15 juin 2026

Hommage, musique et mode… on était au Fier Gala 2026, l’événement engagé qui célèbre les cultures LGBTQIA+

Le 12 juin 2026, l’Opéra Comique de Paris accueillait la toute première édition du Fier Gala. Entre mode engagée, performances musicales et hommage aux victimes de violences homophobes, cette soirée caritative a réuni artistes et figures de la scène queer pour célébrer les cultures LGBTQIA+ et rappeler, avec force, que la fête peut aussi être un acte engagé.

  • par Ambra Flora.

  • Publié le 6 mai 2026. Modifié le 15 juin 2026.

    Le Fier Gala 2026 en faveur des associations LGBTQIA+

    À l’initiative de Maximilien Marcais Husson, la première édition du Fier Gala, qui s’est tenue à Paris ce vendredi 12 juin 2026, entend s’inscrire dans la lignée d’événements mêlant culture, prestige et philanthropie. Ainsi, l’objectif de ce nouveau rendez-vous en pleins mois des fiertés est de lever des fonds pour plusieurs organisations engagées en faveur des droits et du bien-être des personnes LGBTQIA+.

    Parmi les bénéficiaires figurent la Fondation Le Refuge, qui accompagne des jeunes en situation de rupture familiale, L’Autre Cercle, mobilisée pour l’inclusion professionnelle, ainsi que Les Audacieuses & Les Audacieux, dédiée notamment aux seniors LGBTQIA+ et aux personnes vivant avec le VIH.

    Une programmation artistique engagée avec Raya Martigny et Woodkid

    Porté par Woodkid auteur compositeur et réalisateur français et l’actrice et mannequin Raya Martigny, respectivement parrain et marraine de l’événement, la première édition du Fier Gala.

    L’événement caritatif et culturel réunissant mode, musique et engagement au service des droits LGBTQIA+, a donc réuni une programmation éclectique mêlant musique pop, électro et performances, au sein du théâtre national de l’Opéra-Comique (2e arrondissement).

    Rose et Punani, Le Filip, Zaho de Sagazan… les invités prestigieux du Fier Gala

    Vendredi 12 juin 2026, vers 18h, le tapis rouge de cette première édition se peuplait des visages de la mode et de la scène queer/LGBTQIA+. Le dress code était évidemment respecté à la lettre et à la couleur. Tout le monde ou presque arborait du rose, du plus pâle au plus électrique, dans un défilé de looks très créatifs.

    Chacun a joué le jeu du thème de cette première édition, La Vie en Rose, de Queen Kevhoney Scarlett, Rose et Punani (le duo culte de Drag Race France), Le Filip et sa coiffe de Pompadour, Daphne Burki, Noam Sinseau, Zaho de Sagazan ou encore Stencia et Mariana Benenge, les organisatrices 100 % féminines et queer. 

    Quant à Maximilien Marçais Husson, le fondateur du gala, il avait poussé le concept plus loin encore, en se glissant non pas dans du rose, mais dans la peau de Rose, le personnage de Kate Winslet dans Titanic. Une tenue custom Valette Studio.

    Des discours émouvants et une minute de silence

    Pour ouvrir la cérémonie, il a pris la parole avec une forte émotion et reconnaissance : « Nous avons imaginé un format qui nous ressemble. La fête, la musique, la joie, la mode. En particulier la mode ce soir doit être célébrée, car intimement liée à notre histoire, elle est un langage, elle est un manifeste, un bouclier flamboyant pour dire au monde que nous refusons de nous effacer. »

    Sa co-organisatrice Brune Buonomano lui a succédé, partageant les chiffres des violences liées à l’homophobie, les pertes, les deuils : “La volonté de s’assumer n’est pas que la simple question du confort social, elle conditionne aussi l’accès effectif à des droits très concrets” une mise en perspective nécessaire. Car voir la vie en rose au milieu de tant de violence est une manière de garder de l’espoir et de se retrouver pour honorer la mémoire des luttes et des vies.

    La mannequin et actrice Raya Martigny, marraine de la soirée, a ensuite pris la scène aux côtés de son parrain, le compositeur Woodkid« Je voudrais souligner l’importance qu’a l’art dans nos trajectoires, toutes ces musiques, ces livres, ces images qui ont accompagné chacun de nos parcours. Que la société le veuille ou non, nous sommes là, depuis toujours et pour toujours. » Elle a ensuite invité l’assemblée à une minute de silence, tandis que défilaient sur l’écran les visages des victimes d’homophobie. Un moment de suspension collective poignant qui n’a laissé personne indifférente.

    Les performances mémorables d’Eddy de Pretto, Pomme, Bilal Hassani, Janis ou encore Thx4crying

    Sur scène, le Fier Gala a réuni parmi les voix les plus singulières de la scène française, accompagnées du Rainbow Symphony Orchestra, pour des compositions originales, des reprises et des duos inédits. La soirée s’est ouverte avec Eddy de Pretto et Pomme, avant que Loa Mercury ne prenne possession de la scène avec sa présence magnétique. Luna Aglat a interprété son nouveau single Pulsion, titre évoquant les violences sexistes et sexuelles. Janis, épaulée par Yndi, ont offert une reprise de Young Lion de Sade, lettre d’amour à son fils trans. 

    Mélissa Laveaux, elle, guitare électrique en main, a rappelé avec une conviction sans faille que ce sont les femmes qui portent le poids du monde, et que vivent les lesbiennes. Sébastien Delage a enchaîné les tableaux avec une générosité débordante, jouant notamment Sport avec les voix de Thx4crying et Mélissa Laveaux, avant un duo inattendu avec Bilal Hassani sur Amoureux Solitaires de Lio. 

    Ce dernier a d’ailleurs allumé la salle avec son nouveau titre Capitale, en tutu blanc, escorté de deux danseuses, réveillant le public avec l’énergie d’une pop star dont on avait besoin. Le collectif de voguing La Créole a fait monter la température d’un cran supplémentaire avec une très belle performance corporelle, prenant à la fin le micro pour rappeler de soutenir les associations représentées. 

    Laurent Laffite en invité surprise et une fin sur La Vie En Rose d’Edith Piaf

    Et puis il y a eu la surprise de la soirée : Laurent Laffite, venu interpréter Je suis comme Je suis,  l’air emblématique de La Cage aux folles qu’il joue depuis un an au théâtre du Châtelet. Woodkid et Marguerite suivis par l’artiste Thxx4cryin ont également livré une interprétation lumineuse avant que la soirée ne s’approche de son apothéose.

    L’avant-dernier titre Les filles, les meufs de Marguerite laissait déjà pressentir la communion qui allait suivre. Car c’est sur La Vie en Rose d’Édith Piaf que tout le monde, artistes et public, s’est retrouvé, Zaho de Sagazan elle-même rejoignant la scène pour ce final émouvant et inoubliable. Cette première édition très réussie à d’ailleurs permis de récolter : 52090 € répondant à un besoin alarmant.

    Le Fier Gala un hommage aux vies et à la culture queer

    Le 30 mai dernier, Noahm, un jeune homme de 19 ans, décédait après une violente agression dans le centre-ville de Metz, commise en raison de son orientation sexuelle. Sa mort, largement relayée et pleurée par les associations de défense des droits LGBTQIA+, a trouvé un écho particulier jusque dans la soirée de ce vendredi 12 juin 2026 à Paris.

    Car Noahm n’est pas un cas isolé. Il est le visage d’une violence qui monte, d’un recul des droits fondamentaux qui s’observe aussi bien en France qu’à travers l’Europe entière. C’est précisément cette réalité que le Fier Gala est venu rappeler, haut et fort, dans l’écrin doré du Théâtre National de l’Opéra-Comique.

    Le Fier Gala a eu lieu le vendredi 12 juin 2026 au Théâtre National de l’Opéra Comique.