23 jan 2026

Au défilé Rick Owens, collection portable pour mode engagée

S’il y a un créateur que l’on n’attendait pas forcément sur une mode commerciale. Et pourtant, avec son défilé homme automne-hiver 2026-2027, Rick Owens réussit le pari de conjuguer sa vision underground et engagée à une approche plus abordable.

 

© Photo by Peter White/Getty Images.

  • par Léa Zetlaoui.

  • Publié le 23 janvier 2026. Modifié le 11 février 2026.

    Paris loves Rick Owens

    Qui aurait cru que l’exposition consacrée à Rick Owens par le Palais Galliera serait l’un des plus gros succès du musée parisien. Et pourtant, comme l’affirme sur Instagram Alexandre Samson, le Responsable des départements Haute Couture (à partir de 1947) et Création contemporaine, “Temple of Love” a attiré quelque 136 000 visiteurs entre le 28 juin 2025 au 4 janvier 2026.

    Si l’on est surpris par l’engouement que provoque le designer américain, c’est moins en raison de son talent à susciter des émotions fortes que de sa capacité à dévoiler, sans fard ni retenue, un univers sombre et transgressif. Bien que l’on admette que chez lui, ces deux aspects soient intimement liés.

    Ce jeudi 22 janvier 2026, tandis que le Californien expatrié à Paris depuis 2003 présentait son défilé homme automne-hiver 2026-2027, on découvre une nouvelle facette de son travail tandis qu’il conjugue mode engagée et pièces commerciales.

    Un défilé qui détourne l’uniforme de police

    À l’instar de Yohji Yamamoto quelques heures plus tard, et Willy Chavarria ce vendredi après-midi, le défilé homme de Rick Owens cristallise son angoisse face à l’actualité politique actuelle. “Je pensais beaucoup aux uniformes de police. Et face à une menace, on la tourne en ridicule. C’est comme ça qu’on la gère,” confie-t-il à VogueRunway.

    Des bottes de police aux volumes disproportionnées et grotesques, des manteaux ajustées en cuir de taureau ou en Kevlar deviennent des outils de protections, des visières en feutre épais offrant une isolation thermique optimale.

    Des vêtements et accessoires indispensables pour traverser l’épaisse fumée façon gaz lacrymogènes. Ici, l’atmosphère n’a plus rien à voir avec la procession pacifique de son défilé présenté juin 2025. En 2026, le futur laisse présager le pire.

    Une mode plus commerciale ?

    Mais derrière ce masque sinistre, cette collection automne-hiver 2026-2027 apparait plus accessible et portable. Les saisons précédentes, on se rappelle avoir aperçu des épaulettes pagodes maximalistes, des manteaux cerclés de boudins, des cols hauts de plusieurs dizaines de centimètres. Seules les bottes et cuissardes compensées, devenues sa signature, demeurent fidèles au rendez-vous. Il faut dire qu’elles confèrent au mannequin une allure d’alien reconnaissable entre mille.

    Mais revenons à ce défilé homme. Ainsi, si l’on oublie ces bottes de police revisités et les coiffures punk, les slhouettes longilignes semblent particulièrement commerciales. Ainsi, apparaissent des bermudas en denim japonais, des parkas utilitaires ou encore des vestes en cuir de vachette aux coupes minimalistes. Sans oublier des pochettes et sacs hobo en cuir au design minimaliste. Rappelons que la maroquinerie est devenue le nerf de la guerre du luxe.

    Enfin, si le créateur américain travaille toujours en solo, il n’hésite pas à faire appel aux savoir-faire d’autres designers pour sublimer ses collections. Avec l’humilité qui le caractérise, il n’oublie jamais de mentionner ces artistes et designers, parfois d’anciens stagiaires, dans ses notes d’intention. P

    armi eux, @lucas____moretti qui a réalisé des masques en macramé noués main, @sarutanya pour les tricots crochetés main en soie et cachemire, @jtrofimova pour l’effet tufté des blousons, ou encore, @straytukay pour les blousons aviateurs.

    Tous les looks du défilé Rick Owens homme automne-hiver 2026-2027