5 mars 2026

Chez Tom Ford, l’art de la séduction par Haider Ackermann

Ce mercredi 4 mars 2026, place Vendôme, s’est déroulé le défilé Tom Ford automne-hiver 2026-2027. Une prouesse d’élégance et de sensualité, signée Haider Ackermann.

  • par Louise Menard.

  • Une collection entre nonchalance et sensualité

    Glamour, sensuelle, féline : ainsi se résume la femme Tom Ford par Haider Ackermann. Après un défilé présenté lors de la Fashion Week printemps-été 2026, salué pour son porno chic fidèle à la grammaire de la maison, le créateur franco-colombien distille un vestiaire différent. Plus nonchalante que la précédente, cette collection oscille entre une puissante charge érotique et un désir nouveau de confort.

    Sur Instagram, Tom Ford annonçait la couleur de l’automne-hiver 2026-2027 en révélant, il y a quelques jours, des clichés grisants de la mannequin Kristen McMenany. Mise en scène façon Nymphomaniac (2013), film du disruptif Lars von Trier, la muse de la maison apparaît figée dans une contorsion jouissive sans équivoque. 

    Bref, le ton est donné… et pourtant, une fois le rideau levé, le défilé affiche une sagesse distinguée. Sous une lumière crue, qui tranche avec l’atmosphère sombre de la saison précédente, les silhouettes avancent d’un pas assuré. Les mannequins adoptent une démarche digne, parfois arrogante et troublante. Devant ce spectacle, les invités s’enthousiasment et découvrent une collection presque cérémonielle, frappée du sceau de Tom Ford.

    La grammaire Tom Ford s’affine

    Présentées sous la forme d’un court poème, les notes d’intention d’Haider Ackermann suggèrent plus qu’elles n’expliquent. “Approchez et voyez”, conclut-il. En d’autres termes : regardez par vous-même, observez avec attention et laissez vous guider par le vêtement. Manteau très Cruella, tailoring net au féminin comme au masculin, jupes crayon, talons hauts, collants fins siglés TF… L’ADN Tom Ford rayonne et ancre les codes de la maison un peu plus fermement dans l’imaginaire mode.

    Avec une pointe d’irrévérence, la taille s’abaisse et les chemises diaphanes se déboutonnent. Surprise : le PVC s’invite en quelques touches – appliqué à une veste ceinturée, sur un long manteau –, tandis que le denim se délave et se froisse, en contrepoint des silhouettes moulées de cuir qui règnent encore cette saison en variation (croco, lisse, brillant). Haider Ackermann nous le prouve une fois de plus : il excelle aussi bien dans l’art de la séduction que dans celui de la coupe, incisif sans être jamais poussif, sensuel sans jamais sombrer dans l’indécence. Parfaitement juste.

    Tous les looks du défilé Tom Ford automne-hiver 2026-2027