14 mars 2026

Au défilé Valentino, splendeur romaine, mode baroque et style 80’s

Présenté à Rome le jeudi 12 mars 2026, le défilé Valentino automne-hiver 2026-2027 fusionne splendeur romaine, mode baroque et années 80.

  • Par Samuel François.

  • Valentino, esprit apollinien et esprit dionysiaque

    Dans le teaser comme dans la note d’intention, Alessandro Michele a expliqué sa volonté de choisir le Palazzo Barberini à Rome, pour présenter son défilé Valentino Automne-hiver 2026-2027.

    En son sein, le palais romain abrite deux escaliers monumentaux devenus emblématiques de l’architecture baroque. D’un côté, l’escalier conçu par Gian Lorenzo Bernini, massif et majestueux, de forme carré. De l’autre, la Scala Borromini, imaginée par Francesco Borromini, ovale et tout en courbes. Deux visions de l’espace qui semblent se répondre. Si l’une est fondée sur la rigueur et l’équilibre, l’autre sur le mouvement et la sensualité.

    Théorisée notamment par Friedrich Nietzsche, cette opposition renvoie aux deux principes que sont l’esprit apollinien et l’esprit dionysiaque. Une dualité qu’Alessandro Michele transpose, comme souvent, en langage de mode.

    Les jeux de contrastes d’Alessandro Michele

    Sur le podium, la silhouette féminine oscille entre structure et légèreté. De grands manteaux architecturés et des vestes boxy encadrent des mini-robes délicates ou des jupes de tulle transparentes qui semblent flotter autour du corps. Les volumes imposent une présence, tandis que les matières introduisent une dimension presque évanescente.

    Pour l’homme, la proposition se fait plus fluide. Beaucoup de drapés, des pantalons à pinces construits en forme d’étoile, et une allure générale qui privilégie le mouvement. Parmi les nouveautés de la saison, l’apparition de manteaux cache-poussière pour homme et femme, silhouettes longues et protectrices qui ajoutent une dimension utilitaire à l’ensemble.

    Exalter les codes Valentino

    Fidèle à son approche, Alessandro Michele poursuit également son travail de réinterprétation des classiques de la maison. Les célèbres jupes à volants en tulle brodé se transforment ici en corsaires, tandis que les jupes drapées sont raccourcies jusqu’à devenir presque micro. Une manière de déplacer les codes de Valentino sans jamais les abandonner.

    La collection rend aussi un hommage discret aux années 1980. On aperçoit ça-et-là des épaules carrées, des lunettes papillon et des tailleurs de taffetas. Mais ces références apparaissent plutôt comme des clins d’œil plutôt que comme des citations littérales.

    Le comble de la sophistication se trouve peut-être dans le travail sur les matières. La fourrure de mouton, par exemple, est recréée et considérablement allégée, posée sur une trame d’organza et doublée de mousseline, elle conserve son volume tout en perdant son poids.

    Le défilé s’inscrivait enfin dans une mise en scène plus large. En prologue, les invités étaient conviés à une visite privée de l’exposition consacrée à Gian Lorenzo Bernini. Puis, en épilogue, un cocktail et une fête étaient donnés au Casino Aurora du Palazzo Ludovisi, qui abrite au plafond d’un cabinet la seule fresque privée connue de Caravaggio.