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L’album A*Pop confirme-t-il le talent de Tyla ?
Propulsée par le tube Water, la chanteuse Tyla dévoile un second album intitulé A*Pop ce vendredi 24 juillet 2026. Annoncé comme une ode aux musiques populaires africaines, le disque offre des titres R’n’B langoureux, s’émancipant de l’amapiano signature de la chanteuse. Notre critique.
par Jordan Bako.

Une bonne partie de la presse culturelle aime s’en affoler chaque année. La formule du tube de l’été semble être une espèce en voie de disparition, perdue dans la jungle de l’éclatement des flux, déchue face à l’essor d’une écoute de morceaux de plus en plus individuelle. Pourtant, c’est grâce à ce phénomène que la chanteuse Tyla a accédé au statut de pop star. À tout juste 24 ans, la Sud-Africaine Tyla Seethal a, avec son morceau Water, provoqué un raz-de-marée sur le dancefloor et les réseaux sociaux.
Tyla, une pop star propulsée par le tube Water
Avant de devenir l’artiste accomplie que l’on connaît, Tyla a dû décevoir les espoirs de ses parents qui rêvaient de la voir briller dans le milieu de l’ingénierie minière. Un an : c’est le temps qu’ils lui accordent afin de faire de ses désirs une réalité. Si elle n’y parvient pas, elle doit retourner sur les bancs de l’école. Mais fort heureusement, les voilà aujourd’hui concrétisés.
Révélée par le titre Getting Late (2019) sur la scène musicale sud-africaine, la jeune femme s’inscrit dans la lignée d’artistes talentueux qui ont participé à la visibilisation de la musique pop issue du continent africain, dont font partie Burna Boy, Tems, Ayra Starr et Uncle Waffles…

L’étoile de l’amapiano
C’est au printemps 2024 que Tyla dévoile son premier album éponyme. Avec cette proposition musicale sulfureuse, riche en tubes, de Push 2 Start à Jump, la chanteuse s’impose comme l’une des ambassadrices de l’amapiano. Culminant à 115 battements par minute, ce genre musical sud-africain naît dans les clubs de Johannesburg et de Pretoria, à la croisée de la deep house et du kwaito.
Sous la plume de Tyla, qui écrit des morceaux depuis ses 12 ans, il se retrouve mâtiné de pop sucrée, couplée à des notes langoureuses de R’n’B. Aujourd’hui couronnée Princesse de la popiano (mélange de pop et d’amapiano) par ses fans, l’interprète peut se targuer d’avoir remporté deux Grammy Awards pour ce premier disque. Elle est à ce jour-là plus jeune personne d’origine africaine de l’histoire de la cérémonie à en avoir gagné un.
A*Pop, un deuxième album très attendu
Après cette ascension à toute vitesse, l’artiste a enchaîné les premiers rangs de défilés et les apparitions remarquées sur le tapis rouge. Elle chantait aussi dans une production Netflix imaginée par Sabrina Carpenter pour les fêtes de fin d’année et performait avec Future lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde 2026.
On attendait donc de pied ferme son nouvel opus… Sorti ce vendredi 24 juillet 2026, l’objet intitulé A*Pop fait référence, dans son titre, à l’expression “african pop”. Et il s’agit d’une ode aux sonorités populaires de part et d’autre du continent. Une étape “dance, africaine, sans complexe, fun, pleine d’assurance et internationale”, selon le teaser du disque.

Une échappée hors des sentiers de l’amapiano
Admettons-le : A*Pop est loin d’être le projet auquel nous nous attendions de la part de Tyla. Le deuxième opus de la chanteuse s’affranchit de la patte amapiano à laquelle elle nous avait habitués lors de ses débuts. Si son premier single, Chanel, emprunte quelques notes à ce style musical, ce dernier se fait plus discret le reste du temps, sur A*Pop.
L’artiste ne trahit pas pour autant ses racines. En effet, le producteur Sammy Soso – déjà aperçu sur le premier album de Tyla, ainsi que chez Wizkid et Kali Uchis – signe une belle partie des morceaux du disque. Et trois des quatre featurings figurant sur A*Pop sont des artistes d’origine sud-africaine, à commencer par MaWhoo qui apparaît sur le splendide Crazy of Me.
Un hommage au R’n’B des années 90 et 2000
L’interprète rend pleinement sur cet opus pleinement hommage aux tonalités langoureuses au R’n’B des années 90 et 2000. Une référence peu surprenante pour celle qui cite Aaliyah, Rihanna et Cassie comme sources d’inspiration… Le titre Mr. Nonchalant s’impose ainsi parmi les points d’orgue évidents de l’album. Quant au morceau en featuring avec la sensation pop Zara Larsson – She Did It Again -, il marche sur les pas du cultissime Beautiful Liar de Beyoncé et Shakira, paru vingt ans plus tôt.
Quelques brèves excursions dans d’autres genres musicaux – le dancehall sur Is It et la house sur Kiss – attestent d’une bravoure fraîchement acquise, portée par les productions de l’Anglo-Nigérian B2J, collaborateur de Beyoncé, FKA twigs et Wizkid. Côté paroles, à l’instar de ses précédents tubes, Tyla continue de chanter l’amour et le désir.
A*Pop prouve, au final, que la Sud-Africaine est une artiste en quête de liberté. En marge de sa performance au festival Afro Nation 2026, l’artiste annonçait au sujet de l’album au micro du média Billboard Africa : “Je déteste me sentir bridée, devoir suivre des règles. Je pense que parfois, les gens oublient qu’on est influencés par le monde, par l’Afrique, mais pas que […] J’ai grandi en aimant le R’n’B et la musique pop, puis je me suis dit : “Pourquoi je ne pourrais pas en faire moi-même ?”” A*Pop parvient ainsi à réimaginer la musique populaire africaine et à en redessiner les frontières, afin d’en affirmer la richesse.
A*Pop (2026) de Tyla, disponible.