4 mars 2026

Comment le défilé Burc Akyol démystifie la Parisienne

Lundi 2 mars 2026, au premier jour de la Fashion Week à Paris, Burc Akyol s’attaque, avec son défilé automne-hiver 2026-2027, à une icône mode : la Parisienne. Alors, mythe ou réalité ?

  • Par Léa Zetlaoui.

  • La Parisienne, mythe ou réalité ?

    S’attaquer à la figure de la Parisienne en 2026 est sans aucun doute un pari risqué. Ce n’est pas le cas de Burc Akyol avec son défilé automne-hiver 2026-2027, qui, au 9e étage de l’Institut du Monde Arabe, livre une nouvelle vision de cette icône de mode.

    Objet de fantasme depuis la fin du XIXe siècle, la Parisienne fascine par son sens du style, certes. Mais aussi et surtout par son attitude, qui serait un mélange de mystère, de séduction et de nonchalance. Près de 150 ans après sa création, cette légende urbaine conserve toute sa force.

    Ainsi, une question demeure : la Parisienne est-elle un mythe ou une réalité ? À cette question que nous avons posée au créateur français d’origine turque à la fin de son défilé, celui-ci répond : “ La Parisienne se situe entre les deux. Elle est une chimère, ne pensez-vous pas ?”

    Obsession et fantasme d’un créateur

    Sept ans après avoir lancé sa marque, le créateur de mode avoue s’être enfermé dans sa propre histoire. Dédiant corps et âme à son art, il s’est perdu dans un labyrinthe de codes, d’histoires, de clichés et d’obsessions. C’est en voulant sortir de sa forteresse mentale qu’il a redécouvert ce mythe de la Parisienne. “En réalité, j’ai passé sept ans reclus, avec des images de la Parisienne. Et là, je ressors de nouveau afin de pouvoir confronter cette vision,” confie-t-il.

    L’émancipation a d’abord été mentale – sortir dans les rues de Paris, redécouvrir son architecture, son atmosphère unique… et bien sûr, ses habitantes. “Quand je suis arrivé, je n’avais pas les codes”, confie-t-il. “Je les acquis avec le cinéma, la musique, les images. Mais la plus Parisienne des Parisiennes, c’est Jane Birkin, qui était anglaise, ou Philippine Leroy-Baulieu, qui a grandi à Rome. Finalement, c’est ce cosmopolitisme qui fait que la Parisienne s’exporte aussi bien.”

    Burc Akyol, entre introspection et évolution

    Peut-on proposer une nouvelle version de la Parisienne, demande-t-on ? À lui de répondre : “Je ne sais pas si elle est nouvelle, elle emprunte un peu partout. Mais c’est vrai qu’il y a huit ans, j’aurais proposé une collection toute noire. Mais là, j’ai voulu inclure de la couleur. Quand on nous regarde aujourd’hui, on porte désormais de la couleur. Finalement, je dirais qu’il y a une nouvelle phase créative à Paris. Et je la trouve très intéressante, car elle se nourrit des classiques, mais les bouscule en même temps.”

    Tout laisse penser que, pour Burc Akyol, ce défilé automne-hiver 2026-2027 est donc l’occasion de faire le point et de se recentrer. Mais aussi d’entamer un nouveau cycle à la lumière des sept années qui se sont écoulées. Naturellement, on retrouve cette mode entre rigueur occidentale et sensualité orientale.

    Au sein de ce défilé, la magie de Burc Akyol se déploie quand il revisite les grands classiques du vestiaire féminin à la lumière de son propre héritage franco-turc. Des costumes drapés desquels s’échappe un pan de tissu, des manteaux en laine aux volumes arrondis et au col montant frondeur, ou encore des robes agrémentées d’une fente indécente. On retrouve toujours cet érotisme suggéré, dramatique certes, mais jamais vulgaire.

    Quelle serait sa silhouette emblématique au sein de la collection ? “J’adore le look composé d’un pull et d’un pantalon d’homme, car c’est ma façon de faire du noir, sans utiliser le noir. Ou comment faire du sophistiqué et du luxe avec de la couleur.” Un défilé exaltant pour un premier jour de Fashion Week.

    Tous les looks du défilé Burc Akyol automne-hiver 2026-2027