmé en 1876. Alors qu’il dévore la prose de l’écrivain français, un univers se déploie dans son esprit : il se projette dans la peau du protagoniste de l’histoire, une créature mi-homme mi-animal, qui se réveille d’une longue sieste dans les bois…


Des vêtements délicats et légers pour le printemps-été 2027
Hagard, il ne sait plus si la ronde de nymphes qu’il a vue danser était un rêve ou la réalité. Il préfère alors s’abandonner à nouveau aux bras de morphée, dans l’espoir de les retrouver… Dans cet imaginaire onirique, le créateur belge puise ainsi la base de sa collection estivale : le flou d’un état somnolent se traduit ici dans les jeux de transparence et dans les détails scintillants des vêtements. Des motifs aux contours diffus évoquent ces souvenirs qui s’effacent, tandis que d’autres photoréalistes transposent des paysages et des fragments de nature sur des chemises et sur des vestes.
Délicate, cette collection Dries Van Noten propose ainsi une série de silhouettes douces et sensuelles, alternant entre du rose poudré ou du beige, entre des détails de dentelles et de broderie anglaise, entre de la soie et des laines légères, entre des bretelles spaghetti et des vêtements inspirés par la lingerie, entre des ballerines et des mini-shorts… Impossible, notamment, de résister au trench transparent de cette collection comme aux shorts et aux tank-top satinés décorés de sequins, ni même aux chemises fluides flottant au rythme de la marche des mannequins.
Le fantasme d’un homme libre
Toute la collection se déploie ainsi avec volupté, soufflant un vent de liberté semblable à une illusion. Sur le podium de Dries Van Noten, l’homme est libéré des codes étouffants de la mode masculine. Dans le sillage du défilé Dior et à rebours des mouvements masculinistes de plus en plus menaçants, Julian Klausner livre ainsi une vision douce et fluide, où les robes et les jupes n’appartiennent plus à un seul genre mais intègrent des vestiaires mixtes.
Plus d’un siècle après la publication du poème de Mallarmé, le créateur belge alimente un fantasme : celui d’un homme libre de se rêver nymphe ou explorateur, d’exprimer son désir et ses peurs – et de porter une nuisette comme un pantalon ample, quand bon lui semble.





