Réalisatrice

Justine Triet

Justine Triet est une réalisatrice et scénariste française. Elle réalise plusieurs courts métrages avant de passer au long, en travaillant sur des récits centrés sur des relations et des situations contemporaines.

Les débuts de Justine Triet

Justine Triet naît le 17 juillet 1978 à Fécamp et suit une formation aux Beaux-Arts de Paris puis elle commence à travailler la vidéo en filmant des rassemblements, des manifestations et des situations collectives. Elle s’intéresse à des moments concrets, souvent liés à l’espace public, avec une caméra proche des personnes filmées, ce qui lui permet d’enregistrer des échanges et des tensions sans passer par une mise en scène classique. Avant le long métrage, elle réalise plusieurs formats courts diffusés en festivals et dans des circuits indépendants. En 2012, Vilaine Fille, mauvais garçon attire l’attention avec un récit centré sur une relation amoureuse, construit à partir de dialogues et de situations qui évoluent progressivement. Le film reçoit plusieurs prix, notamment à la Berlinale et au Festival Premiers Plans d’Angers, ce qui lui permet de passer au long métrage dans la foulée.

2013, La Bataille de Solférino

En 2013, Justine Triet réalise La Bataille de Solférino, présenté au Festival de Cannes dans la sélection ACID. Le film se déroule le 6 mai 2012, soir du second tour de l’élection présidentielle française, dans le quartier de Solférino à Paris, où se trouve le siège du Parti socialiste.

Le récit suit une journaliste de télévision confrontée à un conflit avec son ancien compagnon, alors que la foule se rassemble dans les rues pour suivre les résultats. Le tournage se fait en conditions réelles, au milieu des événements, ce qui donne au film une proximité directe avec le contexte politique. Les scènes reposent sur des échanges tendus, avec une progression qui se fait à partir de situations concrètes, sans intrigue construite de manière traditionnelle.

2016, Victoria

En 2016, elle réalise Victoria, présenté en ouverture de la Semaine de la critique au Festival de Cannes. Le film suit une avocate confrontée à plusieurs affaires judiciaires, tout en traversant une période compliquée sur le plan personnel, avec des situations qui s’enchaînent rapidement.

Le scénario repose sur une succession de scènes dialoguées, avec un rythme continu et une progression qui se fait sans rupture. Virginie Efira tient le rôle principal, entourée notamment de Vincent Lacoste et Melvil Poupaud. Le film reçoit plusieurs nominations aux César en 2017, dont celles du meilleur film et du meilleur scénario original.

2019, Sibyl

En 2019, Justine Triet présente Sibyl en compétition officielle au Festival de Cannes. Le film suit une psychanalyste qui reprend l’écriture et s’inspire de la vie d’une actrice pour construire son roman, ce qui crée un lien direct entre les événements vécus et leur transformation en fiction.

Le scénario, coécrit avec Arthur Harari, s’organise autour de plusieurs niveaux de récit, avec des passages entre la réalité et le travail d’écriture, sans séparation nette. Le film réunit Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos et Gaspard Ulliel, avec des scènes construites à partir de dialogues et de situations qui évoluent progressivement.

2023, Anatomie d’une chute

En 2023, Justine Triet présente Anatomie d’une chute en compétition officielle au Festival de Cannes, où le film obtient la Palme d’or. L’histoire commence par la mort d’un homme dans un chalet, dans des circonstances incertaines, puis se poursuit avec le procès de son épouse, principale suspecte.

Le film se construit à partir des témoignages, des éléments d’enquête et des échanges au tribunal, avec une progression basée sur l’examen des faits. Le fils du couple intervient comme témoin, avec un point de vue partiel sur les événements. Le scénario, écrit avec Arthur Harari, avance à partir de ces éléments, sans apporter de réponse définitive. En 2024, le film reçoit l’Oscar du meilleur scénario original ainsi que le Golden Globe dans la même catégorie, après avoir obtenu plusieurs César, dont ceux du meilleur film et du meilleur scénario original.

Une collaboration régulière avec Arthur Harari

À partir de la fin des années 2010, Justine Triet travaille régulièrement avec son compagnon Arthur Harari sur l’écriture de ses films. Ensemble, ils coécrivent Sibyl en 2019 puis Anatomie d’une chute en 2023.

Des films construits autour de situations précises

Dans ses films, Justine Triet choisit des contextes identifiables, comme une élection, un procès ou un cadre professionnel, qui permettent d’organiser les scènes autour de situations concrètes. Les récits avancent à partir d’échanges entre les personnages, avec une place importante accordée aux dialogues. Les scènes se déroulent souvent dans des espaces définis, comme un appartement, un cabinet ou une salle d’audience, ce qui permet de concentrer l’attention sur ce qui se dit et sur la manière dont les informations circulent.

Quatre longs métrages entre 2013 et 2023

Entre 2013 et 2023, Justine Triet réalise ainsi quatre longs métrages : La Bataille de Solférino en 2013, Victoria en 2016, Sibyl en 2019 et Anatomie d’une chute en 2023. Ces films sortent à intervalles réguliers, avec des projets développés sur plusieurs années.

Sur cette période, elle participe également à l’écriture de ses films, en collaboration avec Arthur Harari pour les deux derniers. En 2023, la Palme d’or obtenue à Cannes, puis les récompenses internationales en 2024, marquent une étape importante dans son parcours, avec une présence régulière dans les festivals et les circuits de diffusion.