13 juil 2026

Haute couture : les looks les plus impressionnants de l’automne-hiver 2026-2027

Les défilés haute couture automne-hiver 2026-2027 ont une nouvelle fois repoussé les limites de la création. Entre robes architecturales, broderies virtuoses, jeux de volumes spectaculaires et savoir-faire d’exception, les maisons ont dévoilé des silhouettes aussi audacieuses que fascinantes. Retour sur les looks les plus impressionnants aperçus sur les podiums cette saison.

  • par Jasmine Baha.

  • Les looks qui ont marqué la haute couture automne-hiver 2026-2027

    La Fashion Week haute couture s’impose comme le rendez-vous mode immanquable des passionnés de mode et d’artisanat. Chaque saison, la poignée de maisons inscrites au prestigieux calendrier de la couture démontrent leur capacité à orchestrer des défilés où la créativité et la technique sont mis à l’honneur, à travers des silhouettes d’exception dont la réalisation exige un temps infini. En valorisant ce temps long, la semaine de la couture permet d’admirer l’immense travail de précision, toujours plus innovant, réalisé en amont et de distinguer les milliers de détails signatures de chaque griffe.

    Si l’imaginaire collectif associe volontiers la couture à des silhouettes monumentales et des volumes démesurés, les pièces d’une ligne plus sobre cachent, elles aussi, une complexité tout aussi vertigineuse. Ainsi, chaque défilé devient l’opportunité pour les maisons de s’atteler à un exercice où minutie demeure le maître-mot, pour mettre au point des looks qui requièrent parfois des milliers d’heures de travail en atelier. Des robes corsetées Schiaparelli aux tailleurs brodés Dior, cette saison haute couture continue de prouver qu’elle constitue un écosystème unique, nourri par des savoir-faire d’exception et des techniques artisanales d’une complexité inouïe.

    10 looks haute couture décryptés

    La robe cocon du défilé Balenciaga par Pierpapolo Piccioli

    Après deux premiers défilés en tant que directeur artistique de Balenciaga, Pierpaolo Piccioli signe ses débuts en haute couture avec un défilé automne-hiver 2026-2027 présentée à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Pour cet exercice majeur, il renoue avec l’héritage de la maison à travers des volumes architecturaux. Ainsi Le créateur italien remet ainsi à l’honneur la précision de la coupe et l’intensité de la couleur.

    Le look 32 illustre particulièrement cette vision. Cette robe ivoire dévoile au dos une construction en forme de cocon réalisée en crêpe de soie biotechnologique, un tissu innovant reproduisant l’aspect lisse et les propriétés thermorégulatrices de la soie traditionnelle. Épurée sur le devant grâce à un décolleté net, la silhouette est ponctuée d’un discret détail en laiton et d’escarpins turquoise en daim, signature de la maison.

    Avec cette création, Balenciaga démontre que l’excellence se niche dans la maîtrise du geste, la recherche textile et l’attention portée aux détails plutôt que dans l’extravagance. Une approche qui s’impose de plus en plus sur les podiums, à mesure que la mode réinterroge les notions d’artisanat et d’innovation.


    La robe corail à plumes du défilé Schiaparelli

    Comme à chaque ouverture de la Fashion Week haute couture, Schiaparelli donne le coup d’envoi des festivités. Entre front row prestigieux et créations spectaculaires, la maison fondée par Elsa Schiaparelli continue de faire de chacun de ses défilés un rendez-vous incontournable.

    Présenté au Petit Palais, le défilé automne-hiver 2026-2027 de Daniel Roseberry explore un univers marin peuplé de silhouettes corsetées, de volumes organiques et de références surréalistes. Parmi les vestes tentaculaires et les formes évoquant les anémones de mer, le look 20 se distingue par une robe corail à la théâtralité saisissante. Au-delà de son impact visuel, la pièce met en lumière l’excellence artisanale qui fait la réputation de Schiaparelli.

    Fruit de plus de 10 000 heures de travail, cette création témoigne d’une recherche constante autour des matières. Délaissant les codes traditionnels de la couture, la maison expérimente ici le latex, le silicone et des surfaces peintes puis cuites au four. Des broderies de plumes aux nuances corail habillent la jupe et le dos, tandis qu’un bustier sculpté, moulé puis peint à la main complète la silhouette avec un réalisme spectaculaire. Une démonstration virtuose du savoir-faire contemporain de Schiaparelli.


    Dior réinvente le tailleur haute couture

    Pour son défilé haute couture automne-hiver 2026-2027, Dior s’ancre dans une démarche artisanale et mémorielle. Tout d’abord en rendant hommage au patrimoine de la maison, mais également à la sculptrice Lynda Benglis. Si parmi les 66 silhouettes, notre œil s’attardait sur les robes éventails poétiques, l’une des pièces les plus impressionnantes demeure le tailleur Encre. Sûrement parce qu’il associe différentes techniques couture.

    Pour sa réalisation, la maison Dior mobilise la construction tailleur, la broderie, la peinture sur textile, le travail de la mousseline, mais également l’ornement en relief. Ainsi,la silhouette est composée d’un manteau en mousseline de soie brodé de tweed, reposant sur une sous structure rappelant la mythique veste Bar. Un hommage moderne au patrimoine de la maison, décliné ici en laine et en soie.

    Si la veste dans des tons gris et blancs capte immédiatement l’attention, la jupe témoigne elle aussi de la richesse du travail réalisé. Confectionnée en satin de soie martelé, elle apporte texture et relief à la silhouette grâce à sa surface subtilement irrégulière. Dior y ajoute un décor de palmes noires peintes à la main, enrichi de broderies florales qui accentuent la profondeur de l’ensemble.


    La galaxie de verre en mouvement d’Iris van Herpen

    Pour ouvrir son défilé automne-hiver 2026-2027, Iris van Herpen dévoile une robe sculpturale composée de sphères transparentes. Une silhouette qui n’est pas sans rappeler la création portée par la skieuse Eileen Gu lors du Met Gala 2026. Cette dernière, capable de relâcher des bulles grâce à un dispositif de microprocesseurs dissimulé sous les 15000 sphères de verre assemblées à la main, avait nécessité 2 500 heures de travail.

    Ainsi, cette saison, la designer reprend donc ce vocabulaire esthétique et technologique. Pour donner naissance à cette robe, Iris van Herpen fixe plus de 10 000 sphères de verre, soufflées à la main et de tailles variables sur du tulle transparent. Le résultat évoque un vortex cristallin enveloppe le corps. Le dégradé de densité obtenu renforce cette idée de mouvement permanent. Comme l’illusion d’une galaxie de verre flottant autour du corps.

    Pour prolonger cet effet spectaculaire, la designer met également au point une coiffe selon le même procédé. En forme de spirale, elle s’étire la silhouette vers le ciel, lui donnant l’impression de disparaitre dans la brume ambiante diffusée pour l’occasion.


    Une robe sirène rouge flamboyant chez Elie Saab

    Pour son défilé automne-hiver 2026-2027, Elie Saab nous invite à plonger au cœur d’un bal haute couture aux accents féériques. En s’inspirant de la figure de la déesse, la maison propose des robes du soir éthérées qui plongent la collection dans un imaginaire fantastique.

    Selon nous, la pièce la plus impressionnante demeure cette robe sirène, articulée autour d’un corset sculptural. Celui-ci est confectionné dans un tissu rouge flamboyant, modelant la silhouette avec élégance. Dans son prolongement, le couturier libanais assemble une jupe en voile transparent de la même teinte. Cette partie de la création est brodée de sequins, enveloppant la silhouette dans une iridescence raffinée. Enfin, la maison appose une cascade de roses brodées sur l’ensemble, apportant relief et dimension à la pièce.

    Cette création haute couture souligne les courbes du corps avec finesse, tandis que ses soieries et ses ornementations suggèrent une féminité envoutante. Pour parfaire l’ensemble, Elie Saab ponctue le look d’un masque papillon en tissu ton sur ton.


    Germanier et sa robe à paniers moderne

    Pour son défilé automne-hiver 2026-2027, Germanier dévoile une collection intitulée ”Les Sulfureuses“. Un chapitre couture qui explore la beauté de la transformation, grâce à des silhouettes en tension entre reflets irisés et couleurs chatoyantes.

    Fidèle à sa démarche, le créateur réemploie des stocks dormants afin d’offrir une seconde vie aux matériaux et vêtements invendus du groupe LVMH. Elle compose ainsi un dialogue entre volumes spectaculaires, formes organiques et teintes vibrantes. Dans cette collection où l’avant-gardisme demeure maître mot, chaque silhouette capture et reflète la lumière grâce aux matériaux employés. Notre regard s’attarde particulièrement sur le look numéro 6 de ce ballet textile, qui interprète la robe à paniers du XVIIIe dans un esprit moderne, voire punk.

    Sur un corset de satin ajouré, Germanier appose des cristaux Swarovski fluorescents qui soulignent la construction du vêtement. La taille dramatique accentue le contraste entre le buste ajusté et la jupe volumineuse. À partir des hanches, Germanier travaille un volume spectaculaire grâce à une multitude de plumes minutieusement apposées à la main. En dessous, on devine une jupe crayon en soie qui se prolonge jusqu’aux chevilles de la silhouette.

    Telle une princesse des temps modernes, cette création d’un vert citron lumineuse incarne la pluralité des savoir-faire de Germanier qui a fait de la seconde vie et de la circularité sa philosophie couture.


    La robe en verre et en lave du défilé Iris van Herpen

    Après avoir ouvert son défilé sur une fascinante galaxie de verre, Iris van Herpen signe un final tout aussi extraordinaire. Spectaculaire, cette robe sinspire d’un autre phénomène naturel : le plasma.

    Baptisée Helix Nebula, elle se compose de 8 000 sphères de verre associées à des couches de tulle transparent, signatures récurrentes de la collection. Mais sa singularité réside surtout dans deux formes sphériques suspendues, spécialement développées pour cette silhouette. Réalisées en verre soufflé à la main, elles renferment du plasma réactif au contact humain. Un procédé d’une grande complexité, conçu en collaboration avec le spécialiste du plasma Mundy Hepburn.

    Avec cette création, Iris van Herpen repousse une nouvelle fois les frontières entre mode, science et technologie. En effet, la peau du mannequin active un champ électrique qui génère du plasma, donnant vie à un ballet lumineux fascinant. Plus qu’une robe, Helix Nebula devient ainsi une expérience sensorielle où matière, énergie et mouvement se rencontrent.


    La robe parsemée de ballons du défilé Robert Wun

    Pour sa collection haute couture automne-hiver 2026-2027, Robert Wun puise dans les souvenirs de l’enfance et la force de l’imaginaire à travers des silhouettes théâtrales, colorées et volontairement démesurées.

    Présentée au Dôme de Paris, la collection convoque un univers fantasque où se croisent masques animaliers, robes éclaboussées de peinture et costumes de ballerines aux proportions exagérées. Fidèle à son approche narrative, le créateur transforme le podium en terrain de jeu, insufflant à la Fashion Week haute couture une énergie aussi audacieuse que poétique.

    Cet esprit atteint son apogée dans les derniers passages du défilé avec une silhouette ornée de ballons colorés en PVC. Gonflés à l’hélium, ils semblent flotter autour d’une robe aux volumes généreux et aux épaules sculpturales. En confrontant la rigueur de la construction couture à la légèreté ludique de ces éléments XXL, Robert Wun signe une création aussi spectaculaire qu’émouvante. Une démonstration de son savoir-faire, à la croisée de la précision technique et de l’expérimentation créative.


    La robe en céramique de Yuima Nakazato

    Entrée dans le calendrier haute couture en 2016, Yuima Nakazato dévoile chaque année des collections comme hommage à l’excellence des savoir-faire japonais. Pour son défilé automne-hiver 2026-2027, il s’inspire de la dualité du feu et de l’eau, du jour et de la nuit pour proposer une collection intitulée INFERNO. Une poursuite des expérimentations de Yuima Nakazato entre mode et art contemporain, qui donne ainsi lieu à 25 silhouettes sculpturales. Parmi elles, le look numéro 7 retient notre attention.

    Cette robe bustier reprend la structure de la robe emblématique Fragile Armor composée de milliers de petits carrées en céramique, associées à la main. Pour ce faire, le créateur utilise effectivement un matériau brut conçu à partir d’argile. Et ce n’est pas tout : la terre est même travaillée en interne au sein de l’atelier, qui la cuit, la façonne et l’émaille à la main, pour créer des robes qui nécessitent plus de 1 000 heures de travail. Ici, il choisit de teinter ce look de nuances bleutées. Un hommage assumé aux photographies de l’océan qu’il immortalise lors de son escapade à Tenerife. Pour parachever ce look, le créateur propose une coiffe dans les mêmes tons, parée de filatures qui cascadent sur le visage du mannequin.


    Cristaux, plumes et transparences chez Zuhair Murad

    Dévoilée le 8 juillet dans une scénographie brumeuse et éthérée, la collection haute couture automne-hiver 2026-2027 de Zuhair Murad explore un univers où romantisme et pouvoir se répondent. Voiles transparents posés sur les visages, longues traînes, motifs de papillons et nuances pastel composent un vestiaire à la fois délicat et théâtral.

    Parmi les silhouettes les plus remarquables figure une robe sirène ajourée aux reflets verts et noirs. Sa couleur profonde contraste avec la palette vaporeuse de la collection. Au-delà de son allure saisissante, la robe impressionne par la minutie de son exécution. Ainsi, plus de 180 heures de broderie ont été nécessaires pour appliquer cristaux, sequins et franges sur toute sa longueur

    Un subtil jeu de transparences vient accentuer la légèreté de la silhouette, tandis que des plumes noires, posées à la main, apportent une touche dramatique. Une création qui illustre parfaitement la capacité de Zuhair Murad à conjuguer virtuosité artisanale et sens du spectaculaire.