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La saga culte Scary Movie racontée par Anna Faris
L’actrice Anna Faris, icône de la comédie américaine, a joué dans des projets remarqués tels que May, Lost in Translation de Sofia Coppola, Le Secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee, Ma super ex, Smiley Face de Gregg Araki, Super blonde, Sex List, The Dictator ou Mariage à l’anglaise. Mais elle reste à jamais associée à la série de films parodiques et horrifiques Scary Movie. Alors que le nouveau volet (le sixième) de la franchise sort au cinéma ce mercredi 3 juin 2026, rencontre avec la star américaine âgée de 49 ans.
propos recueillis par Violaine Schütz.

Anna Faris nous raconte la saga culte Scary Movie
Numéro : Comment décririez-vous l’évolution de votre personnage, Cindy, depuis le tout début de la saga Scary Movie ?
Anna Faris : Elle est passée d’une lycéenne coincée avec un petit ami horrible — dont la toute première expérience sexuelle tourne au désastre total — à une femme qui, dans ce nouveau film, utilise carrément un objet sexuel pour poignarder quelqu’un. Franchement, c’est génial. Je me sens puissante. Peu d’acteurs ont la chance de réaliser un parcours aussi complet avec un personnage (rires). Mais en même temps, Cindy Campbell a toujours été un personnage très malléable, presque comme une pâte à modeler. Elle existe avant tout pour servir les blagues. Le public lui fait confiance parce qu’elle a bon fond… même si elle reste assez stupide. Donc finalement, peut-être qu’elle n’a pas tant évolué que ça.
Quand vous avez lu le scénario du premier Scary Movie inaugural, qu’est-ce qui vous a séduite dans ce personnage et dans l’univers du film ?
À l’époque, je n’avais encore jamais tourné de comédie avant d’être choisie pour ce rôle. Avec le recul, ma seule vraie approche du jeu comique, c’était la sincérité, parce que je venais surtout du drame. Mais j’ai découvert que ce genre de films demande un savoir-faire très particulier : il y a énormément de travail physique, beaucoup d’accessoires, un vrai sens du timing dans les dialogues, sans parler des effets spéciaux parfois énormes. Au fil des années, j’ai même suivi des entraînements très variés — boxe, danse, cascades avec harnais… Tout cela m’a énormément appris, humainement et professionnellement. Ce genre (la comédie horrifique) est vraiment unique. Et puis, ce qui me touche le plus, c’est quand des gens me reconnaissent et sourient immédiatement en repensant à une scène complètement absurde que j’ai tournée. J’adore cette idée de provoquer un souvenir chez quelqu’un. C’est une sensation magnifique.

“Ce qui me touche le plus, c’est quand des gens me reconnaissent et sourient en repensant à une scène complètement absurde que j’ai tournée.” Anna Faris
Dans ce nouveau film Scary Movie, vous parodiez certaines scream queens emblématiques du cinéma d’horreur…
Oui, mais je pense que Cindy est un peu plus indépendante dans ce film. On retrouve évidemment des références à Scream et au personnage iconique de Neve Campbell, ainsi qu’à d’autres figures du genre. Il y a notamment une parodie en particulier que j’adore et que j’ai vraiment hâte que le public découvre… Mais malheureusement, je ne peux pas encore en parler. Ce qui est amusant, c’est que je peux essayer de capturer l’énergie ou le style de ces personnages cultes, tout en laissant à Cindy sa propre personnalité et sa manière très particulière de faire les choses.
Les réalisateurs s’inspirent, dans ce film, de films comme Get Out, Knock at the Cabin, Longlegs, Heretic ou encore Sinners. Quels sont, de votre côté, les films d’horreur récents que vous avez particulièrement aimés ?
Honnêtement, même si je suis une grande fan de la saga Scream et que j’ai adoré Get Out, que je trouve brillant, je ne suis pas quelqu’un qui regarde énormément de films d’horreur. Juste avant d’être engagée sur Scary Movie, je tournais un film d’horreur à Seattle pendant mes études et je jouais une pom-pom girl qui se faisait sauvagement massacrer. Vous savez, le cliché classique : au lieu de sortir de la maison, elle monte à l’étage… et évidemment, le tueur la rattrape là-haut. C’était censé être un vrai film d’horreur sérieux, mais je pense qu’à partir du moment où on voit les coulisses — le faux sang, les effets spéciaux, toute la mécanique derrière les scènes — la magie opère différemment. Comme on dit souvent, une fois qu’on a vu comment la saucisse est fabriquée, ça perd un peu de son impact.

“J’adore l’évolution des héroïnes des films d’horreur à l’écran. Elles sont beaucoup moins passives.” Anna Faris
Les films d’horreur ont beaucoup évolué. Autrefois, les femmes étaient souvent seulement des victimes, agressées ou tuées à l’écran. Aujourd’hui, ce sont des personnages beaucoup plus puissants…
J’adore le fait qu’elles ne soient plus passives. Ce sont peut-être de petites victoires, mais elles comptent énormément. Il faut s’y accrocher. Dans ce film, le fait de me sentir puissante a été une expérience incroyable. C’était tellement satisfaisant et libérateur. Sur le tournage, je n’arrêtais pas de me dire : “Je ne pensais pas que ça me ferait un tel effet.” Et pourtant, ça faisait un bien fou. Je devais sûrement devenir un peu agaçante sur le plateau, parce que j’étais vraiment émue. J’en avais presque les larmes aux yeux en disant au réalisateur du long-métrage : “C’est tellement génial ce qu’on est en train de faire.” Et eux me répondaient : “Bon, ça va maintenant !” (rires).
Quelle est votre final girl (la dernière survivante des slashers, ndlr) préférée ?
Je dirais Neve Campbell. On appartient un peu à la même génération ; on a émergé à peu près à la même époque. Je l’ai d’ailleurs rencontrée une fois. Elle a été adorable avec moi. Elle m’a prise dans ses bras et m’a dit qu’elle trouvait Scary Movie hilarant. C’est extrêmement élégant et bienveillant de sa part. Elle n’a donc pas été choquée par l’humour du film. Cela tient sans doute au fait que notre univers est tellement absurde et excessif qu’il devient difficile de le prendre réellement comme une attaque personnelle. Tout est tellement ridicule que ça désamorce naturellement les choses.

“Faire rire est mon métier. Je ne peux pas me permettre d’être facilement offensée.” Anna Faris
Vous êtes aujourd’hui considérée comme une véritable icône de la comédie. Or ce nouveau film contient des blagues particulièrement provocantes. Avez-vous des limites en matière d’humour ?
Non. Honnêtement, c’est mon métier et c’est comme ça que je gagne ma vie. Je ne peux pas me permettre d’être facilement offensée.
Pensez-vous donc qu’on peut rire de tout ?
Non, pas forcément. Mais ce qui est intéressant avec Scary Movie, c’est que les messages passent toujours à travers des personnages totalement ridicules. Du coup, tout est renversé, détourné. J’espère surtout que le public ne cherchera pas forcément à analyser ce qu’on essaie de dire, mais qu’il vivra simplement ça comme un moment de pur divertissement. Certains trouveront certaines blagues hilarantes, d’autres moins. Mes parents, eux, seront probablement choqués…
Scary Movie de Michael Tiddes, au cinéma le 3 juin 2026.