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5 choses à retenir du défilé Balenciaga
Au défilé Balenciaga automne-hiver 2026-2027, Pierpaolo Piccioli dévoile une seconde collection à la fois picturale et cinématographique. Ou quand le clair-obscur du Caravage rencontre la série Euphoria de Sam Levinson.
par Léa Zetlaoui.
Deuxième acte pour Pierpaolo Piccioli avec ce défilé Balenciaga automne-hiver 2026-2027. Après un premier défilé très attendu en septembre dernier, le directeur artistique confirme ici sa vision. Mais cette saison, la proposition plus intime, presque introspective. “Je m’intéresse profondément aux gens, aux récits qu’ils portent en eux, aux chemins complexes et entrelacés qui façonnent leurs vies. À leurs histoires. Cela a toujours nourri et influencé mon travail, ma démarche créative. Je suis attirée par la fragilité et l’imperfection, car c’est là que je reconnais l’authenticité et la beauté de la vie”, précise-t-il. Entre ombre et lumière, le créateur italien poursuit son exploration de l’humain, de ses fragilités et de ses forces. Le résultat,:un défilé puissant, pensé comme une fresque sensible de notre époque.

Un défilé pictural inspiré du clair-obscur
Pour son défilé Balenciaga automne-hiver 2026-2027, Pierpaolo Piccioli explore le clair-obscur, cette technique picturale de la Renaissance qui révèle les volumes en opposant la lumière à l’obscurité. Sur le podium, l’idée devient presque tangible avec des silhouettes qui évoluent comme des tableaux vivants. Entre drapés flottants, matières profondes, éclats soudains, les looks jouent en permanence sur cette tension visuelle. Une métaphore assumée de la condition humaine, où fragilité et force cohabitent.

Une scénographie immersive avec Sam Levinson
Pour ce show sobrement baptisé ClairObscur, le créateur s’associe au réalisateur Sam Levinson, dont la troisième saison de la série Euphoria devrait sortir prochainement. En guise de décor, sur des écrans monumentaux, des fragments visuels s’entremêlent, portraits cinématographiques des mannequins, paysages contemporains, extraits inédits de la prochaine saison. Le tout composant alors une fresque numérique hypnotique. “C’est pourquoi j’ai choisi le travail de Sam sur Euphoria pour faire partie du récit de la collection ClairObscur : pour sa capacité à transmettre un sentiment de nos réalités, à travers une représentation prismatique des fragilités et des forces humaines,” explique Pierpaolo Piccioli. Ici le message est clair, même dans l’obscurité, la lumière persiste.

Quand les vêtements sculptent les corps
Fidèle à l’héritage de Cristóbal Balenciaga, cette collection place le corps au centre du propos. Ainsi, les cols encadrent le visage comme des portraits, tandis que les capuches et décolletés dessinent des lignes nettes. Les robes drapées et ajourées sculptent la silhouette avec grâce, les manteaux structurés enveloppent. On retrouve également cet art de construire des vêtements, patte du fondateur de la maison, qui modifient les corps pour mieux les sublimer : des épaules arrondies, des cols ouverts et rigides, des plis stratégiquement placés.

Couleurs et matières jouent avec la lumière
Ainsi, en écho à l’exposition “Clair-Obscur” à découvrir à la Bourse de Commerce, cette collection Balenciaga se découvre comme un tableau. Ici, les jeux de matières pour apporter de la texture dans cette composition picturale en clair-obscur. Entre cuir souple, cachemire mat, soie fluide, broderies de paillettes… Chaque matière absorbe ou réfléchit la lumière différemment. Tout comme les couleurs, qu’elles soient vives comme des rouges, oranges roses, ou alors feutrées avec des bordeaux, vert sapin et marron profond.

Balenciaga, une mode contemporaine et émotionnelle
Au-delà du concept artistique, la collection propose surtout une garde-robe bien réelle. Les volumes cocon enveloppent le corps avec douceur. Les couleurs, parfois intenses, surgissent de l’ombre comme des néons dans la nuit. Chez Balenciaga, la mode incarne plus que jamais un langage visuel. D’autant plus avec Pierpaolo Piccioli à sa direction artistique, qui sait à merveilles raconter des histoires, et traduire les émotions. Après tout, le créateur romain baigne dans l’art depuis son plus jeune âge. Ainsi avec ce défilé automne-hiver 2026-2027 rappelle-t-il que la lumière existe toujours, même dans les moments les plus sombres.