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3 anecdotes sur La Mamounia, l’hôtel le plus iconique de Marrakech
Fondée en 1923, La Mamounia est une véritable institution à Marrakech. Hôtel de luxe, sa bâtisse Art déco est un trésor architecture marocaine, autant que son jardin, dont la genèse remonte au XVIe siècle… Incontournable, le lieu abrita également les plus grandes personnalités de passage à Marrakech au fil des dernières décennies, de Winston Churchill à Alfred Hitchcock, achevant d’en faire une adresse iconique.
Par Camille Bois-Martin.

La Mamounia, un palace incontournable depuis 1923
Institution iconique de Marrakech, le palace La Mamounia fêtait en 2023 ses 100 ans et célébrait cet anniversaire en s’offrant une splendide remise en beauté. Des jardins majestueux aux alcôves intimistes garnies de canapés en velours rouge, en passant par les fresques restaurées de Jacques Majorelle ornant ses plafonds, tout, ici, rend hommage à l’histoire de ce lieu mythique et à l’artisanat marocain.
Sans oublier la monumentale suspension trônant au centre du grand hall, trésor de savoir-faire inspiré par les bijoux berbères… On y profite aujourd’hui d’un séjour luxueux en plein cœur de la ville rouge, garni également d’un cinéma, d’un spa, d’une immense piscine bleu azur, ou encore d’un salon de thé où l’on peut déguster des mets Pierre Hermé. Bref, une adresse incontournable, qui attire depuis des décennies les plus grandes personnalités. Numéro revient sur trois célèbres anecdotes qui ont participé à sa renommée.

Quand Alfred Hitchcock tournait L’homme qui en savait trop à La Mamounia
Au début des années 1950, La Mamounia s’érige déjà depuis près de trente ans au cœur de Marrakech. Sa façade, imaginée en 1923 par Henri Prost et Antoine Marchisio, mêle les canons de l’Art déco aux détails cossus de l’architecture marocaine, et se voit redécorée en 1946 par le peintre Jacques Majorelle au gré d’un agrandissement de l’hôtel. Le lieu attire ainsi tous les regards, et inspire de nombreux artistes, à l’instar du réalisateur américain Alfred Hitchcock.
En 1953, alors qu’il entame le tournage de L’homme qui en savait trop (sorti en 1956) dans les rues de Londres, il fait voyager son équipe jusqu’au Maroc afin d’y enregistrer les premières scènes. Dans les suites de La Mamounia, les acteurs interprètent le début de l’intrigue du film d’espionnage. On aperçoit ainsi les terrasses et le jardin luxuriant du palace, ainsi que les sublimes chambres, fraîchement restaurées.

Winston Churchill, le bar et l’homme
Mais Alfred Hitchcock ne fut pas le premier à être inspiré par l’architecture singulière de La Mamounia. Quelques années avant lui, vers 1935, l’illustre Winston Churchill découvrait l’hôtel au fil d’un séjour personnel – il y retournera alors tous les hivers, figurant parmi les habitués du palace. Oubliant son costume d’homme d’État dans les armoires de sa suite, il s’essayait à l’aquarelle de balcon en balcon, observant les reflets du soleil et la nature foisonnante du jardin… Cigare à la bouche, évidemment.
Figure incontournable de l’histoire de l’institution, Churchill fait aujourd’hui presque partie des meubles. Un bar et une suite de La Mamounia portent en effet son nom, en hommage à celui qui considérait l’hôtel comme “l’un des plus beaux lieux au monde”. Et qui conseilla au Général de Gaulle de s’y rendre : le temps d’une petite nuit, où le directeur du lieu fit d’ailleurs confectionner un lit sur mesure pour accommoder sa grande taille…
Mythe ou réalité, la chanson Mamunia de Paul McCartney
Encore à ce jour, le mystère de la chanson Mamunia de Paul McCartney n’a pas encore été percé. Écrit et enregistré à Lagos en 1973, le morceau plutôt expérimental est une métaphore du renouveau et de la purification. Sa mélodie enivrante et lente, ainsi que ses paroles, font écho à la météo orageuse qui surplombait le musicien lors de sa composition. Son titre nous évoque, quant à lui, quasi immédiatement le célèbre hôtel marocain.
Paul et Linda McCartney y ont en effet séjourné à cette période… Mais il semblerait plutôt que Mamunia soit simplement une référence au mot arabe traduisible par “havre de paix” ou “refuge” – thématique, justement, de cette chanson. Mythe ou réalité, le fait est que le palace a bel et bien accueilli le musicien, qui, comme tant d’autres, aurait probablement matière à créer.
Hôtel La Mamounia, avenue Bad-Jdid, Marrakech, Maroc.