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Quels sont les 10 films les plus attendus du Festival de Cannes 2026 ?
22 films en compétition, de nombreuses séances spéciales, des sections parallèles… Le Festival de Cannes accueille une fois de plus le gratin du cinéma mondial. Notre sélection des œuvres qui vont créer le buzz.
par Olivier Joyard.

L’inconnue d’Arthur Harari
Léa Seydoux est de retour au Festival de Cannes, tout comme le passionnant Arthur Harari. Le réalisateur du très beau Onoda (2021) et co-scénariste de la Palme d’or Anatomie d’une chute (2023) avec sa compagne Justine Triet, adapte ici le roman graphique Le cas David Zimmerman, qu’il a coécrit avec son frère Lucas. L’Inconnue raconte comment un photographe dépressif (Niels Schneider) se retrouve dans le corps d’une inconnue (Léa Seydoux) après l’avoir rencontrée dans une soirée. Sur ce canevas fantastique qui perturbe le quotidien de personnages déboussolés, Harari crée un film lumineux sur des identités et des âmes troublées. Une auscultation mémorable de l’état du monde et des corps.
L’inconnue (2026) d’Arthur Harari, en compétition officielle.

Paper Tiger de James Gray
Dans une édition où Hollywood se fait très rare, James Gray tient haut le flambeau du cinéma américain avec son nouveau film, quatre ans après le très intime Armageddon Time. Scarlett Johansson, Miles Teller et Adam Driver sont au centre de ce récit qui met en scène deux frères aux prises avec la mafia. Avec ce scénario situé dans le Queens, en 1986, le réalisateur de Ad Astra revient à ses racines ancrées dans le film noir et le drame psychologique aux élans tragiques. Une combinaison qui en fait l’un des grands favoris pour la Palme d’or, décernée samedi 23 mai prochain.
Paper Tiger (2026) de James Gray, en compétition officielle.

La Bola Negra de Javier Calvo et Javier Ambrossi
Les fans de séries ont adoré leur OVNI enthousiasmant La Mesias (2024). C’est désormais le monde du cinéma d’auteur qui s’apprête à découvrir le couple le plus hype du cinéma espagnol. “Los Javis”, comme on les appelle à Madrid, adaptent ici le roman éponyme inachevé de Federico Garcia Lorca, ainsi que la pièce La Piedra Oscura d’Alberto Conejero, un mélange un peu fou qui leur ressemble. Le film, véritable épopée de 2h40, navigue entre 1932, 1937 et 2017, en explorant les destins croisés de trois homosexuels. Avec Penélope Cruz et Miguel Bernardeau, notamment, on s’attend à une intense déflagration.
La Bola Negra (2026) de Javier Calvo et Javier Ambrossi, en compétition officielle.

Notre salut de Emmanuel Marre
Très remarqué avec son premier film Rien à foutre (2022), coréalisé avec Julie Lecoustre, le quadragénaire belge Emmanuel Marre s’attaque à une tâche indélébile de l’histoire française du 20e siècle avec un film annoncé comme explosif et situé à Vichy en 1940. Il y met en scène l’un de ses ancêtres, Henri Marre, qui a tenté de se faire une place au sein régime du Maréchal Pétain. Ce long-métrage à la fois historique et politique annonce un Festival de Cannes où la question de la Seconde Guerre Mondiale est omniprésente, à travers le biopic La Bataille De Gaulle : l’âge de fer d’Antonin Baudry (Hors compétition) et Moulin (Compétition) du réalisateur hongrois Laszlo Nemes, avec Gilles Lellouche dans le rôle du célèbre résistant.
Notre salut (2026) de Emmanuel Marre, en compétition officielle.

Histoires de la nuit de Léa Mysius
Après Ava (2017) et Les cinq diables (2022), la trentenaire issue de la Fémis (principale école de cinéma en France) arrive maintenant en compétition avec son troisième long-métrage. Léa Mysius adapte ici le roman éponyme de Laurent Mauvignier, en narrant l’histoire d’un couple et de leur petite fille perturbés par l’arrivée de trois hommes dans un village isolé, lors d’une fête d’anniversaire. Avec la prolifique Hafsia Herzi, le très demandé Bastien Bouillon, mais aussi Benoît Magimel, Monica Bellucci et Paul Hamy, Histoires de la nuit est le film français le plus attendu de la compétition.
Histoires de la nuit (2026) de Léa Mysius, en compétition officielle.

Autofiction de Pedro Almodóvar
Le génial réalisateur de Tout sur ma mère a remporté le Lion d’or à la Mostra de Venise en 2024 grâce à La Chambre d’à côté, splendide mélodrame avec Tilda Swinton et Julianne Moore. Sa première victoire dans un festival majeur. Le madrilène arrive donc à Cannes sans la pression du résultat, même s’il ne dirait probablement pas non à une première Palme d’or… Autofiction est un film rigoureux et romanesque sur les souffrances et les compromissions de la création, autour d’un cinéaste embourbé dans un scénario qu’il ne parvient pas à écrire. Un jeu de miroir fascinant entre l’art et la vie, où Almodóvar se dévoile toujours un peu plus, comme dans le fabuleux Douleur et Gloire (2019).
Autofiction (2026) de Pedro Almodóvar, en compétition officielle.

Gentle Monster de Marie Kreutzer
Cette coproduction européenne dirigée par l’autrichienne Marie Kreutzer (autrice du très aimé Corsage) réunit pour la première fois Léa Seydoux et Catherine Deneuve à l’écran, accompagnées par l’allemande Jella Haase. Seydoux interprète une pianiste à succès qui s’installe à la campagne près de Munich et voit son mari subitement soupçonné par la police de faits dont elle ignore tout. Une exploration de l’intimité, des secrets et des mensonges, promesse d’une tension de tous les instants. Marie Kreutzer fait partie des cinq réalisatrices à présenter leur film dans une compétition qui compte vingt-deux titres. Un chiffre en baisse.
Gentle Monster (2026) de Marie Kreutzer, en compétition officielle.

Coward de Lukas Dhont
En 2018, le jeune belge Lukas Dhont (34 ans) repartait du Festival de Cannes avec la Caméra d’or – le prix qui récompense le meilleur premier film – pour le drame ado Girl. Après le Grand Prix ex-aequo remporté par Close en 2022, le cinéaste revient avec un ambitieux film historique situé en 1916, en plein cœur de la première guerre mondiale. Où il est question de l’horreur des tranchées et de l’apaisement procuré par l’art, quand deux soldats décident de monter des spectacles théâtraux malgré le sang et la mort. Le type même de film à grand sujet et grand spectacle susceptible de marquer les esprits sur la Croisette.
Coward (2026) de Lukas Dhont, en compétition officielle.

Roma Elastica de Bertrand Mandico
Adulé par les cinéphiles grâce à ses expérimentations queer extravagantes (Ultra Pulpe, Les Garçons sauvages), le français Bertrand Mandico rend hommage au cinéma italien le plus déchaîné des années 1960 à 1980 avec Roma Elastica. Durant les eighties, une actrice célèbre mais à bout de souffle (jouée par Marion Cotillard) vient tourner un film d’auteur en Italie, accompagnée par sa maquilleuse (Noémie Merlant). L’aventure n’est pas de tout repos et va jusqu’à diffracter sa personnalité, alors qu’une maladie la menace. Un tour de force esthétique où tout est permis, dans le plus pur style du réalisateur, qui s’offre des stars pour la première fois.
Roma Elastica (2026) de Bertrand Mandico, en séances de minuit.

Soudain de Ryusuke Hamaguchi
Virginie Efira a tapé dans l’œil du réalisateur de Drive My Car (Prix du scénario au Festival de Cannes 2021) pour ce projet hybride entre la France et le Japon, où elle interprète une directrice de maison de retraite de la région parisienne qui rencontre une dramaturge japonaise atteinte d’un cancer en phase terminale. Les deux femmes se mettent à échanger fréquemment et voient leurs vies transformées. Ce film-fleuve d’une durée de 3h15, inspiré d’un livre sur la relation entre une anthropologue et une philosophe, a tous les atouts pour séduire le Jury de Park chan-wook.
Soudain (2026) de Ryusuke Hamaguchi, en compétition officielle.
Le Festival de Cannes se déroulera du 12 au 23 mai 2026.