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Le revival des Rockstud ou quand Valentino s’inscrit dans le culte des rééditions
La sortie du deuxième volume du Diable s’habille en Prada a remis la lumière sur une paire de chaussures longtemps reléguée au placard, le modèle Rockstud de Valentino. En plein dans la frénésie de réédition des classiques qui anime la mode en ces jours, Numéro lève le voile sur les coulisses de ce comeback audacieux.
par Jasmine Baha.
Le retour des Rockstud de Valentino, à l’écran et dans nos garde-robes
Quand le premier teaser du Diable s’habille en Prada 2 est sorti en novembre 2025, impossible de passer à côté de cette pièce que l’on pensait irrémédiablement oubliée. C’est ainsi la courte vidéo qui annonçait le retour des escarpins Rockstud de Valentino, ponctuant la démarche aussi assurée qu’iconique de Miranda Priestly. Cette fois-ci réinterprété dans un rouge vif et bordé de clous dorés, l’escarpin ouvre la voie au comeback d’un style teinté de passion et de flamboyance, à l’italienne.
D’ailleurs, le retour de cette chaussure de caractère en dit long sur le renouveau d’une ère où singularité et extravagance reprennent pleinement leurs droits. Dans le sillage de la frénésie médiatique suscitée par le second volet du film de David Frankel, le directeur artistique Alessandro Michele orchestre le grand retour des Rockstuds au sein de la collection pre-fall 2026.
D’ailleurs, le retour de cette chaussure de caractère en dit long sur le renouveau d’une ère où la singularité et l’extravagance reprennent pleinement leurs droits. Après la folle médiatisation engendrée par le deuxième volet du réalisateur David Frankel, le directeur artistique Alessandro Michele a finalement annoncé le retour des Rockstuds dans sa collection pre fall 2026. Ajourées, pointues, colorées, mais toujours aussi sensuelles, Valentino réinterprète son modèle phare qui saura rehausser les silhouettes les plus audacieuses. Un retour qui accompagne le revival de l’indie sleaze, tout en restant enraciné dans l’ADN d’une maison aux mille facettes.


Un soulier œuvre d’art, quand extravagance dialogue avec patrimoine
Modèle incontournable de Valentino, la Rockstud fait écho à toute une décennie placée sous le signe d’une excentricité maîtrisée. C’est au début de la décennie 2010, quand Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccioli reignaient en duo sur la maison, que le soulier voit le jour. Ensemble, ils imaginent un modèle faisant converger l’esprit glamour, maximaliste et assumé de la maison de luxe italien. Aussi chic qu’impertintente, la Rockstud prend alors forme.
Bien plus qu’un simple accessoire, les escarpins Rockstud s’imposent comme un véritable manifeste de l’héritage Valentino. Sur le cuir vernis, la rigueur des clous vient rythmer la silhouette, en écho à la fascination de Valentino Garavani pour la géométrie, un vocabulaire qui irrigue la maison dès ses débuts dans les années 60. Illusions d’optique, jeux de construction, dialogues entre formes et volumes : autant de thèmes chers à ce créateur d’exception. Une sensibilité que l’on retrouve notamment dans la collection haute couture printemps-été 1983, où le noir et le blanc s’entrelacent dans des pièces aux découpes triangulaires, sculptant le corps avec précision.


Trouver du réconfort dans les archives
À travers la réédition des Rockstud, un phénomène plus large se dessine au cœur de la scène mode : celui du retour en grâce des archives et des modèles iconiques. Qu’il s’agisse d’embrasser la vague vintage ou de renouer avec le réconfort d’une esthétique révolue, les réinterprétations de pièces phares se multiplient.
À commencer par Chloé, qui a récemment remis sur le devant de la scène son emblématique Paddington, imaginé sous la direction artistique de Phoebe Philo pour le défilé printemps-été 2005. Véritable incarnation de la tendance boho-chic, ce modèle aussi fonctionnel que désirable se réinvente aujourd’hui dans des formats XXL et une palette de couleurs audacieuse, du rouge tulipe au bleu canard. Autre illustration de cet engouement pour l’héritage, Balenciaga, qui, en 2024, réintroduisait son mythique sac City. Une pièce culte, cette fois inscrite dans une esthétique légèrement plus destroy, qui vient contraster avec l’élégance structurée de Valentino.
Chez Saint Laurent, c’est une pièce emblématique des années 2000 qui fait son grand retour : le sac Mombasa. Véritable incontournable de la maison, il avait été dessiné par Tom Ford lors de son passage aussi mythique qu’acclamé en tant que directeur artistique. Avec son anse en corne et sa silhouette en demi-lune, ce modèle audacieux incarne pleinement l’ADN indie sleaze et avant-gardiste qui influence toujours la maison aujourd’hui.
Exit la nouveauté, l’heure est au retour des icônes. Désormais, les designers prennent donc goût à piocher dans les archives de leurs maisons, répondant à une demande croissante de consommateurs en quête de repères familiers. Une chose est sûre, face à l’incertitude contemporaine, l’héritage et l’émotion autour d’une pièce deviennent plus que jamais refuges.