19 mai 2026

Rencontre avec Odessa A’zion, l’actrice la plus cool du moment, sacrée par le Trophée Chopard

C’est l’une des actrices les plus cool du moment… La comédienne germano-américaine âgée de 25 ans Odessa A’zion, héroïne des projets déjantés et acclamés Marty Supreme et I Love LA, fait partie des étoiles qui ne cessent de monter à Hollywood. Symbole ultime de cette ascension méritée ? Elle vient de remporter, au Festival de Cannes 2026, le prestigieux Trophée Chopard. Rencontre sur la Croisette avec une artiste sincère, rock’n’roll et passionnée.

  • propos recueillis par Violaine Schütz.

  • Publié le 19 mai 2026. Modifié le 22 mai 2026.

    L’interview d’Odessa A’zion, lauréate du Trophée Chopard

    Numéro : Vous venez de recevoir le Trophée Chopard. Que représente cette récompense pour vous ?

    Odessa A’zion : Honnêtement, je n’arrive même pas à y croire… C’est fou de faire partie de cette tradition… J’ai entendu dire que l’année prochaine, on serait en quelque sorte parrain et marraine (avec l’acteur Connor Swindells, également récompensé cette année), si j’ai bien compris. Aussi, on peut voter maintenant, ce qui est dingue, même si c’est toujours un peu bizarre de voter pour ses pairs et de juger leurs compétences. Mais c’est bien de dire : Cette personne se débrouille super bien”. Il y a deux personnes par an choisies pour recevoir le prix, et ça se répète chaque année, et ça peut être n’importe qui, de n’importe quel âge, pour n’importe quel projet. Et je trouve que c’est vraiment beau d’encourager quelqu’un dans sa carrière et de lui dire de continuer. C’est un moment très spécial. Lors de mon discours, j’ai remercié tous ceux qui étaient sur scène avec moi et j’ai félicité Connor. J’aurais voulu prononcer deux ou trois choses en plus, mais je voulais faire court. Et puis, bien sûr, j’ai regretté, ensuite, de ne pas avoir été assez brève et je me suis dit : “Zut, j’aurais dû remercier plus de monde !” Je sais que le terme “reconnaissant” est galvaudé, mais c’est vraiment mon état d’esprit…

    Cette année, Isabelle Huppert est votre marraine pour le Trophée Chopard. Êtes-vous une grande fan de cette actrice ?

    Oh mon Dieu, c’est incroyable ! J’ai adoré la regarder durant la soirée, c’était passionnant. C’était comme être dans un film. Elle a participé à tellement de projets incroyables ! Je trouve qu’elle a été très intelligente dans ses choix artistiques. J’ai l’impression qu’elle crée de l’art quand elle travaille. Et puis, elle est tellement gentille et cool. Et maintenant, c’est ma marraine (rires). D’ailleurs, j’aimerais tellement parler français, car je suis en train de tourner en France…

    Isabelle Huppert est tellement gentille et cool. Et maintenant, c’est ma marraine !” Odessa A’zion

    Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce tournage en France…

    Oui, je tourne dans le prochain film de Justine Triet, Fonda. C’est une super expérience ! Nous filmons juste à côté d’Hinx (commune située dans les Landes en région Nouvelle-Aquitaine, ndlr), dans le fin fond de la France. Il faut prendre deux avions de Cannes pour y arriver, même si c’est dans le sud. On va y rester peut-être encore deux mois. Le scénario est vraiment magnifique, complètement dingue. Justine est si talentueuse. Elle a une vision très précise. Elle sait exactement ce qu’elle veut, et j’adore ça. Mais toute l’équipe est talentueuse. C’est incroyable de pouvoir travailler avec des acteurs comme ceux de ce projet (Mia Goth, Andrew Scott, Frank Dillane…) que je regarde et qui m’impressionnent.

    Est-ce la première fois que vous venez au Festival de Cannes ?

    Oui, et c’est surréaliste. Je n’étais jamais venue dans cette ville et je n’aurais jamais imaginé être là pendant le festival. Il y a tellement de films incroyables qui ont été présentés lors de cet événement. Je suis d’autant plus ravie, honorée et reconnaissante de me trouver sur la Croisette que ça fait dix ans que je travaille dans le cinéma…

    Je me sens tellement chanceuse !” Odessa A’zion

    Quel a été le meilleur moment, pour l’instant, de votre séjour à Cannes dans le cadre du Trophée Chopard ?
    J’ai complètement oublié toute la journée parce que je croyais qu’il y aurait six personnes lors de la remise du prix (rires). J’imaginais que ce serait un petit truc sympa et intime. Et en fait, il y avait tellement de monde ! Je me sens tellement chanceuse ! Le meilleur moment a été de rencontrer toute l’équipe de Chopard et celle de Cannes qui se sont réunies pour nous amener ici. Et j’ai aussi aimé parler avec l’acteur Connor Swindells et vivre toute cette expérience avec lui. On a tout de suite sympathisé, parce qu’on était tous les deux morts de trouille toute la soirée. On se pinçait pour essayer de comprendre ce qui se passait. Traverser ce moment avec quelqu’un d’autre et partager cette expérience, c’est fabuleux.

    Qu’avez-vous envie de faire cette année à Cannes s’il vous reste quelques minutes de libres ?

    L’un de mes chers amis chers et collègues de la série I Love LA, Jordan Firstman, présente en avant-première son premier film en tant que réalisateur, Club Kid. Et tous ceux qui l’ont vu m’ont dit qu’ils en étaient ressortis en sanglots. Je ne devrais peut-être pas le dire (au cas où l’interview sort avant), mais j’essaie de lui faire une surprise parce que je n’ai pas pu venir au moment de la première projection. En tout cas, je suis vraiment fière de lui, et l’accueil de son long-métrage me réjouit. Si je n’avais pas un grand nombre d’engagements, je serais contente d’aller soutenir les gens à Cannes et de voir leurs films.

    C’est d’autant plus génial d’être au Festival de Cannes que ça fait 10 ans que je travaille !” Odessa A’zion

    Que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre carrière ?

    Je suis tellement reconnaissante d’avoir pu tourner Marty Supreme et I Love LA. J’ai l’impression de travailler depuis longtemps et d’avoir bossé très dur pour en arriver là. Ces deux projets en particulier sont importants pour moi car j’ai le sentiment qu’ils m’ont permis d’avoir désormais mon mot à dire sur ma carrière et sur ce que je fais ou ne fais pas. Avant ça, je me disais juste : “Je dois travailler et je tourne tout ce qu’on me propose, juste pour étoffer mon CV et continuer à travailler.” Même si ce n’était pas forcément quelque chose que j’aimais, j’étais contente de participer au projet.

    Ce n’est pas un métier toujours facile…
    Il y a tellement de refus. Je ne compte même plus le nombre de projets pour lesquels j’ai auditionné sans être prise. Probablement des milliers ! Mais je suis enthousiaste parce que j’ai l’impression que grâce à ma dernière série et à mon dernier film, je pourrais aller vers des prochains projets me correspondant plus. Je suis inspirée par des gens comme Isabelle Huppert. J’ai envie d’accepter des choses qui me passionnent vraiment, de faire de l’art, pas juste de travailler pour travailler, mais parce que c’est quelque chose que j’aime, un personnage qui me parle, une histoire que j’apprécie, ou que le projet implique des gens que j’admire.

    Je n’ai pas de styliste et je fais tout à la dernière minute.” Odessa A’zion

    Vous êtes une véritable icône de mode… Pourriez-vous nous parler de votre look arboré lors du Trophée Chopard, qui accompagnait les bijoux de la marque ?

    C’était un costume Jonathan Anderson pour Dior. La maison avait son défilé Croisière le jour de mon départ pour Cannes. Je suis allée le voir la veille et il m’a permis de venir regarder et de prendre des pièces, ainsi que de les faire retoucher. Il a été vraiment génial. Je le remercie. C’est le meilleur de tous ! Il a une vision incroyable, et comme je n’ai pas de styliste (tout ce que je fais est toujours à la dernière minute), ce qu’il sait, il est toujours prêt à me prêter des vêtements. Je suis tellement fière de lui.

    C’est assez rare de ne pas voir une actrice en robe du soir lors d’un tapis rouge, à Cannes…
    Au départ, je pensais peut-être porter une robe ce soir-là, mais j’ai l’impression d’avoir un style plutôt féminin, et j’en ai un peu marre. J’avais envie de confort, et je me sentais vraiment bien dans ce costume. À chaque fois que je quitte un tapis rouge en robe, je me dis : “Mince, j’ai l’air bête.” En tout, je suis contente que mon look ait plu aux gens et j’espère que Jonathan l’a aimé.

    I Love LA (2025), créée par Rachel Sennott, disponible sur HBO Max.