20 avr 2026

Que faut-il penser de la tendance du retour à l’analogique ?

L’analogique est de retour, des vinyles aux appareils photo argentiques en passant par les mots croisés et les cahiers de coloriages. Mais s’agit-il d’une tendance de fond ou d’une lubie numérique de plus ?

  • par Violaine Schütz.

  • Publié le 4 février 2026. Modifié le 20 avril 2026.

    Depuis quelques mois, la tendance fait fureur sur les réseaux sociaux. Sous le hashtag analog bag (sac analogique), des internautes dévoilent le contenu d’un sac rempli d’activités nous éloignant de la technologie. Le mot a été popularisé par Siece Campbell, créatrice de contenus basée à Los Angeles.

    L’idée est d’éviter de scroller à l’infini sur son téléphone en misant sur des mots croisés (qui redeviennent branchés avec des initiatives comme Flécher), appareils photo argentiques, cartes postales, crayons de couleur, kits de broderies, lecteurs MP3, jeux de cartes, aiguilles à tricoter, cahiers de coloriages, livres, carnets, magazines… L’analog bag devient alors un antidote face au stress et à la fatigue numérique. Cette démarche s’inscrit dans un retour à l’analogique plus global promu par la Gen Z qui se trouve confrontée en permanence aux écrans.

    Le retour de l’analogique, des jeux de cartes aux cassettes

    À côté de ces vidéos de déballage qui nous change des hauls de vêtements achetés en fast fashion, il y a le retour des cassettes (un magasin intitulé Le Club K7 a même ouvert à Paris), des VHS, des iPods avec écouteurs filaires, des CD’s (Sabrina Carpenter a même vendu un lecteur CD au rayon merchandising de son site officiel), du journaling, des appareils photos argentiques, des vinyles et autres objets en marge des plateformes de streaming.

    Selon la British Standards Institution (BSI), 46 % des Anglais âgés de 16 à 21 ans déclarent en 2025 qu’ils préféreraient passer leurs jeunes années dans un monde sans internet. Et d’après une étude de l’Insee publiée en 2023, 57 % des internautes de moins de 20 ans déclarent ressentir au moins un effet néfaste lié à l’usage des écrans. On n’est donc pas très loin du digital burn-out

    Pourtant, cette tendance n’est peut-être pas aussi puissante et salvatrice qu’elle en a l’air. D’abord parce que, ironie du sort, elle se développe sur les réseaux sociaux… Et qu’elle est devenue une trend comme les autres. D’ailleurs de nombreux créateurs de contenus montrent leurs collections de vinyles dans des reels viraux et postent leurs photographies argentiques (scannées) sur Instagram.

    Une tendance web comme une autre ?

    Plus alarmant, ce qui est synonyme de contre-culture et d’alternative face à l’hégémonie du web et de la consommation de masse se retrouve récupérer sur des sites tels que Temu et Aliexpress. On y découvre en effet des cassettes audios ou des lecteurs de CD’s vendus à grande échelle. Tout se retrouve donc récupéré par le web et la société de consommation…

    Aussi, les disquaires, les libraires et les gérants de cinéma ne cessent de clamer que ce phénomène branché est l’arbre qui cache la forêt. En effet, les petites salles obscures et les magazines de disques (tels que Balades Sonores à Paris) tout comme les librairies indépendantes se trouvent souvent, en 2026, dans une situation précaire. Car si poster dans une story un vinyle disposé à côté d’une bougie et d’un matcha est du plus bel effet, changer entièrement son mode d’appréhension de la culture en est une autre.