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Les multiples facettes de Bad Bunny, l’icône du reggaeton en concert à Paris et Marseille
Avec son album DeBÍ TiRAR MáS FOToS, dévoilé en janvier 2025, Bad Bunny a renoué avec ses origines portoricaines, et célèbre sa culture dans un medley de musiques traditionnelles et de revendications politiques et culturelles. Alors que la star du reggaeton se produira sur scène en France, à Marseille ce mercredi 1er juillet ainsi qu’à Paris les 4 et 5 juillet 2026, à la Plenitude Arena (ex-Paris La Défense Arena), retour sur les multiples facettes de l’un des artistes les plus écoutés au monde.
par Camille Bois-Martin,
et La rédaction.
Publié le 30 septembre 2025. Modifié le 1 juillet 2026.
DeBÍ TiRAR MáS FOToS, le dernier pari engagé de Bad Bunny
Dans un quartier reculé de Porto Rico, un vieil homme se remémore sa jeunesse, et regrette de ne pas avoir pris assez de photographies pour pallier ses souvenirs qui s’effacent. Sur son chemin vers la boulangerie, il croise des touristes anglophones et des familles américaines fraîchement implantées, entend des mélodies country et des morceaux de rock, et regrette les airs de plena, de salsa et de reggaeton qui résonnaient avant dans son quartier.
Au comptoir, on lui propose un plat au fromage sans fromage, un “quesito sin queso”, aussi absurde qu’un “Puerto Rico sin puertorriqueños” (“un Porto Rico sans Portoricains”). Voici le sujet central du dernier album, très engagé, de Bad Bunny, DeBÍ TiRAR MáS FOToS, dévoilé le 5 janvier 2025, et distillé à travers ce court métrage du même nom.
La star du Super Bowl 2026
Pour l’occasion, le chanteur s’est déguisé en Roi mage sur ses réseaux sociaux, la veille de la Fête de l’Épiphanie, dite El Día de los Reyes Magos en Amérique latine. Car ce nouveau disque s’avère être l’épiphanie de Bad Bunny, star de l‘Apple Music Super Bowl LX Halftime Show de 2026 qui, un an auparavant, longeait en voiture les plages de sa ville natale, nostalgique de ses racines et atterré d’observer la gentrification, l’américanisation et, malgré tout, la pauvreté de son île.
Un constat valable également à son échelle, le chanteur essuyant depuis quelques années de nombreuses critiques de la part de ses fans latinos face à sa popularité grandissante ou en raison de sa relation ultra médiatisée avec son ex-petite amie américaine Kendall Jenner…

Le chanteur qui a replacé l’espagnol au cœur de la culture pop
Dans le sillage de grands noms de l’industrie musicale issus de l’Amérique Latine (Daddy Yankee, J Balvin), Bad Bunny s’est fait une place au gré de ses morceaux dansants et de ses paroles chantées en espagnol. Langue qu’il n’a jamais abandonnée, malgré ses nombreux duos avec des chanteurs anglophones tels que Drake, The Weeknd ou Travis Scott.
Né en 1994 à San Juan (Porto Rico), Benito Antonio Martínez Ocasio explose au milieu des années 2010, grâce à son titre Soy Peor (2016). Puis à son album Un Verano sin Ti (2022), nommé aux Grammy Awards et depuis devenu le disque le plus streamé de la plateforme Spotify. Un succès fulgurant, qu’il doit à son énergie débordante et à sa musique où se mêlent la trap latino, le hip-hop, la pop, le merengue et le reggaeton. Produisant des morceaux addictifs, attirant des personnalités fortes à l’image de Rosalía, Karol G ou Ozuna, avec qui il collabore.
De son tube planétaire Dakiti (2020) avec Jhay Cortez à son single Tití Me Preguntó (2022), Bad Bunny fait vibrer les plus grandes salles de concert mondiales, au cours de ses tournées ou encore de ses performances au sein de grands festivals comme Coachella (en 2023).
Sans – presque – jamais perdre de vue ses origines portoricaines, auxquelles il rend hommage dans son dernier album. Il offre un peu de sa lumière à de jeunes artistes de son pays (RaiNao, Los Pleneros de la Cresta) et infuse ses mélodies des styles qui ont bercé son enfance comme la plena (Café con Ron) ou la salsa (Baile Inolvidable).

Le triomphe de Bad Bunny aux Grammy Awards 2026
Le 1er février 2026, le rappeur Bad Bunny franchit un nouveau cap lors de la très prestigieuse cérémonie des Grammy Awards. Il a empoché 5 récompenses durant la soirée et est devenu le premier artiste chantant en espagnol à remporter le trophée de l’album de l’année pour Debí Tirar Más Fotos (2025).
Au cours de la cérémonie, Bad Bunny a également obtenu les trophées de la meilleure musique latine urbaine et de la meilleure performance musicale globale pour le titre Eoo. Aux côtés du rappeur américain Kendrick Lamar, il fait partie des artistes les plus récompensés cette année.
Si cette cérémonie a été marquée par son lot de rebondissements et de surprises, elle s’est aussi teintée d’une forte dimension politique. En recevant le prix de la meilleure musique latine urbaine, Bad Bunny a ainsi appelé à “mettre dehors” la police américaine de l’immigration (ICE). Avant d’ajouter : “Nous ne sommes pas des sauvages, nous ne sommes pas des animaux, nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes des êtres humains et nous sommes américains.”

Une carrière jalonnée d’incursions au cinéma et de matchs de catch
Mais la musique n’est pas le seul domaine de prédilection de Bad Bunny. Son ascension l’a mené aussi jusqu’aux plateaux de tournage hollywoodiens, où il tourne de brèves scènes aux côtés d’acteurs incontournables. À l’image notamment de Brad Pitt, avec lequel il joue dans le mordant Bullet Train (2022) de David Leitch. Il interprète Le Loup, un personnage meurtrier assoiffé de vengeance (et quelque peu caricatural).
Une incursion sur le grand écran loin d’être unique. Outre les rumeurs avortées autour d’un possible héros Marvel, Bad Bunny figure également au casting du long-métrage Pris au piège – Caught Stealing (2025) aux côtés d’Austin Butler ainsi que Zoë Kravitz. Quelques semaines plus tôt, Il jouait également dans le film Happy Gilmore 2 de Kyle Newacheck, sorti en juillet 2025 sur Netflix. Depuis le 17 juin 2026, il prête également sa voix à l’un des personnages déjantés de Toy Story 5, aux côtés de Tom Hanks et Greta Lee, confirmant son envie d’élargir toujours un peu plus son terrain de jeu artistique.
Autre facette surprenante de l’artiste : sa (brève) carrière de catcheur. Passionné par ce sport depuis petit, il le pratique à un niveau quasi professionnel, s’entraînant entre deux tournées. Et parsemant dans ses morceaux des références au catch et à ses plus champions, qui figurent d’ailleurs dans ses clips (Ric Flair, Steve Austin, Booker T, Stone Cold…). Il a même participé, à l’automne 2023, à son premier combat en solo lors d’un grand tournoi de catch annuel organisé à Porto Rico. Quelques mois seulement après avoir fait sensation sur les marches du Met Gala…


Bad Bunny, une égérie ultra mode ?
À ce même Met Gala, Bad Bunny prouvait tout son potentiel mode. Accompagné du créateur français Simon Porte Jacquemus, ce dernier montait les marches du prestigieux évènement en traîne à fleurs et en ensemble de costume dos nu blanc, orné d’un délicat pendant. Son style, à la limite du bling bling à ses débuts, puise autant dans l’univers bariolé de son pays natal que dans les dernières tendances aperçues lors des Fashion Week.
Égérie Jacquemus (il prend la pose pour les campagnes de la marque), il apparaît également sur les clichés d’un shooting promotionnel Gucci en 2023 aux côtés de sa compagne de l’époque Kendall Jenner. D’apparitions publiques en photos volées par les paparazzi, le chanteur cultive une esthétique incarnée et n’hésite pas à arborer des pièces fortes. Telle une fourrure, une jupe ou un long trench en cuir. Un goût pour la mode reconnu par ses pairs, qui le nomment parmi les présidents du dernier Met Gala (en 2024), aux côtés de Jennifer Lopez et Zendaya.
L’une des dernières actualités mode en date ? Une sulfureuse campagne pour Calvin Klein, photographiée filmée par Mario Sorrenti datant de mars 2025. En sous-vêtement, Bad Bunny adoptait des poses langoureuses – dans le sillage de l’excellent photoshoot de Jeremy Allen White. Et en mai 2026, le plus iconique des musiciens portoricains a signé une collaboration baptisée “Benitio Antonio” avec Zara, riche de pas moins de 150 pièces…


La star du reggaeton en concert à Paris et Marseille cet été
Bad Bunny se produira – pour le plus grand bonheur de ses fans français – à Marseille ce mercredi 1er juillet, puis à Paris les 4 et 5 juillet 2026, à la Plenitude Arena. Et La Casita, un élément primordial de sa scénographie, devrait une nouvelle fois attirer l’attention. En effet, cette petite maison rose inspirée des Caraïbes, déjà remarquée lors du lancement de sa tournée, constitue l’un des décors emblématiques du spectacle.
Pendant ses shows, le rappeur portoricain y chante, y danse et y accueille aussi bien ses danseurs que des invités prestigieux. Pedro Pascal, Karol G, Cardi B y ont été aperçus lors du SuperBowl 2026. Tandis que l’actrice Ana de Armas, Salma Hayek, Kylian Mbappé, ou encore Ester Expósito y ont également fait une apparition à l’occasion de différents concerts, aux côtés de quelques spectateurs triés sur le volet.
Mais depuis plusieurs semaines, La Casita fait aussi l’objet de critiques. Certains internautes (notamment actifs sur X et TikTok) estiment que les personnalités et anonymes sélectionnés ne reflètent pas la diversité et l’esprit populaire que cette maison traditionnelle est censée incarner. Reste donc à découvrir qui Bad Bunny invitera à ses côtés lors de ses concerts français…
Bad Bunny sera en concert à Marseille (au Stade Vélodrome) ce mercredi 1er juillet ainsi qu’à Paris les 4 et 5 juillet 2026, à la Plenitude Arena.