7 mai 2026

Charli xcx, Geese… Et si le rock était enfin de retour ?

Après l’esthétique brat et l’imagerie gothique, la trendsetteuse Charli xcx vient de décréter que le dancefloor était mort et que son prochain album sera rock. Il y a fort à parier que pour être tendance cette année, il faudra porter un blouson en cuir et écouter Geese. Tour d’horizon d’un retour de hype électrisant…

  • par Violaine Schütz.

  • Publié le 17 avril 2026. Modifié le 10 mai 2026.

    Depuis le raz de marée du brat summer de 2024, on sait que lorsque Charli xcx propose un objet artistique, ce dernier risque bien de se transformer en véritable phénomène pluridisciplinaire. À l’époque, on a tous eu rêvé de sortir en club vêtu de vert fluo et paré de lunettes noires futuristes. Depuis, elle a publié, en 2026, la BO très gothique d’“Hurlevent”, et cela nous a donné envie de courir dans la campagne sauvage du Yorkshire en robe de dentelle noire. 

    Son nouveau mantra pourrait donc faire beaucoup de bruit et lancer une nouvelle tendance. Ou plutôt, le retour d’une tendance. En effet, la chanteuse britannique a annoncé avec fracas au Vogue anglais : Je pense que le dancefloor est mort, alors maintenant, on fait de la musique rock. Les guitares devraient donc être au rendez-vous sur le prochain album de la star de la musique qui a enregistré son futur opus en quelques jours seulement à Paris. On entend d’ailleurs des guitares grinçantes et grunge sur son nouveau single nommé Rock Music.

    Charli xcx – Rock Music (2026).

    Charli xcx annonce le retour du rock

    Et si on assistait, en 2026, au grand retour du rock ? L’esthétique de cette mouvance sonore synonyme de rébellion et anticonformisme était déjà présente dans la mode depuis plusieurs saisons (notamment chez Saint Laurent). La tendance indie sleaze de ces derniers loirs nous incitait à nous inspirer de l’allure débraillée et sexy des Kills, de la Kate Moss des 90’s et de Pete Doherty des Libertines. Mais la musique elle-même semble aussi faire un comeback fracassant, notamment auprès de la Gen Z.

    Après des années d’hégémonie de la pop, du rap et de l’EDM, le courant né aux États-Unis et au Royaume-Uni dans les années 50 (et considéré comme une musique à papa s’étant embourgeoisée ces dernières années) semble connaître un retour de flamme. D’ailleurs, en 2025, pour la première fois depuis 35 ans aux États-Unis, aucune chanson rap n’était présente dans le top 40.

    Avant ça, il y a eu plusieurs signes avant-coureurs. Plusieurs stars plutôt tournées vers la pop ou l’électro, telles qu‘A$AP Rocky, Kelela, Justin Bieber, Slayyyter et Olivia Rodrigo (qui joue de la guitare rose dans son dernier clip et a collaboré avec Robert Smith de The Cure) lorgnent de plus en plus vers une énergie rock. Même la superstar du R’n’B et de la pop Beyoncé préparerait un disque s’inscrivant dans ce genre musical après avoir flirté avec la house et la country sur ses deux derniers albums.

    Geese, Wet Leg… Les groupes de rock ont la cote

    Aussi, la hype entourant des formations et des artistes tels que Geese, Fontaines D.C., The Last Dinner Party, Sombr, Wet Leg et, plus récemment, Angine de Poitrine, duo de rock expérimental québécois qui s’est retrouvé en première position du palmarès Viral 50 : Monde sur Spotify, a laissé entendre que la musique à guitares pouvait séduire de nouveau les masses. D’autres bandes cultes du genre, telles que The Strokes, The Cure et Oasis, ont fait leur retour (salué) sur la scène médiatique. Et les biopics s’intéressent aussi de plus en plus aux stars du rock, de Bruce Springsteen à Bob Dylan en passant par les Beatles.

    Mais pourquoi assiste-t-on à un retour à un son plus brut, authentique et sauvage ? La première hypothèse (la plus évidente) est que les auditeurs en ont peut-être eu assez des chansons nées avec l’IA, des formules faciles et de l’auto-tune à outrance. À force de créer de la musique pour TikTok, avec un hook situé en début de morceau, tous les tubes mainstream ont fini par se ressembler. Et les algorithmes des services de streaming nous proposent des hits semblables les uns aux autres. Au fil des ans, le sentiment de surprise semble s’être émoussé. Dès qu’un morceau marche, une major signe un artiste qui en a enregistré un dans la même lignée. Au final, les pop stars deviennent interchangeables…  Et trop polissées.

    La ruée vers l’analogique

    On peut voir aussi dans l’attrait pour les rock stars une réaction à la cancel culture. Les stars du rock sont par essence dangereuses et imprévisibles, à l’instar de Courtney Love et Amy Winehouse, très loin de produits marketing aspeptisés. On peut aussi imaginer que cette tendance est liée au retour de l’analogique chez les plus jeunes. En effet, de plus en plus de représentants de la Gen Z, lassés des téléphones portables et du streaming, n’hésitent pas à se tourner vers les platines vinyles, les salles de cinéma, les book clubs et même, les iPods avec casques filaires.

    Le fait que l’on dépense de plus en plus d’argent pour se rendre à des concerts et des festivals participe de l’engouement pour les expériences IRL fortes et fédératrices. Or le rock (et ses sous-genres, notamment le punk) incarne à merveille une expérience viscérale, imprévisible, mystique et chaotique (voire transcendantale), entre pogo, rencontres et sueur. On se sent à la fois vivant et moins seul au milieu de la fosse, en train de ressentir les vibrations des instruments et de la foule. À condition que la participation à cet événement collectif ne soit pas simplement destinée à devenir un post/reel très liké sur les réseaux sociaux

    Rock Music (2026) de Charli xcx, disponible. Reality Awaits de The Strokes, disponible le 26 juin 2026.