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L’artiste Mathias Kiss fait fondre le Petit Palais
Pour la Nuit Blanche 2026 à Paris, l’artiste contemporain Mathias Kiss a investi le Petit Palais avec Liquid Mirror, une installation immersive composée de miroirs géants. L’œuvre reste visible jusqu’au 14 juin et offre une expérience visuelle unique au cœur du musée parisien.

Une cascade de miroirs au cœur du Petit Palais
Avec Liquid Mirror (2026), Mathias Kiss déploie au Petit Palais une immense surface de miroirs qui semble couler du mur jusqu’au sol. Composée d’une mosaïque de fragments réfléchissants, l’installation apporte du mouvement à l’architecture du musée parisien. Une manière de bousculer l’image d’un patrimoine volontiers perçu comme immuable. “On dit souvent que la ville, le musée, Paris, c’est figé”, explique l’artiste, qui souhaitait introduire dans ce bâtiment de 1900 quelque chose de “vivant”, de « mouvant”.
Conçue pour dialoguer avec le lieu, l’œuvre s’inscrit également dans une réflexion sur notre époque. Derrière son apparente fluidité se cache en effet une structure géométrique composée de multiples facettes, dont le dessin n’est pas sans rappeler celui du pixel numérique. Cette esthétique contemporaine contraste avec l’architecture Belle Époque du Petit Palais, tout en créant un dialogue inattendu entre patrimoine et modernité. Pour Mathias Kiss, cette rencontre entre les époques est au cœur du projet : “C’est aussi notre monde contemporain qui dialogue avec ce monument historique.”

Le retour de Mathias Kiss au Petit Palais, un rêve d’enfant devenu réalité
Cette invitation au Petit Palais possède pour le plasticien une dimension particulièrement symbolique. Avant de devenir artiste, Mathias Kiss a travaillé comme restaurateur de monuments historiques et a participé à des chantiers dans des institutions patrimoniales semblables au musée parisien. Revenir aujourd’hui dans ce lieu qu’il admirait, et où il rêvait d’exposer, relève du “rêve de môme”. “Moi, je rentrais par la porte des ouvriers”, raconte-t-il. Cette fois, c’est “par la grande porte” qu’il fait son entrée.
Installée dans l’axe de L’Allégorie du Triomphe des femmes (1906-1909) de Georges Picard, Liquid Mirror reflète autant le musée que les visiteurs qui animaient l’édition 2026 de la Nuit Blanche le 6 juin dernier. Les plafonds, les décors et certains détails de l’architecture apparaissent dans sa surface fragmentée, offrant un point de vue inédit sur le Petit Palais. “On va redécouvrir plein de choses du lieu”, explique Mathias Kiss, qui voit son œuvre comme une manière de regarder le musée autrement.
Un miroir pour redécouvrir le musée
Mais le miroir renvoie aussi l’image des visiteurs eux-mêmes. Chacun y apparaît au milieu de l’architecture et peut y projeter sa propre histoire, son propre rapport au lieu. Pour Mathias Kiss, “chacun verra un bout de son musée et de son histoire avec le Petit Palais”. Dès lors, les interprétations se multiplient : “Pour certains, ça va être un dégât des eaux. Pour certains, un rêve de Cendrillon. Ou un lac !”, sourit-il. Dans le cadre de la Nuit Blanche 2026, placée sous le signe de l’amour par l’artiste et programmatrice Barbara Butch, l’installation devient ainsi un espace partagé où se mêlent les reflets du lieu et de ceux qui l’habitent.

Une œuvre ludique et accessible à tous
À la tombée de la nuit, Liquid Mirror révèle également une dimension plus festive. Les multiples facettes du miroir captent et diffusent la lumière dans les galeries du Petit Palais. Mathias Kiss le souligne lui-même : “la nuit, avec la lumière, il y a un côté boule à facettes”. Une image inattendue dans le décor du musée, qui participe pleinement à l’esprit de célébration propre à la Nuit Blanche, pour laquelle l’œuvre a été originellement conçue.
Mathias Kiss revendique enfin une approche accessible de l’art contemporain. “Moi, je défends le côté ludique et démocratique, de 7 à 77 ans”, lance-t-il. Particulièrement sensible au regard des plus jeunes, il espère avant tout susciter l’émerveillement. “Si un enfant a envie de sauter à pieds joints dans cette flaque, je trouverais ça génial.” Une réaction qui résume peut-être mieux que toute autre l’esprit de Liquid Mirror…
“Liquid Mirror”, installation jusqu’au 14 juin 2026 au Petit Palais, dans le cadre de La Nuit Blanche 2026.