12 mai 2026

7 choses à savoir sur Anaïs Demoustier, héroïne émouvante de La Vénus électrique

La magnétique actrice française Anaïs Demoustier a tourné dans plus de cinquante films (signés Quentin Dupieux, François Ozon, Christophe Honoré) et brillait dans le puissant Le Comte de Monte-Cristo. Alors qu’elle est au Festival de Cannes 2026 pour défendre La Vénus électrique, le long-métrage d’ouverture, Numéro revient sur les confessions de la comédienne nommée aux César 2025, lors de sa masterclass au Forum des images, à Paris.

  • propos recueillis par Violaine Schütz.

  • Publié le 2 avril 2025. Modifié le 12 mai 2026.

    Anaïs Demoustier, une actrice qui peut tout jouer

    Dans le dantesque blockbuster Le Comte de Monte-Cristo, sorti au cinéma en juin 2024, Anaïs Demoustier jouait la solaire Mercédès Herrera, le grand amour d’Edmond Dantès (Pierre Niney), qu’il a du mal à oublier. Au fil des années, alors que celui qu’elle allait épouser est en détention (à cause d’un complot), elle se mue en femme remariée sans affection austère et mélancolique. Avec son talent et son regard émouvant, l’actrice française âgée de 37 ans parvenait à nous faire croire qu’elle a vieilli et vécu toutes ces choses terribles liées à la perte d’un amour.

    Une belle performance, pour laquelle elle est nommée aux César 2025, qui arrive après une riche carrière se composant de comédies déjantées et de films d’auteurs poignants. Récemment, la comédienne nous avait éblouis dans la fresque historique, subversive et romantique Le Temps d’aimer (2023), aux côtés de Vincent Lacoste. Et au Festival de Cannes 2026, elle défend l’émouvant et drôle La Vénus électrique – le film d’ouverture – qui nous plonge dans l’univers forain. Bref, on a l’impression qu’elle peut tout jouer…

    Elle a débuté à 13 ans, aux côtés d’Isabelle Huppert

    En 2023, l’actrice française donnait près de deux heures de son temps lors d’une masterclass au Forum des images, à Paris, à la fois amusante et passionnante. Lors de ses confessions les plus intimes qui s’inscrivaient dans le cycle « Acteurs, Actrices & Avatars », elle expliquait au sujet de sa première aventure au cinéma : “C’était une expérience très heureuse, mais Michael Haneke est un réalisateur qui attend beaucoup d’acteurs, et qui attend autant des enfants que des adultes. Il ne nous considérait pas du tout comme des enfants. Il demandait à tous les acteurs du Temps du loup (sorti au cinéma en 2003) de rester en Autriche, dans un bled paumé, et de ne pas rentrer en France durant le tournage. Seule Béatrice Dalle arrivait à fuir. Elle avait créé une complicité avec un régisseur qui l’amenait en cachette à l’aéroport pour qu’elle s’envole pour Paris. Sa doublure la remplaçait parfois.”

    Elle était très jeune lors de son premier Festival de Cannes

    Je m’en souviens encore très bien et à chaque Festival de Cannes, j’y repense. C’était très joyeux. Avec ma famille, on dormait tous entassés dans une chambre d’hôtel. C’était une manière géniale d’abord le Festival de Cannes, car j’y étais avec les autres jeunes acteurs du film de Michael Haneke, Le Temps du loup, Lucas (Biscombe) et Hakim (Taleb). On faisait des bombes dans la piscine du Majestic, dans le plaisir pur, alors qu’à Cannes, les gens sont hyper coincés et personne ne se baignait. La projection était un moment assez dingue – le film était très controversé donc certains sifflaient et claquaient leurs fauteuils -, tout comme le tapis rouge avec les photographes qui criaient le nom d’Isabelle (Huppert).

    Elle a passé son adolescence (en partie) sur les plateaux de cinéma

    J’aimais rester avec mes copines, mener une vie normale (le père d’Anaïs Demoustier travaillait chez Auchan et sa mère était mère au foyer, ndlr). J’adorais ma vie à Villeneuve-d’Ascq. J’avais un peu honte quand le cinéma existait trop dans ma vie scolaire, comme lorsqu’il y avait eu un article sur moi publié dans La Voix du Nord, et qu’il avait été affiché dans ma classe; J’avais envie d’être comme tout le monde, alors ça me gênait un peu. Je me souviens qu’un jour, mes parents et ma sœur m’avaient dit : « Mais allez, débarrasse la table ! » J’étais trop habituée à la cantine sur les tournages… Du coup, c’était un bon retour à la réalité.”

    Anaïs Demoustier dans Le Comte de Monte-Cristo © CHAPTER 2 – PATHE FILMS – M6 - Jérôme Prébois.

    Anaïs Demoustier dans Le Comte de Monte-Cristo © CHAPTER 2 – PATHE FILMS – M6 - Jérôme Prébois.

    Anaïs Demoustier, Bastien Bouillon et Pierre Niney dans Le Comte de Monte-Cristo © CHAPTER 2 – PATHE FILMS – M6 - Jérôme Prébois.

    Anaïs Demoustier et  Vassili Schneider dans Le Comte de Monte-Cristo © CHAPTER 2 – PATHE FILMS – M6 FILMS – FARGO FILMS.

    Bird People, un film qu’elle a adoré tourner

    J’ai beaucoup aimé tourner Bird People (2014) de Pascale Ferran. La réalisatrice m’a demandé de faire le ménage pendant une semaine, dans un hôtel, pour pouvoir me rendre compte des véritables gestes qui sont répétés et de leur côté automatique, mécanique. Ça m’a aidée à me rendre compte de la solitude de la femme de chambre. On se retrouve dans un état étrange, presque méditatif en entrant dans une pièce pleine de l’intimité d’une personne.

    La fois où elle a planté une voiture sur le tournage d’un film de François Ozon

    François Ozon s’est inspiré d’un fait divers pour écrire son film Une nouvelle amie (2014). Il parle d’un homme qui a perdu sa femme qui s’est mis à se travestir après son décès, car elle lui manquait. Ozon pousse le vice encore plus loin en me faisant jouer la meilleure amie de sa femme disparue, qui est amoureuse de cet homme qui porte les vêtements de son amie morte. Sur le tournage, je conduis une voiture rouge que j’ai plantée lors d’une scène, au Canada. En fait, François m’avait mis la pression en me menaçant avant le tournage : « Passe ton permis, sinon je prends Léa Seydoux (rires). » J’ai eu le permis en vitesse, mais je ne savais pas faire les manœuvres pour me garer, car j’avais eu la chance de me garer en épi au moment de le passer.”

    Elle a collaboré plusieurs fois avec Quentin Dupieux

    Avant de tourner dans un film de Michael Haneke, on tournait, avec mes copines, des fausses pubs et de faux journaux télévisés, et on s’amusait beaucoup. Je mettais mes cheveux sous mes bras et je faisais semblant d’être dans une pub pour des rasoirs. Je retrouve ce plaisir pur lié à l’enfance, ludique et léger, chez Quentin Dupieux, en plus d’adorer ses scénarios très bien écrits et à ses scénarios d’une grande musicalité. J’apprécie aussi le fait de jouer des filles complètement débiles, avec un grain. Ça me change des rôles d’avocate ou de philosophe. Jouer les demeurés, c’est très agréable (rires). Ça repose énormément.

    La Vénus électrique de Pierre Salvadori, au cinéma le 13 mai 2026. Le film sera présenté en ouverture du Festival de Cannes le 12 mai 2026.